"Déçu et triste", Lorenzo continue de manger son pain noir

Jorge Lorenzo n'a pas caché sa déception et sa tristesse au vu de ses performances avec Honda, quatre jours après s'être classé dernier du Grand Prix d'Australie, à Phillip Island.

"Déçu et triste", Lorenzo continue de manger son pain noir

C'est un Jorge Lorenzo au plus bas qui s'est présenté devant les journalistes ce jeudi à Sepang en Malaisie. Le pilote espagnol a en effet terminé pour la première fois dernier d'un Grand Prix, le week-end dernier en Australie, après un week-end entier de galère. De quoi rendre ses déboires avec la Honda RC213V toujours plus présents dans le regard des spectateurs, Lorenzo s'invitant médiatiquement aux côtés des pilotes de pointe du championnat malgré des performances en berne.

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Et s'il est un adage qui dit que "toute publicité, bonne ou mauvaise, est à prendre", le Majorquin ne peut bien entendu pas se satisfaire d'une telle situation. Cela dit, après trois titres en MotoGP et plus d'une décennie au plus haut niveau, le numéro 99 ne prête plus attention aux critiques. Reste la déception, réelle, de n'être pas parvenu à s'adapter à la cuvée 2019 de la machine à l'aile dorée.

"Honnêtement, avec tout ce que j'ai fait, ça n'a pas d'importance ce genre de choses [l'attention négative]. Bien sûr, j'aimerais être au centre de l'attention en me battant pour le titre, et en l'obtenant. Je suis déçu, je suis triste, je ne suis pas content professionnellement car cette situation, au niveau des résultats et de mes sensations sur la moto, est probablement la pire que j'ai vécue en tant que pilote. Il y avait beaucoup d'attentes de Honda, d'Alberto [Puig, le directeur de l'équipe], qui m'a fait confiance pour obtenir de bons résultats, et ils ne sont pas là."

"Je fais de mon mieux, j'ai eu des chutes qui m'ont créé beaucoup de problèmes physiquement, et qui ont influencé la deuxième partie du championnat. Mais la vérité est qu'avec la moto 2019, je n'ai jamais eu de bonnes sensations. Même pas quand je me suis senti au mieux avec la moto", explique-t-il. Ces chutes, son équipier Marc Márquez indique qu'il faut être prêt à les subir afin de comprendre parfaitement la RC213V : "Je suis sincère avec Jorge depuis le début, et depuis 2013, le caractère de la Honda a toujours été le même. C'est une moto critique, physique, et avec laquelle vous devez être prêt à tomber 20 fois pour trouver la limite."

Un Lorenzo "méconnaissable" en termes de rythme

Une limite que Jorge Lorenzo n'est pas encore parvenu à trouver, donc. Mais le pilote espagnol n'estime pas pour autant qu'il est "méconnaissable" sur la Honda. Quelques moments cette saison lui ont permis de retrouver une pointe de vitesse, mais ils furent bien trop peu nombreux, comme il le reconnaît.

"Je ne pense pas que je sois méconnaissable. Si vous voyez Jorge Lorenzo à moto, vous savez que c'est lui. En termes de rythme, j'ai été méconnaissable la plupart du temps avec Honda. À part sur quelques séances comme au Qatar où j'ai fait preuve d'un peu de vitesse, les premiers tours de Barcelone ou les EL2 du Mans, je n'ai même pas été compétitif pour espérer finir dans le top 5", dresse-t-il comme constat.

L'arrivée du Continental Circus à Sepang, un circuit sur lequel il s'est toujours bien comporté, est-elle une lueur d'espoir pour Lorenzo ? "Sepang est un circuit plus long et les différences peuvent être grandes. Je vais peut-être reprendre là où j'en étais avant l'Australie ou mieux. Ici, j'ai été performant avec toutes les motos. En 2003, j'ai fait ma première pole, j'ai eu des titres, des victoires, avec Ducati j'ai battu le record lors des tests. Avec Honda, je ne pense pas que vendredi sera mon meilleur jour, mais c'est un circuit que j'aime."

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Après ce week-end malaisien, il ne restera donc plus qu'une course à Jorge Lorenzo, le Grand Prix de Valence, avant de découvrir la moto 2020 de Honda. Cette dernière a déjà été testée par Marc Márquez et Cal Crutchlow, qui ne se sont pas montrés particulièrement optimistes... Le #99 espère toutefois que les ingénieurs de la marque japonaise sont parvenus à rectifier le tir depuis la première prise de contact, à Brno au mois d'août.

"Tu es toujours curieux d'essayer la nouvelle moto. D'après les premières impressions de Cal et Marc, la moto n'est pas meilleure que l'ancienne. Selon eux, les problèmes avec 2019 ne se sont pas améliorés. Espérons que ces derniers mois ont aidé Honda à les améliorer. La Honda 2019 a miné ma confiance avec le pneu avant. J'espère que la nouvelle moto apportera des choses que l'actuelle n'a pas."

Avec Oriol Puigdemont

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