MotoGP GP des Pays-Bas

Une chute à Assen a coûté à Lorenzo "trois ou quatre ans de carrière"

En évoquant sa très difficile année avec Honda, celle qui l'a poussé à la retraite, Jorge Lorenzo a estimé qu'une lourde chute à Assen s'était avérée décisive en changeant sa mentalité.

Jorge Lorenzo, Repsol Honda Team

Jorge Lorenzo a longtemps été indissociable de Yamaha, avec qui il a remporté ses trois titres en MotoGP. Il a ensuite rejoint Ducati pour deux ans, réussissant à gagner trois Grands Prix avec la machine italienne, même si la direction du constructeur l'a jugé trop lent à prendre ses marques et l'a poussé vers la sortie un peu prématurément.

Passé ensuite chez Honda, ce fut l'inverse : rapidement convaincu qu'il n'y arriverait pas avec l'impétueuse RC213V, Lorenzo a requis la rupture anticipée de son contrat au bout d'un an et a pris sa retraite à la fin de la saison 2019. Il a ensuite retrouvé Yamaha pour quelques tests, mais sans qu'il lui soit possible de véritablement mener à bien un programme de développement.

Aujourd'hui, il observe un championnat qui a profondément changé. Si les titres encore récents des constructeurs japonais (Honda en 2019, Suzuki en 2020 et Yamaha en 2021) peuvent être trompeurs, une bascule nette s'est produite dans la hiérarchie, désormais dominée par les marques européennes. Suzuki a quitté les Grands Prix brutalement l'année dernière et Yamaha et Honda traversent une très mauvaise passe.

"Pour moi, Honda comme Yamaha n'ont pas eu un pilote vraiment sensible pour développer une moto qui puisse véritablement être pilotée par tous", a jugé Jorge Lorenzo auprès de GPOne. Stefan Bradl, aux affaires chez Honda, et Cal Crutchlow, qui a succédé au Majorquin dans le rôle de pilote essayeur Yamaha, apprécieront…

"Chez Honda, à l'époque, ils m'ont écouté", a poursuivi Lorenzo. "J'étais allé au Japon pour travailler et faire des modifications sur la moto, mais j'ai eu la malchance de tomber et de me faire très mal à Assen. Sans cette chute, je serais resté chez Honda et avec une moto plus adaptée à mes caractéristiques."

Jorge Lorenzo

Jorge Lorenzo a quitté le MotoGP fin 2019, après une année très compliquée avec Honda.

Cette lourde chute était survenue dans une portion rapide de la piste néerlandaise, laquelle lui avait déjà réservé six ans plus tôt l'un des épisodes les plus rudes de sa carrière. Deux semaines plus tôt, il avait déjà subi un accident lors du test post-course de Barcelone, dont il gardait des douleurs à la poitrine et dans le dos. Aux Pays-Bas, il avait reçu un autre choc dans la zone déjà meurtrie des lombaires et sa chute avait cette fois eu des conséquences importantes puisqu'une vertèbre fracturée avait été décelée. Résultat, il avait quitté les pistes pendant deux mois, manquant les trois Grands Prix suivants et portant un corset pour se soigner.

"Le tournant a été la chute d'Assen : elle a changé ma mentalité. J'ai commencé à apprécier les autres choses dans la vie. Cette chute m'a ôté trois ou quatre ans de carrière", a-t-il estimé dans l'interview accordée à GPOne. On était alors fin juin et, à peine plus de quatre mois plus tard, il annonçait mettre un terme à sa carrière, Honda ayant accepté qu'il n'honore pas sa deuxième année de contrat.

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"Bagnaia ne peut que perdre le titre"

Le départ anticipé de Jorge Lorenzo en cette fin de saison 2019, alors même que Marc Márquez venait de réaliser un championnat époustouflant, était peut-être le premier signe de la pente glissante sur laquelle s'aventurait Honda. La blessure du #93 lors du premier Grand Prix 2020 allait ouvrir une période de difficultés extrêmes, le champion espagnol n'étant plus en mesure de compenser la complexité de sa machine pour continuer à faire briller le HRC coûte que coûte.

"C'est l'ère des marques européennes en MotoGP, et non plus des marques japonaises. Je ne sais pas combien de temps va durer cette tendance", a repris Lorenzo, n'hésitant pas beaucoup à l'heure de faire un pronostic pour le titre 2023... "Une Ducati va sûrement gagner [le championnat]. Bagnaia ne peut que perdre le titre", a-t-il prédit pour Motosprint.

Quid de Jorge Martín, qui a fini la première partie du championnat en grande forme ? "Il n'est pas loin, on verra s'il arrive à trouver cette régularité qui est nécessaire. Pour le moment, il a réussi à l'être plus que l'année dernière, c'est certain. Mais pour se battre contre Bagnaia, il devra peut-être être un petit plus rapide et maintenir cette constance."

Pour espérer battre Ducati, il faudra selon Lorenzo se lancer dans un programme de développement au long cours, comme celui dont la marque italienne récolte aujourd'hui les fruits. "Ça n'est pas quelque chose qui se fait du jour au lendemain", a-t-il expliqué à GPOne. "Il faut rester calme, comprendre quoi garder sur la moto et quoi changer. C'est un bon travail qu'a réalisé Dall'Igna chez Ducati à partir de 2014. Petit à petit, il a fait de la Ducati la meilleure moto, mais cela a pris du temps."

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