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Sans craintes mais sans repères : comment Zarco a abordé les deux départs en Aragón

Johann Zarco n'a pas ressenti d'appréhension liée à l'accident de Barcelone dans les deux départs qu'il a dû prendre au GP d'Aragón. Le Français doit surtout gérer la tension dans l'heure précédant la course, et s'adapter aux changements apportés au règlement pendant son absence.

Johann Zarco, Team LCR Honda

Photo de : Team LCR

Le dernier contact de Johann Zarco avec le MotoGP avait été très brutal à Barcelone. Lors du deuxième départ de ce Grand Prix, le Français avait perdu le contrôle de sa moto au freinage et entraîné Pecco Bagnaia et Luca Marini dans sa chute. La suite est connue, avec les images spectaculaires de sa jambe coincée dans la moto de Bagnaia et ses ligaments blessés au niveau du genou.

Trois mois et demi plus tard, Zarco a été de nouveau confronté à cette procédure de départ, par nature stressante puisque les pilotes sont regroupés, et potentiellement encore plus après une telle chute. Une fois le sprint terminé, il se réjouissait de ne pas avoir ressenti d'appréhension particulière, mais une simple prudence due à la configuration du circuit.

"Il n'y avait pas du tout le souvenir de Barcelone", expliquait Zarco face aux médias internationaux, dont Motorsport.com. "Mais est-ce que c'est de l'appréhension, ou est-ce que c'est juste l'endroit où je pars et ce virage qui est hyper serré, qui fait que j'ai freiné assez tôt ? En effet, je n'ai pas voulu être vaillant sur ce premier freinage. Mais pas d'appréhension, j'étais juste prudent, mais parce que le virage est comme ça."

Le constat était le même le lendemain : Zarco n'a pas eu l'esprit pollué par la chute de Barcelone. "Je n'y pense pas", a-t-il assuré au micro de Canal+ après l'arrivée. "Aujourd'hui beaucoup moins - mais hier au premier freinage, j'ai été prudent mais aussi parce qu'en partant tout à gauche, le virage est tellement serré qu'on ne sait pas trop où se mettre et comment attaquer. Je pense qu'à l'extérieur, ça aurait fait un peu plus comme Moreira, qui arrive à bien enrouler et gagne plusieurs places."

Johann Zarco a pu aborder les départs sans appréhension au GP d'Aragón.

Johann Zarco a pu aborder les départs sans appréhension au GP d'Aragón.

Photo de: Burak Akbulut / Anadolu via Getty Images

"Mais non, je ne pense pas qu'il y avait d'appréhension par rapport à Barcelone. Et c'est une bonne chose d'avoir refait deux départs sur un premier virage plutôt serré... S'il y avait des restes dans l'inconscient, ils sont partis."

Un stress à contrôler avant le départ

Plus que le départ en lui-même, c'est la période qui précède la mise en grille qui a été difficile à vivre pour Johann Zarco à Alcañiz. Le pilote LCR reconnaît qu'il aimerait aborder les courses avec plus de sérénité.

"Ce que j'aimerais bien réussir à avoir, c'est moins de stress avant le départ de la course. Parce qu'il y a toute une pression – même si on se dit qu'on n'a pas de pression – simplement par rapport au fait d'aller au combat qui n'est pas facile à gérer. Et je vois que ça, ça me pèse beaucoup. Je suis tellement mieux après la course qu'avant, que j'aimerais bien que ce soit un peu mieux avant."

"Je ne cherchais pas à me dire 'Il faut que je fasse bien', je ne me mettais pas cette pression", a précisé Zarco, "mais simplement [je me dis] que j'aimerais bien me sentir."

Les phases avant les courses ont été stressantes pour Johann Zarco au GP d'Aragón.

Les phases avant les courses ont été stressantes pour Johann Zarco au GP d'Aragón.

Photo de: Team LCR

Zarco doit aussi retrouver un lien plus naturel avec sa Honda pour se permettre d'attaquer d'entrée : "Pour l'instant, je ne sens pas encore que j'ai le contrôle à 100% de la moto pour me dire que je vais tenter des dépassements au moment du départ."

"S'il y a des choses aléatoires, je ne suis pas encore en gestion, mais ça, ça l'était avant même l'accident. Enfin, en gestion… Il faut toujours garder une marge, mais si je vais dans le côté attaque, ça passe vite au-delà. C'est ça qui m'embête. Je pense que c'est ça qui me met du stress."

La disparition du holeshot device change la donne

Pendant l'absence de Johann Zarco, le MotoGP a modifié les conditions dans lesquelles se font les départs. Les emplacements de départ ont été éloignés les uns des autres sur la grille et le correcteur d'assiette a été interdit à l'avant. Les pilotes n'ont plus besoin d'un gros freinage sur l'avant pour le désactiver, mais il faut encore le désenclencher à l'arrière (avant l'interdiction totale du dispositif en fin d'année), ce que Marc Márquez a vécu à ses dépens en Aragón.

L'interdiction du holeshot device à l'avant a été faite au nom de la sécurité mais paradoxalement, elle a surtout été source de perturbations pour Zarco, privé de ses repères les plus récents. Sans réellement s'inquiéter quant à sa capacité à vite reprendre ses habitudes, il s'est dit "super content" de son départ après le sprint, puisque les simulations menées pendant les essais libres ne s'étaient pas bien passées.

"Les essais de départ pendant les séances d'essais n'ont pas été très bons parce que j'avais toujours un peu de wheelie. Ça ne complique pas le départ, c'est juste qu'on cabre un peu trop, donc on s'élance un peu plus lentement. En course [sprint], je pense qu'avoir les références des autres m'a aidé à gérer ce wheeling et à être assez rapide. J'ai aussi fait beaucoup de départs sans ce device dans ma vie ! En tant que pilote, on a tous la capacité à s'adapter presque instantanément à quelque chose."

Johann Zarco a retrouvé ses sensations au GP d'Aragón.

Johann Zarco a retrouvé ses sensations au GP d'Aragón.

Photo de: Team LCR

"Le fait d'avoir eu d'autres pilotes autour, ça m'a aidé à me faire une bonne ref pour bien jouer avec l'embrayage", a ajouté Zarco. "Le départ était correct, mais j'ai été très prudent au premier freinage."

Zarco pense qu'il retrouvera vite ses repères, et pourra même aborder les freinages avec plus de naturel que quand le variateur de hauteur était présent sur l'avant de sa moto : "Sans la fourche qui se bloque, je peux me permettre peut-être d'aller freiner un peu plus fort."

"Sans le device, ça devrait être plus simple au premier virage, mais il faut que je gagne un peu en sensations avec ça", a-t-il reconnu.

Le GP d'Aragón a justement permis à Johann Zarco de retrouver les sensations que seul le MotoGP peut offrir. Son entraînement tout au long du mois d'août, sur des machines de plus en plus puissantes, a parfaitement porté ses fruits : "Ça faisait du bien de retrouver la MotoGP, la très haute vitesse - ça, ça faisait du bien."

"Ce dont je suis à la limite plutôt fier, c'est la manière dont j'ai pu m'entraîner. Parce que refaire de l'entraînement supermotard, deux jours de CBR, avec ma méthode – vraiment de manière très zen mais très appliquée –, ça, ce sont des choses qui ont à mon avis énormément aidé, parce que dès le deuxième ou troisième tour, j'étais prêt vendredi matin."

Avec Fabien Gaillard

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