Lorenzo n'imagine pas forcément Márquez dominer Bagnaia en 2025

Jorge Lorenzo avoue avoir été surpris par l'opposition de Marc Márquez à un guidon Pramac. En revanche, il pense Pecco Bagnaia suffisamment fort pour s'imposer face à l'Espagnol dans l'équipe officielle Ducati.

Marc Marquez, Gresini Racing, Francesco Bagnaia, Ducati Team

Marc Marquez, Gresini Racing, Francesco Bagnaia, Ducati Team

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

Reboosté par ses premiers mois dans le team satellite Gresini, au guidon d'une Ducati de 2023, Marc Márquez s'est rapidement affirmé comme un candidat à l'équipe d'usine, auquel le constructeur n'a finalement pas pu résister, l'officialisant après le GP d'Italie. Depuis qu'il a mis un premier pied dans le groupe italien, des voix s'élèvent pourtant, craignant le bouleversement que l'Espagnol pourrait entraîner alors que Pecco Bagnaia, titré ces deux dernières années, faisait jusqu'ici figure de leader au sein d'un ensemble au fonctionnement assez paisible. L'ogre Márquez pourrait-il désormais faire exploser la hiérarchie établie de l'équipe rouge ?

Aux yeux de Jorge Lorenzo, le rapport de forces qui s'installera entre les deux pilotes chez Ducati l'an prochain n'est pas nécessairement destiné à pencher en faveur de l'Espagnol. Malgré ses huit titres mondiaux et un talent qui a révolutionné les Grands Prix tout au long des années 2010, le #93 a, selon son ancien adversaire et coéquipier, atteint son plafond. À l'inverse, Bagnaia conserve à ses yeux une marge pour continuer à se développer. Aussi, pour Lorenzo, il faudra bel et bien compter sur le répondant de Bagnaia face à Márquez, et l'Italien ne part pas forcément battu d'avance.

"Márquez a 32 ans, c'est Marc Márquez et il a subi une blessure importante. La théorie dit qu'il a un peu atteint son plafond", décrypte Jorge Lorenzo sur DAZN. "Et, théoriquement, la meilleure chose qu'il puisse faire, c'est se maintenir [à son niveau actuel]. À l'inverse, pour des pilotes de les 25 ou 26 ans, la théorie veut qu'ils s'améliorent d'année en année. C'est la seule chose qui, je crois, joue en sa défaveur et qui nivelle un peu les choses."

"Si on avait eu le Pecco Bagnaia de 2019 contre le Marc Márquez de 2019, il était clair que Marc serait trois crans au-dessus. Aujourd'hui, avec la même moto, il n'est pas évident pour moi que Marc battra Pecco à chaque course", ajoute l'ancien pilote espagnol.

Marc Márquez en rouge : l'élément qui déstabilisera Pecco Bagnaia ?

Marc Márquez en rouge : l'élément qui déstabilisera Pecco Bagnaia ?

Quant au risque de mettre en péril l'harmonie dans le garage, Jorge Lorenzo, qui en a vu d'autres à son époque face à Valentino Rossi, a surtout l'impression que l'Italien ne veut pas du #93 comme coéquipier : "Pecco Bagnaia dit clairement qu'il ne veut pas que l'atmosphère dans le garage se dégrade. Traduction ? 'Je ne veux pas d'un pilote comme Marc, je ne veux pas d'un pilote rapide, je ne veux pas d'un pilote qui puisse me battre'. Ce qui ne veut pas dire qu'Enea Bastianini ne peut pas le faire. Mais, au niveau des sensations, qui est le plus effrayant en ce moment, Bastianini ou Marc Márquez ? Márquez, évidemment."

Márquez l'a joué finement

Lorenzo pensait que celui qui fut son coéquipier chez Honda accepterait de courir chez Pramac. Il admet donc avoir été étonné par le refus que Márquez a opposé à cette perspective, déclencheur ensuite du revirement de Ducati qui a fini par écarter Martín pour ne pas perdre le #93.

"Je suis surpris", a admis le quintuple Champion du monde en réagissant aux événements sur DAZN. "Tout d'abord, de cette nouvelle concernant Martín avec Aprilia. Ensuite, il était déjà clair que Ducati s'intéressait à Marquez après cette annonce. Mais je suis surpris, je pensais que Marc aurait été bien chez Pramac, avec une moto de 2025."

"Mais il est clair que son plan était beaucoup plus ambitieux", a poursuivi Lorenzo, qui connaît le décor, à la fois l'équipe officielle Ducati, dans laquelle il a couru en 2017 et 2018, et les hommes. Gigi Dall'Igna, qui a été l'élément le plus convaincants de tous aux yeux de Márquez, était également un pilier pour le Majorquin, les deux hommes ayant été proches dès l'époque Aprilia dans les petites catégories avant de se retrouver chez Ducati.

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"Il a lui-même demandé à Gigi Dall'Igna, quand il était chez Honda avant de signer [avec Gresini], s'il allait continuer en 2025 et 2026, parce qu'il savait que [2024] serait une année de transition. C'était son plan, et on vient de le découvrir. Il a joué ses cartes de la meilleure des façons", a observé Lorenzo, non sans admiration. "Marc a joué ses cartes en disant dans les médias, et je suppose aussi en personne, en privé, qu'il n'irait pas chez Pramac, qu'il voulait être en rouge."

Pour Lorenzo, ce qui a pu peser c'est sans doute autant le fait que Ducati a eu peur de voir Márquez gagner avec un autre constructeur et le fait qu'à 32 ans, le moment est opportun pour s'assurer ses services dans l'espoir qu'il devienne ambassadeur de la marque le jour où arrivera sa retraite.

"Il est le pilote le plus populaire dans les médias, et de loin. Et cela joue un rôle important : sachant que Marc a 32 ans, qu'il peut lui rester entre deux et quatre bonnes années et qu'il pourrait prendre sa retraite en rouge, je suppose que Ducati a été influencé par le fait d'avoir Márquez comme représentant de l'image quand il prendra sa retraite. Sans compter, évidemment, les résultats qu'il peut leur apporter."

Avec Rubén Carballo Rosa

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