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Actualités

KTM : Recruter Márquez ? Dans tous les cas on y aurait perdu

Un temps envisagé, l'engagement du quintuple Champion du monde n'a finalement pas abouti, essentiellement du fait de la faible avancée du projet du constructeur autrichien.

Marc Marquez, Repsol Honda Team

Pour 2019, KTM s'est trouvé un pilote de pointe en la personne de Johann Zarco, arrivé au sein de l'équipe officielle après deux premières saisons en MotoGP passées chez Tech3. Mais le Français n'a pas été le seul pilote de premier plan a être évoqué chez le constructeur autrichien, des rumeurs en 2018 ayant fait état d'un possible transfert de Marc Márquezavant que celui-ci ne prolonge son engagement avec Honda, affirmant vouloir rester fidèle à la marque.

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Le recrutement de Márquez se serait avéré risqué, voire même à double-tranchant selon Stefan Pierer, le PDG de KTM. "Dans les premières étapes d'un projet, c'est toujours difficile", indique-t-il. "S'il gagne, c'est grâce au pilote. S'il ne gagne pas, c'est de la faute de la moto. Mais on ne peut qu'y perdre [en tant que constructeur]. Je ne parle même pas des salaires des pilotes, même si Red Bull le prendrait en charge. Je préfère mettre l'argent épargné dans la moto."

Pierer estime cependant que le talent de Márquez serait tout à fait à la hauteur pour lui permettre de s'imposer, même sur un matériel encore incertain, alors que KTM a fait son entrée dans la catégorie reine il y a deux ans seulement. "Pour être juste, Marc Márquez est un pilote exceptionnel", explique Pierer. "Il arriverait certainement à gagner avec notre matériel. Dieu merci, le pilote est encore très important dans la compétition moto."

Le choix du line-up, en partie une logique d'image

Pour KTM comme pour beaucoup de constructeurs engagés dans la discipline, la qualité du line-up dépend aussi bien de sa capacité à engranger les résultats qu'à représenter une symbolique particulière, à même de répondre à des impératifs marketing.

"Nous investissons 40 millions d'euros cette année [en MotoGP uniquement, ndlr]. Et comme dans tout investissement, il faut des résultats", reprend le dirigeant autrichien. "En compétition sur route, il y a 75% d'image de marque et 25% de technologie qui iront tôt ou tard sur les motos de série."

Et compte tenu des marchés en plein essor en dehors du Vieux Continent, il peut être tentant pour une marque de recourir aux services de pilotes non-européens. C'est le cas par exemple d'Hafizh Syahrin, remplaçant au pied levé l'an dernier d'un Jonas Folger malade chez Tech3. Un choix à l'époque loin d'être évident, mais rapidement conforté par les résultats probants du Malaisien au cours de sa première saison.

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Il s'avère en tout cas que la logique commerciale entre en ligne de compte dans l'engagement de tout constructeur en MotoGP. "Nous générons plus de la moitié de nos ventes en dehors de l'Europe, et nous sommes une entreprise internationale", souligne ainsi Pierer. "Grâce à notre partenariat stratégique avec Bajaj en Inde, nous sommes déjà un acteur majeur là-bas. Nous vendons 50'000 motos en Inde et 25'000 en Asie. Ce sont des marchés en plein essor."

"Vous vous devez d'y être, c'est pourquoi nous avons Hafizh Syahrin comme pilote. Et c'est pourquoi le MotoGP est très important, car les gens le regardent là-bas. C'est une part de la stratégie en Asie."  

KTM tentera à présent d'augmenter également son image de marque en grimpant dans la hiérarchie, et en confirmant par exemple son premier podium obtenu l'an passé à Valence, et qui lui avait accordé sa première exposition de choix en MotoGP.

Avec Gerald Dirnbeck

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