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KTM mise plus que jamais sur le MotoGP pour sortir de l'ornière

KTM fait face à d'importantes difficultés financières mais Pit Beirer, grand patron de la marque en compétition, assure que les ressources pour le MotoGP ont été maintenues, tout comme le projet pour 2027. Et pour cause : cet investissement est jugé essentiel.

Pit Beirer, Red Bull KTM Factory Racing

Photo de: KTM

Alors que KTM avait demandé aux médias de ne pas interroger les pilotes sur la crise financière que traverse le constructeur, Pit Beirer ne s'est pas défilé ce jeudi. À l'occasion de la présentation de l'équipe officielle et de Tech3, désormais réunies sous les mêmes couleurs, le grand responsable de la compétition chez KTM s'est longuement exprimé sur ce qu'il en est réellement du fonctionnement du département MotoGP actuellement, alors que la marque a accumulé près de trois milliards d'euros de dettes et vit une procédure équivalente à un redressement judiciaire.

Deux audiences se sont déjà tenues, avant une troisième, décisive, prévue le 25 février pour entériner la restructuration et la nouvelle orientation du groupe autrichien, avec de potentiels nouveaux investisseurs. Dès la première de ses audiences, il a néanmoins été décidé de maintenir l'implication dans les sports mécaniques, vues comme un vecteur de communication incontournable.

"Le 20 décembre a été une journée importante parce que c'est la première fois que nous avons entendu que la compétition serait maintenue dans ce programme de restructuration, qui prend 90 jours", a confirmé Pit Beirer ce jeudi.

Les difficultés financières de KTM ne sont devenues publiques qu'en fin d'année mais dès l'été, la marque savait qu'elle avait du mal à écouler ses stocks de motos de série et de premières économies ont été faites. Au cours des derniers mois, KTM a ainsi décidé de concentrer ses efforts de communication sur la marque principale, ce qui a mené au retrait des logos GasGas sur les machines de Tech3 et à une baisse du budget marketing, tout en réduisant le nombre de pilotes d'usine dans les plus petites catégories, et donc les dépenses puisque le staff sera plus restreint.

Depuis décembre, KTM a réduit la voilure dans de très nombreux secteurs et a même temporairement interrompu la production des modèles destinés à la route. Les sports mécaniques n'ont pas été épargnés mais Beirer assure qu'aucune coupe n'a été faite dans le budget de développement de la RC16 engagée en MotoGP.

"Si nous n'étions pas certains [des investissements], nous resterions chez nous, parce qu'en MotoGP, on ne peut pas se contenter d'être là. Il faut tout donner pour rester dans la lutte avec ces grands constructeurs. Si on reste au même niveau pendant un an, on rate le train de, disons, une seconde, et on passe de la lutte pour le podium à la dernière place."

Pedro Acosta, Brad Binder, Red Bull KTM Factory Racing, Enea Bastianini, Maverick Viñales, Red Bull KTM Tech3

Les quatre pilotes KTM pour la saison 2025

Photo de: KTM Images

"Je ne vais pas lister tout ce que nous avons fait mais nous avons pu économiser beaucoup d'argent sur certaines choses, mais nous n'avons pas arrêté de développer notre moto", a-t-il ajouté. "Nous sommes toujours un constructeur et développer des motos, faire les meilleures motos au monde, c'est notre garantie pour l'avenir. Je pense qu'on en a déjà donné un bel exemple sur le Dakar, nous sommes venus avec une nouvelle technologie et c'est cette moto qui a dominé cette année."

Dans cet esprit, KTM garde un œil sur le plus long terme. Même si des velléités de retrait de la compétition ont été évoquées, les travaux préliminaires sur le règlement 2027 restent maintenus... mais Beirer reconnaît que leur évolution dépendra des décisions prises fin février.

"Pour le moment, on en est encore au début [du travail pour 2027] parce que le règlement n'a été entériné que récemment et n'est pas encore fini à 100%. On ne peut pas encore construire de moto mais nos ingénieurs sont là, ils travaillent sur la moto 2027, mais le moment n'est pas venu de faire des pièces. On est encore dans un timing logique."

"Après le 25 février, la situation sera différente et plus claire concernant le long-terme. Il y a encore du temps pour commencer à travailler sur les pièces. Nous travaillons déjà sur la moto 2027, cela fait partie du programme."

La compétition reste essentielle pour KTM

Ce travail se poursuit grâce à une volonté maintenue de miser sur les sports mécaniques pour vendre des motos. Selon des médias autrichiens, la prise de recul du grand patron du groupe, Stefan Pierer, était une volonté des banques mais d'après Pit Beirer, il s'agissait du "scénario prévu" depuis plusieurs mois et la transition se fait dans la douceur avec Gottfried Neumeister, désormais aux manettes, et Peter Vogel, l'administrateur nommé pour le redressement de KTM, avec une stratégie inchangée selon laquelle les succès en piste mèneront à des ventes en concession.

"Nous accordons une pleine confiance à notre conseil d'administration, à M. Neumeister et Stefan Pierer, et à notre administrateur pour l'insolvabilité, M. Vogel", a souligné Pit Beirer. "Ils ont vraiment fait un travail incroyable pour rendre tout cela possible. Je mentionne M. Vogel parce qu'il a été important pour comprendre que la compétition fait partie de notre entreprise, que c'est une part essentielle de notre entreprise. Ce n'est pas que de la course, mais aussi un élément de notre modèle économique."

"Nous avons cette histoire commune, nous faisons de la compétition et en lien avec notre activité compétition, il y a un marché. Nous ne ferions pas partie de ce programme de restructuration si nous n'avions pas prouvé que notre famille a grandi avec la course, avec des gens passionnés. Ils ont fondé le département compétition et des produits pour nos clients en les faisant toujours fonctionner main dans la main."

Les motos de Pedro Acosta, Brad Binder, Red Bull KTM Factory Racing

Les KTM officielles pour la saison 2025 du MotoGP

Photo de: KTM Images

"La première fois que nous sommes allés aux États-Unis, nous n'avions jamais vendu de moto là-bas. Nous avons gagné des courses de supercross, nous avons mis le marché en feu, nous avons mis des motocross de 350 cc sur le marché, nous avons gagné cinq titres mondiaux avec Tony Cairoli et à partir de là, ça a été la moto qui s'est le plus vendue pendant des années dans le groupe."

"C'est la même chose pour le MotoGP. Nous sommes arrivés en MotoGP en 2017 et en six ans, l'entreprise a pu doubler son chiffre d'affaires. Je ne veux pas attribuer ça au département compétition mais toute l'entreprise a fait ses efforts ensemble, en utilisant la publicité apportée par la compétition sur le marché international, puis en construisant l'entreprise."

On veut que KTM soit là pour toujours, le département compétition compris.

Fort de ce constat, Beirer est convaincu que KTM pourra traverser la tempête actuelle : "Il faut tout redimensionner pour qu'on soit peut-être un peu plus petits mais il restera plus de 4000 employés à Mattighoffen et on se bat pour ça. C'est pour ça que je crois fermement que le 25 février se passera bien pour nous. Un gros travail a été fait en coulisses. C'était une période difficile pour toute l'entreprise et ce n'est pas fini."

"Si le 25 février se passe bien, ça ne sera pas super simple le lendemain mais je peux vous assurer que nous avons un programme super, super fort pour cette entreprise. Ce n'est pas une question d'un an ou deux, d'un an ou deux ans de compétition, on veut que KTM soit là pour toujours, le département compétition compris. C'est une certitude."

Lire aussi :
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