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MotoGP GP d'Italie

KTM en souffrance au Mugello : "De loin le pire circuit pour nous"

Pendant que Pedro Acosta résistait tant bien que mal aux leaders de Ducati, Brad Binder et Jack Miller ont été en difficulté tout au long du week-end au GP d'Italie. Les pilotes officiels de KTM manquaient de sensations en courbe et étaient confrontés à des soucis de vibrations.

Brad Binder, Red Bull KTM Factory Racing

L'équipe KTM officielle n'a pris que dix petits points au GP d'Italie, égalant son plus faible total de la saison, déjà obtenu en Espagne et en France. Mais alors que ces deux week-ends avaient été marquées par des chutes des pilotes en course, Brad Binder et Jack Miller ont cette fois vu l'arrivée des deux épreuves au programme, loin des positions qu'ils espéraient.

Si Pedro Acosta a réussi à prendre la troisième place du sprint et la cinquième de la course principale, Binder a dû se contenter de la sixième place le samedi et la dixième le lendemain. Passé à côté de la Q2 le vendredi après avoir roulé sur le vert à la sortie de la deuxième chicane, le Sud-Africain n'a pris que la 13e place sur la grille. Un très bon envol l'a propulsé en quatrième position et il n'a pas vraiment pu profiter des chutes d'Enea Bastianini et Jorge Martín devant lui puisqu'il a été doublé par quatre pilotes, dont Acosta.

"Dès le tour de chauffe, je voyais que quelque chose ne fonctionnait pas bien et je n'arrêtais pas de sortir large, je n'arrivais pas à suivre les autres, je sortais large, large, large, large..." expliquait Binder après le sprint. "C'était exactement la même chose en course [sprint]. Même si j'ai eu un excellent départ, je me doutais du sens vers lequel je me dirigeais."

"Je ne sais pas précisément [quelle était la cause du mal], sincèrement. Il faut bien regarder. Quand les pneus sont neufs, j'arrive à m'en sortir parce que je peux 'forcer' le turning mais dès que le pneu se dégrade un peu, on ne peut plus le contraindre et je ne tourne tout simplement. Il faut analyser ça parce qu'on a roulé avec des réglages assez différents de ceux que l'on avait auparavant et on a un peu souffert lors du sprint."

Brad Binder, Red Bull KTM Factory Racing

Brad Binder

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

Binder espérait de "gros progrès" le dimanche mais il n'a pas réussi un aussi bon envol. Incapable de tenir le rythme des leaders, il a dû se contenter de la dixième place à l'arrivée, après avoir doublé un Aleix Espargaró tout autant en difficulté sur lui.

"Le départ ne s'est passé comme prévu mais en tout cas, je n'avais pas le rythme", a reconnu Binder. "Quoi que je tentais, j'étais un peu plus lent que ce qu'il fallait et j'ai eu une carotte devant moi toute la course, avec quelques gars, mais sincèrement, je les voyais s'échapper et quand j'essayais de revenir, ça ne se concrétisait pas vraiment. Une journée vraiment, vraiment difficile. Cela faisait longtemps que je n'avais pas senti que je n'avais pas vraiment la vitesse."

Miller n'a de son côté pas pris le moindre point au Mugello. Qualifié en 19e position, il est remonté au 12e rang lors du sprint mais a dû se contenter de la 16e position lors de l'épreuve principale. "J'ai pris un départ acceptable mais comme Brad, je n'avais pas de rythme", a expliqué celui qui cédera sa place à Pedro Acosta l'an prochain. "Je n'avais même pas son rythme."

"J'ai gagné quelques positions au départ mais dans les huit premiers tours, j'ai vraiment beaucoup souffert, l'avant m'échappait. J'ai fait de mon mieux pour essayer de déplacer mon corps [sur la moto], pour que ça fonctionne, mais ce n'est que quand le pneu arrière s'est dégradé que ça a un peu tourné en ma faveur. J'ai commencé à avoir une course acceptable face à Fabio [Quartararo], je l'ai doublé en fin de course mais c'est beaucoup d'efforts pour ne pas prendre de points. C'est décevant."

"Les gars travaillent extrêmement bien. On a beaucoup de boulot. On a passé le week-end à transformer la moto dans un sens ou dans l'autre."

Jack Miller, Red Bull KTM Factory Racing

Jack Miller

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

Même si Acosta a été en mesure de décrocher deux top 5, certes sans inquiéter les leaders, KTM a montré ses limites au Mugello selon Miller : "Je pense que c'était de loin le pire circuit pour nous. Jerez a été assez mauvais, Le Mans l'était un peu, mais ici c'était vraiment le pire."

Des vibrations impossibles à faire disparaître

Les enchaînements de virages rapides du Mugello ont semblé poser problème à la KTM mais les pilotes ont également été confrontés à des soucis de vibrations, régulièrement présents depuis le début de la saison, même s'ils étaient d'une nature différente pour Brad Binder lors de cette épreuve : "Je ne sais pas ce que c'est. Ça sautait dans quelques virages tout le week-end, mais je ne sais pas s'il faut le qualifier de vibrations. Je ne sais pas exactement ce que c'est, c'est un peu bizarre."

"Ça part un peu de l'arrière puis toute la moto commence à bouger entre les deux pneus. Pour moi, c'était un peu au virage 4 et au 6, je ne l'avais pas du tout ailleurs, un peu au virage 12 mais rien de fou."

Pour Jack Miller, les problèmes de KTM liés au vibrations n'ont "pas disparu" mais sont surtout liés aux tracés : "C'est juste que ça dépend des conditions de piste. En Catalogne, ça a tout simplement disparu parce qu'il n'y a pas du tout de grip pour faire fonctionner les choses. On a presque des réglages pour la pluie pour essayer de comprendre comment faire fonctionner la moto."

"Au Mans, on avait un peu les vibrations, à Jerez on les avait. C'est pire sur certains circuits que d'autres, mais dans l'ensemble, on a eu ça toute la saison."

Jack Miller, Red Bull KTM Factory Racing

Jack Miller

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

Miller a cherché des solutions pour faire disparaître le problème, en vain. Le samedi, la volonté était de plus charger l'arrière, notamment en modifiant l'aileron sur la selle, mais cela a simplement "déplacé" le problème : "Ça vibre, ça pompe et ça ne me donne pas de confiance pour forcer sur l'avant, provoquer le changement de direction, ou garder de la vitesse", expliquait-il dans la foulée du sprint.

"On a cherché une solution ce week-end et on a pu déplacer les vibrations de l'avant à l'arrière, puis vers le centre de la moto", a détaillé Miller après la course principale. "Ça débute un peu de l'arrière et ça se transfère vers l'avant. C'était un désastre au virage 2 [en course], surtout quand le pneu était neuf. Je n'étais tout simplement pas en mesure de freiner à la corde, il fallait que je freine en avance sans trop perturber la moto."

"J'avais l'impression de vouloir attaquer plus mais après trois abandons consécutifs et ces sensations à l'avant, je savais que si je continuais à attaquer, à essayer, j'allais finir à terre. Après le septième tour, ça s'est amélioré et j'ai pu rouler un peu plus calmement."

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