Jorge Martín ne veut pas revoir ses objectifs à la hausse

Malgré sa pole et son podium à Doha, Jorge Martín préfère attendre la mi-saison avant de se voir comme un prétendant régulier aux premières places. Le pilote du team Pramac se contentera d'arrivées dans le top 10 dans les prochaines courses.

Jorge Martín ne veut pas revoir ses objectifs à la hausse

Jorge Martín a impressionné au GP de Doha, en décrochant la pole dans ce qui n'était que son deuxième week-end en MotoGP, une performance jamais vue depuis les débuts de Marc Márquez dans la catégorie, avant de s'offrir son premier podium le lendemain, juste derrière Fabio Quartararo et Johann Zarco. Prudent sur ses objectifs avant le début de la saison, le Madrilène ne souhaite pas les revoir à la hausse après ce podium, n'ayant piloté sa Ducati que sur un seul circuit. Il continuera à viser le top 10 dans la première partie de saison... avant de peut-être nourrir des ambitions plus élevées.

"Quand les journalistes me demandaient ce qu'on pouvait attendre de Jorge Martín, ce que je pourrais faire, je répondais : 'Je ne peux pas vous le dire", a-t-il rappelé en conférence de presse après son podium. "Il faut que j'essaye la moto et ensuite je pourrai vous dire si j'arrive à bien piloter ou bien si c'est très difficile et qu'il faut que j'apprenne'. Mais je me sens assez confiant. Je pense que tout peut arriver en course. On peut gagner une course, ou bien ça peut être comme le week-end dernier [le GP du Qatar] où j'étais 15e."

"On a fait du très bon travail", se félicitait le pilote espagnol. "Il est important de travailler vraiment dur avec l'équipe, d'essayer d'être concentré pendant le week-end, essayer de tout comprendre, de progresser et de comprendre chaque progrès que l'on accomplit. Il est certain que je ne m'attendais pas à être en pole position ou même sur le podium pour ma deuxième course. Mon objectif reste le même, à savoir d'être dans le top 10."

"On va arriver désormais sur une piste sur laquelle je n'ai pratiquement jamais roulé [Portimão, ndlr], ensuite on ira à Jerez et sur d'autres pistes, et il faut que je comprenne la moto et beaucoup de choses. Pour le moment, être dans le top 10 c'est suffisamment bon pour moi, et peut-être qu'au bout de sept ou huit courses, à la mi-saison, mon objectif sera un peu plus haut."

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Martín espère devenir un véritable prétendant au podium quand il aura disputé suffisamment de courses en MotoGP. "Pour le moment, mon but c’est simplement d’accumuler de l’expérience, d’apprendre sur chaque tour, chaque test, et de gérer mes pneus", a-t-il expliqué, tout en affichant son ambition. Martín a assuré qu'il n'était "pas étonné" de sa pole face à des pilotes qu'il a déjà affrontés dans d'autres catégories : "En fin de compte, je suis avec des pilotes avec lesquels j’ai déjà roulé, comme Pecco [Bagnaia] ou Fabio Quartararo, qui ont démontré un grand potentiel, mais je crois que je n’en ai pas moins, qu’avec un peu d’effort je suis arrivé ici et que si je suis ici c’est parce que je le mérite. Et je pense que je peux très bien faire aussi."

Jorge Martín a bénéficié de cinq journées de tests à Losail puis d'une première course sur le circuit pour prendre ses marques sur la Desmosedici, ce qui lui a permis d'être en osmose avec sa machine au GP de Doha. "Je me suis senti assez bien avec la Ducati dès le premier test. J'ai été compétitif, j'étais à une seconde du plus rapide. Chaque jour, j'ai été un peu plus proche : 1"2, puis 1"0, puis 0"9… Et maintenant je suis sur le podium. Je pense que la Ducati est la meilleure moto que j'ai pu piloter, parce qu'on peut attaquer comme un dingue, on peut aller à la limite d'une façon incroyable, on peut freiner très tard et tourner très vite. J'apprécie vraiment ce moment, j'aime mon style de pilotage avec cette moto." 

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Martín a aussi pu prendre ses marques rapidement parce qu'il découvrait une machine éprouvée en MotoGP, tandis que ses débuts en Moto2 s'étaient déroulés dans la douleur, avec une KTM en pleine évolution et à une époque où il n'avait pas l'expérience nécessaire pour s'y adapter. C'est selon lui ce qui explique son arrivée fracassante en MotoGP, alors qu'il lui a fallu 16 courses avant de décrocher son premier podium dans la catégorie intermédiaire.

"Avec la Moto2, j'ai essayé quelque chose comme sept cadres en quatre courses, alors pour un rookie en Moto2 essayer autant de motos différentes pour ma première année, cela a été un peu difficile. C'était très dur de comprendre chacun des changements qu'a faits l'usine pendant cette année. Avec la Ducati, on a à peine fait quelques clics depuis mes premiers tours."

"Quand on est rookie, on a juste besoin de faire des tours et de chercher à comprendre la moto, de s'habituer à la moto au lieu d'essayer de l'adapter à son style. Au moins au début. C'est sûr que quand on va développer un peu plus la moto, mon style et elle devront aller dans la même direction, mais pour le moment la moto fonctionne bien et c'est la raison pour laquelle je me sens à l'aise." 

Avec Léna Buffa

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