Pour progresser, KTM va optimiser son package actuel en vue de 2018

Selon les trois pilotes de l'équipe autrichienne, il n'y aura pas de révolution sur la RC16 l'an prochain. Le résultat d'un programme de développement important au cours de sa première saison en MotoGP, et qui a porté ses fruits.

Le tout dernier Grand Prix de la saison qui s'est déroulé sur le circuit Ricardo Tormo de Valence, là-même où la RC16 avait fait ses débuts en compétition en 2016, a permis enfin d'établir des comparaisons sans équivoque et de constater ainsi les progrès effectués par KTM en une année.

Et autant dire que le constructeur autrichien a réalisé un véritable pas en avant en 12 mois, parvenant à diviser par trois son retard sur la tête de la hiérarchie, celui-ci étant passé de trois à une seconde.

À entendre Pol Espargaró, les troupes de Mattighofen seraient même parvenues à trouver trois nouveaux dixièmes sur la concurrence lors des essais de Valence et de Jerez qui se sont tenus mi-novembre.

Une assertion qui doit cependant être sujette à caution, d'une part en raison de la simple absence des Honda officielles à Jerez, véritables références cette saison, et d'autre part parce que les machines qui ont évolué durant ces deux tests ont affiché des niveaux d'évolution très disparates et n'étaient que peu représentatives des versions finales des prototypes qui seront en piste en 2018.

Alors, comment continuer à progresser chez KTM, alors que la dernière seconde promet d'être très difficile à faire tomber, même si la marque autrichienne bénéficiera encore l'an prochain de concessions réglementaires qui lui permettra sans nul doute d'afficher un rythme de développement de nouveau très soutenu ?

Déjà, le principal point noir de la RC16 a été clairement identifié, et c'est une première chose positive. L'usure du pneu arrière a en effet compromis quelques bons résultats qui semblaient pourtant promis à l'équipe cette année. Celle-ci a d'ailleurs déjà commencé à s'atteler au problème, en œuvrant notamment au niveau de l'électronique et de l'amortisseur arrière, sans compter les multiples évolutions du châssis.

Mais la dégradation de la gomme est loin d'être le seul domaine sur lequel se concentre le constructeur autrichien, qui entend déjà passer en revue l'intégralité des nombreuses pièces étrennées au cours d'une première année marquée par un niveau de développement intensif. "La chose la plus importante pour nous, c'est de continuer à évaluer toutes nos pièces", confirme ainsi Bradley Smith auprès de Motorsport.com. "Bien sûr, nous allons en avoir de nouvelles, mais il faut également que nous réévaluons certaines que nous avons utilisées en cours de saison, pour s'assurer que nous allons dans la bonne direction et que nous n'allons pas commettre d'erreurs dans le futur développement."

Preuve que la base est bonne, la moto de 2018 ne sera pas une nouvelle machine, mais bel et bien une évolution du présent prototype. "Nous allons aussi essayer de nouvelles choses, mais le fait est que nous avons fait tellement de développement cette année que nous n'avons pas vraiment une moto de 2017 et une de 2018", reprend l'Anglais. "C'est une constante évolution, car en tant que constructeur, c'est ce qu'il faut faire."

Quelles sont donc les évolutions autres que la gestion des pneus qui sont à l'ordre du jour en vue du prochain exercice ? Pour Pol Espargaró, le comportement de la KTM en virage fait clairement partie des pistes à creuser. "Je pense qu'il faut que nous progressions en virage, car ce n'est pas encore assez", assène l'Espagnol. "Il faut que nous gagnons en grip, car là non plus ce n'est pas encore assez. Plus nous en aurons, plus nous mettrons rapidement la moto en virage et plus tôt nous pourrons remettre les gaz. Je pense que la puissance du moteur est bonne, ainsi que [le comportement de la moto] dans les freinages avant les virages. Mais il faut que nous progressions au niveau du feeling à l'arrière et dans les virages."

Besoin de progresser partout 

Un avis partagé par Mika Kallio, pilote essayeur auteur de quatre wild-cards cette année et qui remettra le couvert en cinq autres occasions l'an prochain. Pour le Finlandais, la donne est claire : si KTM souhaite s'incruster en tête de course l'an prochain, il va falloir progresser dans tous les secteurs. "Je pense que si vous voulez vous battre aux avant-postes, disons pour le podium nous concernant, typiquement vous devez progresser dans tous les domaines", assure-t-il. "Je dirais néanmoins que notre point fort reste le freinage. Nous nous sommes montrés très compétitifs sur les gros freinages, à l'approche des virages. Mais nous devons progresser sur tout le reste."

Contrairement à ce que pourrait laisser penser une discipline où la précision et l'ingénierie de très haut-niveau sont de rigueur, le MotoGP n'en reste pas moins une science inexacte, où il est pour ainsi dire impossible de faire progresser un versant d'une machine sans en compromettre un autre.

Pour Kallio, c'est d'ailleurs là que réside toute la difficulté du constructeur autrichien pour 2018. "Ce n'est jamais facile de faire progresser la moto dans son ensemble", reprend-il. "Nous savons comment améliorer le grip, ou comment améliorer le comportement en virage, mais l'idée est de souder le tout, car nous voulons bien sûr conserver nos points forts. Cela va prendre du temps, mais l'hiver est long, et nous avons quelques idées d'où nous voulons aller pour l'an prochain."

Après une année 2017 menée tambour battant sur le plan du développement, il ne fait en effet aucun doute que l'usine de Mattighofen va mettre à profit les prochaines semaines pour continuer à avancer, en attendant la reprise des essais officiels, à Sepang du 28 au 30 janvier prochains. 

Propos reccueillis par Gerald Dirnbeck

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Séries MotoGP
Pilotes Bradley Smith , Mika Kallio , Pol Espargaró
Équipes Red Bull KTM Factory Racing
Type d'article Actualités