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MotoGP Test Sepang

KTM boucle le test de Sepang avec le sentiment de "pouvoir faire plus"

Brad Binder et Jack Miller ont mené un gros travail de test à Sepang pour évaluer de nombreux éléments et fournir une grande quantité de données à KTM. Mais quel est véritablement le potentiel du constructeur autrichien, relégué dans la moitié basse du classement lors de ces essais ?

Jack Miller, Red Bull KTM Factory Racing

Toutes les KTM figurent dans la seconde moitié du classement à l'issue des premiers essais collectifs de pré-saison, menés en Malaisie. Pour une marque qui assume désormais viser le titre, la performance ainsi affichée à l'heure de la reprise semble avoir tout d'un échec, éclipsée par l'écrasante aisance des Ducati, le statut de "meilleur des autres" confirmé par Aprilia et même les signaux positifs envoyés çà et là par Yamaha et Honda.

Le test de Sepang :

Sous l'impression que donne ce classement brut, la situation réelle pourrait en réalité ne pas s'être encore dévoilée. Car les pilotes officiels du constructeur autrichien ont surtout eu un rôle de testeurs durant ces trois jours, cumulant près de 300 tours et 1640 km à eux deux pour passer en revue tous les éléments préparés par l'usine. Le but, écarter les mises à jour qui semblaient de toute évidence faire fausse route, mais surtout engranger des données que les ingénieurs vont à présent métaboliser.

Brad Binder l'a très bien décrit dimanche, en se félicitant d'un "temps de piste qualitatif" sur le sec lors de cette dernière journée, avec un gros programme réalisé. "On a testé beaucoup de choses", a-t-il expliqué, "et on a essayé des choses différentes à chaque sortie, ce qui veut dire que je n'ai jamais vraiment eu la même moto deux fois. C'est un peu compliqué mais on a clairement trouvé des choses que j'ai préférées et d'autres que je n'ai pas aimées, donc maintenant on va éclaircir ce que va être notre package. Il nous reste encore beaucoup à faire, il faut qu'on comprenne un peu mieux l'équilibre, mais jusqu'ici tout va bien."

"C'était parfait pour moi afin de reprendre mes marques. […] Mais il s'agissait exclusivement de tester des choses pour obtenir autant d'informations que possible et essayer d'améliorer notre package", a ajouté le pilote sud-africain. "On a vraiment bien travaillé pour tester tout ce qu'on devait tester, on a passé en revue toutes les pièces et je crois qu'on n'a fait l'impasse sur rien. C'est bien, et maintenant c'est au team de tout passer en revue à la maison, de tout analyser et de nous faire passer un cap au prochain test." Estimant que "tous [les] commentaires [des pilotes] peuvent clairement mener vers une meilleure direction", Binder s'attend "à ce que ça aille mieux à Portimão", lui qui s'est classé 14e de ces essais, à 0"923 du meilleur temps.

Brad Binder n'a pas dévoilé ce qu'il a testé

Brad Binder n'a pas dévoilé ce qu'il a testé

Le pilote a assuré ne pas avoir véritablement eu de visibilité sur ce qu'il essayait à chaque sortie, mais il sait en revanche qu'il a testé le moteur 2023 de la RC16, une nouveauté sur laquelle KTM refuse de trop en dire mais dont le son, très distinct du bloc habituel, a été l'une des curiosité de ce test. Avec ce moteur, le constructeur voulait trouver plus de puissance et une meilleure motricité en sortie de virage. Lorsqu'il lui a été demandé si ces points étaient bel et bien au rendez-vous, c'est un Brad Binder très hésitant qui a répondu du bout des lèvres : "Je ne sais pas trop." Il s'agira de toute évidence d'un élément clé à réévaluer à Portimão.

Le fait est que KTM connaît parfaitement ses objectifs techniques pour cette saison. Ses pilotes doivent pouvoir être plus efficaces sur le tour lancé afin de mieux réussir leurs qualifications, puis dépasser un peu plus facilement et mieux gérer la pression de leur pneu avant, autant d'éléments potentiellement décisifs dans une saison qui prévoit 21 Grands Prix et 21 courses d'un nouveau genre, d'une vingtaine de minutes.

De l'autre côté du stand, Jack Miller a lui aussi grandement contribué à cette longue série d'évaluations à l'usage des techniciens, mais il lui fallait aussi prendre ses marques avec une moto qu'il n'avait jusqu'à présent pilotée qu'une fois, en novembre dernier. En provenance de Ducati, l'Australien tente de s'approprier aussi vite que possible la KTM, dont il a pu percevoir le comportement dans une vaste gamme de situations grâce à la richesse du tracé de Sepang, mais aussi à la pluie qui s'est invitée.

Jack Miller, Red Bull KTM Factory Racing

Jack Miller tente de s'approprier sa nouvelle moto

"La moto a un gros potentiel sur le mouillé, comme j'avais pu le voir l'année dernière derrière Miguel [Oliveira]", a-t-il témoigné samedi, saluant la motricité de la RC16 sur piste mouillée. "Ce qui est l'un des points faibles sur le sec devient peut-être sa force sur le mouillé. Il s'agit de comprendre ce qu'elle fait et ce qu'il est possible de faire sur le mouillé pour obtenir ce grip en sortie de virage, le transférer [pour corriger] ce qui est probablement le point faible de la moto [sur le sec]."

Pour le moment, Miller comprend le potentiel de sa nouvelle moto ? "Oui et non. J'ai l'impression que chaque jour, je monte dessus et je trouve quelque chose de nouveau, ce qui est cool. C'est excitant pour moi en tant que pilote d'essayer de m'adapter et de la comprendre parce qu'il y a énormément de choses qui sont différentes. On peut vraiment voir des aspects positifs. Il s'agit juste pour moi de comprendre comment piloter cette moto pour exploiter ses points forts. On perd pas mal de vitesse de passage, ce qui est généralement mon point fort, alors on essaye de mener la moto à un niveau avec lequel je serai satisfait, avec un bon équilibre pour la faire tourner et pouvoir commencer à progresser en vitesse de milieu de virage."

Personne n'aime se voir dans la moitié basse de la feuille des temps, mais ce n'est pas notre objectif principal.

Jack Miller

"On peut voir sur les données que par rapport aux autres, j'ai un peu de mal en milieu de virage et pour la faire tourner et sortir du virage", a précisé le pilote australien, 18e au classement final à 1"012 du meilleur temps. "Personne n'aime se voir dans la moitié basse de la feuille des temps, mais ce n'est pas notre objectif principal. L'objectif est d'essayer d'améliorer cette moto et de la mener à un niveau raisonnable pour Portimão − pour le test mais aussi la course." Son constat, dimanche au micro du site officiel du MotoGP, ne semblait cependant pas très encourageant : "La moto semble avoir maintenant atteint un stade où l'on change juste certaines choses pour que je me sente à l'aise. Je pense qu'on peut dire que je suis en quelque sorte face à un mur en termes de réglages, alors on joue juste un peu avec la géométrie."

Si l'objectif de ce test était de faire en sorte d'avoir les idées claires pour le prochain test qui aura lieu au Portugal, ce rendez-vous de la mi-mars est déjà perçu comme décisif. Sur une piste très différente, il faudra s'assurer que le travail mené jusqu'ici constituera bel et bien une base exploitable. Le directeur technique de KTM, Sebastian Risse, se montre optimiste, lui qui s'est félicité d'un test "très productif", assurant que "la moto a progressé et que [l'équipe] a une idée claire de la direction à suivre". "Nous serons prêts pour la première course", a-t-il affirmé.

Mais en dehors de la masse de données recueillies et de la moto qu'il faudra homologuer dans un peu plus d'un mois, Francesco Guidotti, le team manager, n'en oublie pas le classement. "Nous aimerions trouver quelques dixièmes de plus", a-t-il concédé. "Nous avions assez de pneus ici pour travailler sur le set-up de la moto, mais pas tellement sur son développement car nous étions limités à des runs assez courts et la météo n'a pas aidé non plus. Quoi qu'il en soit, nous sommes à fond afin de fournir à nos pilotes le meilleur package possible, alors nous sommes heureux mais nous savons que nous pouvons faire plus."

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