Phillip Island, la "parenthèse" douloureuse de Lorenzo

Le pilote espagnol a rallié l'arrivée plus d'une minute après son coéquipier, vainqueur de la course australienne. La conclusion d'un week-end qu'il pressentait éprouvant sur une piste qui ne lui convient guère et dans des conditions toujours délicates.

Phillip Island, la "parenthèse" douloureuse de Lorenzo

La saison calvaire de Jorge Lorenzo se poursuit et le GP d'Australie en aura été l'étape la plus rude depuis son retour de blessure, alors qu'il a rallié l'arrivée avec un retard sur le vainqueur qui a dépassé le cap étourdissant de la minute. Après une manche japonaise qui avait redonné du baume au cœur du Majorquin, Phillip Island s'annonçait de toute évidence comme un mauvais moment à passer, compte tenu de la configuration du circuit et des conditions attendues, aussi a-t-il donné le sentiment de prendre son mal en patience. Qualifié 19e, il a glissé à la dernière place dès le quatrième tour et a vu son dernier adversaire, Hafizh Syahrin, le semer sans tarder.

"Trois ou quatre pilotes ont abandonné, et parmi ceux qui ont fini, j'ai terminé dernier. C'est la réalité", résume-t-il auprès de Sky Italia. "Quand on met ensemble un circuit sur lequel j'ai toujours souffert depuis l'arrivée de Michelin, le vent, le froid et une condition physique qui n'est pas bonne, cela fait que je suis très loin de la tête de course. Dès vendredi on savait que cela allait être une course très difficile, presque une parenthèse, une course très spéciale pour moi par son aspect négatif, et ça a été le cas."

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"Le premier jour, il n'y avait pas de vent et cela m'a un peu aidé, mais quand le vent s'est levé… Plus il y avait de vent, pire c'était. Et, avec le froid, la moto a glissé dès le premier tour", explique-t-il. "Ça n'a eu de cesse d'empirer, alors je ne pouvais qu'essayer de terminer. C'est un très mauvais résultat, le plus mauvais depuis mon retour d'Assen, mais on savait que sur cette piste j'allais souffrir."

"J'ai eu du mal à tous les niveaux : physiquement, en termes de vitesse et en termes de confiance", résume Jorge Lorenzo auprès du site officiel du MotoGP, mal à l'aise sur le circuit australien : "Ce n'est pas la piste idéale pour moi, parce qu'il y a beaucoup de vent, elle est très rapide et très étroite et j'ai plus de problèmes physiques que normalement ici compte tenu de la position de pilotage."

"Il s'est passé plus ou moins ce à quoi je m'attendais, car je n'avais pas le rythme. Même Syahrin a eu un meilleur rythme que moi tout le week-end, et Karel [Abraham] aussi. Dès le tour de formation, j'ai senti que le côté gauche du pneu n'avait pas du tout de grip. Si j'essayais d'attendre le plus longtemps possible pour ouvrir les gaz, l'arrière continuait de patiner, patiner, patiner. Je n'avais pas de traction. Au freinage c'était mauvais aussi, j'avais beaucoup de vibrations, et je n'étais rapide à aucun endroit du tracé."

Retrouver le niveau de Motegi

Bien conscient que ce rendez-vous s'annonçait éprouvant pour lui, le pilote Repsol Honda attend désormais le Grand Prix de Malaisie, cette semaine, pour tenter de reprendre la progression initiée au Japon. Le retard affiché sur le vainqueur reste le paramètre auquel le Majorquin prête le plus d'attention et il lui faudra donc passer sous la barre des 40 secondes pour retrouver l'élan espéré.

"J'espère, j'imagine et je pense que c'est juste ce circuit qui est très mauvais pour moi dans ces conditions. Et à Sepang je reviendrai plus ou moins au niveau auquel j'ai quitté le Japon et auquel je suis arrivé ici. J'espère pouvoir afficher le même rythme que celui que j'avais sur les dix derniers tours à Motegi", annonce-t-il.

Avec Michaël Duforest

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