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Liberty "très confiant" pour que son rachat du MotoGP soit autorisé

Liberty Media ne pense pas qu'il sera difficile d'obtenir le feu vert des autorités de régulation pour boucler le rachat du MotoGP, même si CVC n'avait pas été autorisé à détenir ce championnat en plus de la F1 en 2006.

Greg Maffei, PDG de Liberty Media Corporation

En prenant le contrôle de Dorna Sports, Liberty Media détiendra les droits commerciaux de la Formule 1, achetés en 2017, et ceux du MotoGP. Liberty compte notamment reprendre les parts de Bridgepoint, devenu actionnaire de la Dorna en 2006, quand CVC avait dû s'en séparer sur demande de la Commission européenne, qui ne souhaitait pas que le fonds d'investissement contrôle à la fois la F1 et le MotoGP. Cela pose donc une question : Liberty sera-t-il autorisé à boucler le rachat ?

Le groupe de médias deviendrait un acteur encore plus incontournable en possédant les catégories reines sur quatre et deux roues, mais il ne pense pas qu'il sera dans une situation de monopole puisqu'il se projette dans un monde du sport et des divertissements au sens large, où il n'est pas qu'en concurrence avec des disciplines issues des sports mécaniques. Les dirigeants de Liberty s'attendent donc à ce que l'accord reçoive le feu vert des autorités de régulation.

"Nous sommes très confiants quant au fait que cela sera validé par les régulateurs parce que pensons qu'il existe un gros marché des sports et du divertissement, dans lesquels la Formule 1 et le MotoGP ne représentent qu'une petite fraction, et que le marché a continué à évoluer depuis l'époque où il a fait l'objet d'un examen", a expliqué Greg Maffei, PDG de Liberty, lors d'une conférence téléphonique avec les investisseurs, soulignant que l'intention est de faire évoluer F1 et MotoGP en divisions distinctes.

"Nous n'allons pas traiter ces [championnats] comme un ensemble où essayer de les associer sur le marché. Ce sont des entités séparées, ce que nous proposons n'apporte pas d'effet levier pour les deux. Il y a une reconnaissance du schéma et une mise à profit de ce que nous avons appris en F1, et des opportunités pour [mieux] exposer le MotoGP, sans faire levier sur les deux. Donc je pense que nous sommes très confiants au sujet des règlementations."

Si en France, Canal+ diffuse à la fois la F1 et le MotoGP, Maffei exclut de tenter de vendre les deux championnats dans un même package aux diffuseurs, "à la fois en raison de questions règlementaires et de la nature" des accords avec les équipes, qui perçoivent une part de ces revenus. Liberty a en revanche "des connaissances de la façon dont le monde des médias évolue", ce qui aidera à développer le MotoGP "hors des bases traditionnelles que sont l'Italie, l'Espagne et la France".

Une situation différente de celle de CVC

Renee Wilm, responsable juridique de Liberty, a précisé que la vente devrait être validée par les autorités de la concurrence de l'Europe mais aussi par celles du Royaume-Uni, du Brésil et de l'Australie, avant d'être soumise en Espagne et en Italie. Malgré ces multiples procédures, elle estime qu'elles seront "effectuées assez rapidement" et qu'elles seront bouclées "avant la fin de l'année", ce qui permettra de finaliser le rachat pour les préparatifs de la saison 2025.

Jorge Martin, Pramac Racing

Jorge Martín

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

Un autre élément qui rassure Liberty Media est que le contexte dans lequel le rachat se fait est très différent de celui connu par CVC en 2006. Ce dernier possédait déjà la Dorna et devait boucler le rachat de la F1 avant une certaine échéance, ce qui ne lui laissait pas le temps de se lancer dans les procédures pour tenter de conserver les droits du MotoGP. Le fonds avait ainsi préféré y renoncer.

"Ils avaient un délai assez court pour compléter l'accord d'achat avec la F1, donc ils n'avaient pas le temps de travailler sur les processus réglementaires", a précisé Maffei. "Et ils étaient [une société de capital-investissement] qui avaient obtenu un gain important avec un produit et qui s'apprêtait à en acquérir un autre avec un contrat à mettre en place."

"Nous sommes dans une situation différente. Nous sommes en cohérence, en tant que groupe, sur un marché qui a évolué, nous n'avons pas de pressions temporelles de la même nature. Nous pensons que le processus réglementaire avancera rapidement et sans accroc, mais nous prendrons le temps nécessaire et cet accord sera conclu."

Avec Lewis Duncan

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