Johann Zarco a pensé au podium pendant la course de Jerez

Le pilote Tech3 n'en finit plus de surprendre et s'est vu récompenser d'une belle quatrième place après avoir concurrencé les gros bras du MotoGP pendant le Grand Prix d'Espagne.

L.B., Jerez - C'est sous une ovation que Johann Zarco a fait son apparition devant les médias, dimanche après-midi, trois quarts d'heure après l'arrivée de la course qui venait de lui offrir ce qui est à ce jour son meilleur résultat en MotoGP. Après avoir mené les premiers tours du Grand Prix du Qatar, puis enchaîné deux arrivées à la cinquième place, le voici quatrième à l'issue du Grand Prix d'Espagne, au terme d'une course lui ayant à nouveau attiré les louanges du paddock.

Dans quel état d'esprit se trouve le pilote ? "Heureux", lâche-t-il immédiatement, pas encore débarrassé de ses cuirs. "C'est génial de faire une quatrième place, en plus j'ai vraiment pu penser au podium longtemps pendant la course, même quand [Jorge] Lorenzo m'a passé. J'ai vu que je pouvais maintenir l'écart, donc je me suis dit 'Reste concentré, suis-le et on va se bagarrer à la fin'."

Après s'être frotté à Valentino Rossi dès les premiers virages, le pilote Tech3 s'est attaqué avec succès à Maverick Viñales, Cal Crutchlow et Andrea Iannone, de sorte que dès le deuxième tour il figurait en troisième position derrière les Honda officielles. Plus rapide que Marc Márquez, qu'il dépassera momentanément, ses chronos rivalisaient alors avec ceux de Dani Pedrosa, leader, au point d'enregistrer durant ces premières minutes le deuxième meilleur temps de la course, à cinq centièmes à peine du Catalan.

"Dès le départ, mon feeling a été bon. J'ai vu que mes adversaires avaient déjà des soucis de grip arrière en sortie de virage, à l'accélération, et je me sentais bien à ce moment-là. Je ne voulais pas perdre de temps et j'ai gagné des places", explique-t-il. "Quand je me suis retrouvé en deuxième position, ce n'était que le début, mon rythme était super, j'ai même pensé à suivre Dani. Il était déjà un peu loin, mais pourquoi ne pas le suivre ? À ce moment-là, ça allait très vite et j'ai failli tomber deux fois. Marc [Márquez] n'a pas attendu et m'a passé juste après ces deux frayeurs. À partir de là, il m'a été difficile de suivre les Honda."

Après un échange de politesses avec Márquez, Zarco a pu tenir son troisième rang jusqu'au 11e tour, avant de voir Jorge Lorenzo fondre sur lui puis prendre l'avantage. S'il est parvenu à rester dans la roue du Majorquin encore un moment, le dernier quart d'heure de course a tourné à l'avantage de la Ducati, qui finira par afficher 2"8 d'avance sur la Yamaha Tech3.

"Finalement, le pneu s'est dégradé. C'était pareil pour lui, mais il a su garder cet avantage à l'accélération et il était donc difficile de le rattraper de nouveau. Ensuite, il fallait sauver cette place", explique Johann Zarco, qui ne nourrit aucun regret. "En phase de progression, comme ça, quatrième c'est génial. Ce sont beaucoup de points pour le championnat et c'est super pour l'équipe. L'expérience grandit."

Plus à l'aise avec les pneus medium

Le rookie a donc une nouvelle fois su performer sur la première partie de la course, décomplexé et diablement efficace dans les confrontations directes. Il a ainsi atteint l'objectif qu'il s'était fixé samedi, après s'être qualifié en sixième position, à savoir ne pas perdre de terrain dans les premières minutes et réussir un départ à l'importance cruciale sur cette courte piste.

Meilleur pilote Yamaha à l'arrivée de cette course qui a tant fait souffrir les pilotes officiels, Zarco aurait-il mieux géré la question pneumatique ? "C'est peut-être la raison", concède-t-il. "Je suis parti en medium-medium parce que je n'ai peut-être pas assez d'expérience pour utiliser le hard et je me sentais plus sûr en faisant comme ça. Mais la fin a été difficile. Même si j'avais utilisé le pneu arrière hard, comme Marc, je n'aurais pas pu être plus rapide."

Alors qu'il pointait après le Grand Prix des Amériques la nécessité de se montrer plus endurant, Johann Zarco a noté dimanche de premiers progrès notables sur ce point, en se rendant compte qu'il avait physiquement "épargné beaucoup d'énergie". Après les 2"845 concédées au trio de tête à Austin, le podium andalou se trouvait dimanche à une distance similaire, mais la performance du pilote cannois s'est traduite par deux points de plus qu'au Texas – 13 cette fois – qui le font grimper à la sixième place du championnat.

"J'ai passé un cap depuis le Qatar, même à l'entraînement. J'espérais passer ce cap d'ici l'été, c'était le plan avec Laurent [Fellon, son coach, ndlr]. La manière dont on s'entraîne nous dit un peu le rythme qu'on peut avoir pour le Grand Prix. Finalement, ce cap-là je l'ai passé au Qatar. Par rapport à nos prévisions, ce sont peut-être quatre mois d'avance et c'est tout bénéf", se félicite le pilote Tech3, qui pense immanquablement à la suite : "Ça va être plus de pression à gérer sur le Grand Prix de France". Pour faire face, Johann Zarco appliquera une stratégie immuable : "Vivre chaque moment avec plaisir et s'amuser".

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