KTM souffre "dans tous les domaines" et doit "prendre des risques"

Les pilotes KTM pointent plusieurs faiblesses sur leur moto, dans toutes les phases des virages. Brad Binder attend des nouveautés et Miguel Oliveira pousse la marque à tenter des choses pour progresser.

KTM souffre "dans tous les domaines" et doit "prendre des risques"
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KTM occupe la quatrième place du championnat des constructeurs, quatre points devant Suzuki et 17 devant Honda, mais cette position est en grande partie due à une bonne entame de saison, entre la deuxième place de Brad Binder au Qatar et la victoire de Miguel Oliveira en Indonésie, dans une course très perturbée par la pluie. Les pilotes ont depuis été plus en difficulté et le Portugais relevait des "déficits dans presque tous les domaines" au Mans, avec une litanie de points faibles à corriger.

"On a juste besoin de faire les choses plus vite pour freiner, tourner et accélérer", a précisé Oliveira. "C'est dans tous les domaines, il n'y en pas un qui sort du lot et où on a une faiblesse. L'équipe qui se charge des analyses a aussi besoin de temps pour comprendre précisément comment progresser et voir ce qu'on perd précisément au freinage, à l'accélération et dans le turning. Ça ne fait pas en un instant. Je suis optimiste pour l'avenir et on a juste besoin de continuer à travailler."

Les pilotes de l'équipe officielle ont chacun intégré le top 10 en course au GP de France, même si Oliveira a finalement chuté, mais c'est surtout sur un tour qu'ils étaient en difficulté, ce qui a mené à un départ depuis la lointaine sixième ligne pour les deux hommes. Binder a eu "beaucoup de mal en Q1" et a confirmé la variété des faiblesses.

"On ne freine pas comme on le voudrait", a-t-il précisé au site officiel du MotoGP. "Sur l'angle, on ne tourne pas autant qu'on le voudrait et évidemment, ça affecte la sortie. Plusieurs éléments nous font mal. Cette année, il semble que les virages serrés sont plus difficiles pour nous."

Brad Binder, Red Bull KTM Factory Racing

Brad Binder

"Il est clair que nous ne sommes plus aussi performants qu'avant", a ajouté le Sud-Africain. "Il semble que les autres constructeurs ont un peu progressé alors qu'on a encore du mal. Je sais que les gars travaillent énormément à l'usine et je suis impatient d'avoir des nouveautés à tester."

KTM doit tenter des choses selon Oliveira

Dans l'équipe Tech3, Remy Gardner pousse justement pour avoir des évolutions, allant jusqu'à demander de "l'aide" à KTM tout en dépeignant un contexte "morose" depuis quelques courses. Oliveira attend lui aussi un réveil et demande à la marque d'oser : "C'est sûr que si on veut juste assurer et voir l'arrivée, c'est possible. Ce seront les mésaventures devant nous qui nous feront remonter ou pas, mais ce n'est pas comme ça qu'on aborde la compétition."

"On a besoin de prendre des risques. On a besoin de surpiloter la moto pour être rapides, pour être performants, pour avoir des positons acceptables. En ce moment c'est la seule chose à faire et [une prise de risque] la seule option. Jusque-là, on transmettra les meilleures informations possibles pour progresser et on continuer à tout donner, quels que soient les résultats en qualifications. Peu importe si c'est pour la 17e ou la cinquième place. C'est l'approche dont on a besoin, c'est tout."

Miguel Oliveira, Red Bull KTM Factory Racing

Miguel Oliveira

Oliveira estime qu'il est impossible de transférer les motos de la RC16 version 2021 au modèle actuel, et donne le sentiment de repartir d'une page blanche à chaque course : "On ne peut rien faire sur la moto pour nous donner les sensations nous permettant de nous dire 'ok, on est là, on peut se détendre parce qu'on a un bon rythme.' On doit beaucoup changer les réglages de la moto sur toutes les pistes. On l'a fait à Jerez, encore [au Mans], juste pour être un peu performants, pas devant. On part en fond de classement et on ne veut pas ça, on a un potentiel beaucoup plus gros, et c'est sûr qu'on va se rapprocher de cet objectif."

Le Mugello et Barcelone difficiles à anticiper

Ce bond en avant sera-t-il possible dans les prochains rendez-vous, disputés deux week-ends consécutifs au Mugello puis à Barcelone ? L'an dernier, ces courses avaient marqué une embellie dans la saison d'Oliveira, deuxième en Toscane et vainqueur en Catalogne, mais il préfère se montrer prudent avant de retrouver ces deux pistes.

"En fait, on ne sait pas, on n'en est pas certains. On pensait avoir un réglage type sur les pistes accélération-freinage [comme Le Mans] mais ce n'est pas le cas. Il faudra juste débuter le vendredi et comprendre les points faibles de la moto et comment on pourra progresser. C'est la seule chose à espérer. Pour le moment, on doit continuer à travailler, rester unis dans l'équipe et continuer à tout donner dans les moments difficiles. C'est la seule chose à faire."

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