Kallio conscient qu'il doit faire mieux pour garder le guidon KTM

Le Finlandais n'a pas encore marqué de points depuis qu'il a repris la compétition, en remplacement de Johann Zarco. Il le sait, le guidon 2020 est en jeu et il y a urgence à redresser la barre.

Kallio conscient qu'il doit faire mieux pour garder le guidon KTM

Mika Kallio a été appelé en renfort dans l'équipe de course KTM afin de remplacer Johann Zarco sur la fin de saison. De là à dire qu'il conservera le guidon initialement destiné au Français pour 2020, il n'y a qu'un pas, pourtant le Finlandais reste prudent. Et pour cause, les deux premières courses qu'il a disputées depuis sa promotion ont été avares en satisfactions.

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Trois fois vice-Champion du monde en petites catégories, passé par le MotoGP durant deux ans (2009-2010) avec Pramac, Kallio a embrassé le rôle de pilote d'essais dès le début du programme KTM, en 2016. Il n'a dès lors fait que de rares apparitions en course pour des wild-cards et a connu une absence de plus d'un an, KTM ayant décidé de le cantonner aux essais après sa lourde blessure de l'été dernier.

Malgré la difficulté évidente du challenge qu'il relève, le Finlandais se montre critique de ses résultats, après avoir terminé hors des points en Aragón et avoir chuté en course en Thaïlande, alors qu'il estimait qu'entrer dans les points serait "le minimum" à atteindre pour lui à Buriram. Bien qu'il admette qu'obtenir le guidon de titulaire pour 2020 soit son objectif, il affirme qu'il va lui falloir élever son niveau pour cela.

"Bien sûr, je le souhaite. C'est l'objectif. Mais avant toute chose, il faut finir cette saison, et pour avoir cette place je pense qu'il faut que je montre quelque chose de différent de ce que j'ai fait aujourd'hui. Il faut que je termine la course et que j'occupe de meilleures positions", a-t-il déclaré après la course de Buriram. Plus tôt dans le week-end, il s'admettait déjà "déçu" et affirmait : "Il faut que je donne plus pour KTM, car personne n'est content pour le moment."

Bien qu'expérimenté au guidon de la RC16, Kallio souligne que la version de course de la moto n'est pas exactement celle à laquelle il est habitué. Aussi, dès son premier Grand Prix, il s'est trouvé en difficulté à la fois avec le turning et avec le grip arrière. "Je dirais les choses comme ça : la moto et disons l'ensemble du set-up, le cadre, les suspensions et le bras oscillant, tout le package, tout cela est assez différent de ce que j'utilisais en test. Quand je suis allé en Aragón, il est donc ressorti que je ne me sentais plus si bien avec l'arrière, mais il peut y avoir beaucoup de raisons à cela. Il faut aussi trouver des réglages de base pour moi et c'est toujours en cours. Il y a donc encore beaucoup de points d'interrogation à régler, mais il faut se concentrer sur la priorité et pour le moment c'est le grip arrière."

En Thaïlande, Kallio semblait avoir progressé grâce à une modification apportée à sa moto pendant le warm-up, et il venait de dépasser Cal Crutchlow à la 16e place lorsqu'il est tombé, dans le quatrième tour de la course. "Que puis-je dire ? Je suis très déçu de ce qui s'est passé. Bien sûr, quand on tombe, c'est toujours une erreur du pilote d'une certaine manière, mais on a vu ce qui s'est passé dans les données et la raison pour laquelle j'ai perdu l'avant n'était pas si claire. Au virage 8, dans la dernière partie du freinage, j'ai senti comme une petite bosse sur la piste et j'ai soudain un peu perdu le grip à l'avant et c'était tout. La marge est toujours très faible", explique-t-il.

Mika Kallio, Red Bull KTM Factory Racing

Plus à l'aise avec le réservoir plein, Kallio juge que ses deux ou trois premiers tours ont été "plutôt positifs" alors qu'il s'est plaint d'un grand manque de grip depuis Aragón et plus encore pendant les essais thaïlandais, disputés par une forte chaleur. "C'est la raison pour laquelle c'est vraiment dommage de ne pas avoir pu faire plus de tours, pour voir comment j'aurais géré les pneus et ce que j'aurais pu faire en course. Je suis vraiment désolé pour KTM parce qu'on ne veut évidemment pas finir le week-end comme ça", souligne-t-il.

"C'est frustrant", admet le pilote finlandais. "Je ne suis pas content du tout parce que je pense qu'on aurait pu faire quelque chose d'assez bien ici et ça se finit comme ça. C'est la course, bien sûr, on peut toujours tomber. Maintenant il faut juste oublier ça et essayer de se concentrer sur les prochaines courses."

Pas si simple de se remettre dans le bain

Auteur de plusieurs arrivées dans le top 10 lors de ses précédentes courses avec une KTM pourtant moins aboutie qu'elle ne l'est aujourd'hui, Mika Kallio doit reprendre le train en marche, alors que sa précédente apparition, au GP d'Allemagne 2018, s'était soldée par une lourde chute qui lui avait valu plusieurs mois d'invalidité. "Ces quatre dernières années, j'ai fait sept courses avant celle d'Aragón, ça n'est vraiment pas beaucoup. Mais j'ai beaucoup d'années [de compétition], aussi mon expérience fait que j'ai pu me préparer, et mentalement préparer les choses. Cependant ça n'est quand même pas facile de revenir et d'essayer de rivaliser avec le niveau des autres", admet-il.

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Pol Espargaró se montre compréhensif face aux difficultés de son nouveau voisin de stand et rappelle qu'il faut lui laisser un peu de temps. "C'est toujours difficile de rivaliser avec la vitesse des pilotes MotoGP après avoir été arrêté longtemps et ne pas avoir couru pendant longtemps", souligne le pilote espagnol. "Il a donc besoin de temps, c'est certain. C'est un processus qui prend beaucoup de temps. C'est un bon pilote, c'est clair, il a fait de bonnes courses par le passé et en tant que pilote d'essais pour nous il a disputé des wild-cards à un très haut niveau. Mais tout change pas mal et il faut tout le temps être en train de pousser, alors il est clair qu'il a besoin de temps pour se réadapter à cette catégorie."

"Il regarde toutes les données, on se parle chaque jour et on a des réunions ensemble chaque jour pour debriefer les séances. On apprend l'un de l'autre, c'est sûr. Mais, comme je l'ai dit, il a besoin de temps, c'est certain, ça ne va pas se faire du jour au lendemain", conclut Espargaró.

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