Pour Lorenzo, ce podium est "plus important qu'une victoire"

Le Majorquin a décroché son premier podium pour le compte de Ducati, sur une piste où peu le voyait compétitif.

À bien y réfléchir, cela ne faisait que quatre courses Jorge Lorenzo n'était pas monté sur le podium. Un délai qui peut certes paraître important pour un pilote du calibre du Majorquin, mais qui n'est pas non plus excessif quand on sait que celui-ci a changé d'équipe entre-temps et rejoint le pavillon Ducati.

Ce qui fait paraître cette attente si longue, ce sont donc peut-être les nombreux obstacles qui se sont dressés en travers du chemin du numéro 99 depuis qu'il a rejoint les Rouges. Pareil résultat semblait en effet il y a peu tenir de l'onirisme. 

C'est pourtant aujourd'hui bel et bien une réalité, et malgré les difficultés rencontrées par Yamaha et l'abandon de Cal Crutchlow devant lui, ce podium est un résultat logique pour l'Espagnol après un week-end parfaitement maîtrisé. "Je ne pouvais pas rêver meilleur cadeau pour mon 30e anniversaire !", s'est-il esclaffé après-course, lui qui ne s'attendait pas à se trouver à pareille fête. "C'est plus important qu'une victoire, car comme chacun sait en ce moment, c'est difficile pour nous d'être compétitifs sur le sec. Nous avons été performants dans toutes les séances, hormis en qualifications, où j'ai rencontré un peu plus de difficultés. Je savais donc que j'avais le rythme pour me battre, peut-être pas pour le podium, mais pour la cinquième ou la sixième place."

Le pari gagnant du tout medium

Il est vrai que Lorenzo avait quelques atouts à faire valoir sur le tracé andalou, qui fait partie de ses circuits favoris. Mais au-delà de ses affinités avec Jerez, le pilote Ducati a surtout tiré profit d'un choix pneumatique opportun, en recourant au pneu medium à la fois à l'avant et à l'arrière de sa machine, même s'il a longtemps tergiversé. "J'étais très inquiet à propos de l'avant, car lors du warm-up j'ai eu du graining sur le flanc droit du pneu avant."

Le triple Champion du monde a finalement décidé de prendre le risque en course, et bien lui en a pris. "C'était probablement dû au fait que le pneu arrière était neuf, et celui de devant usé", reprend-il. "Mais avec deux pneus neufs en course, le problème s'est transposé à l'arrière. Johann Zarco et moi étions vraiment compétitifs par rapport aux autres. La décision de chausser le medium à l'avant a été la bonne selon moi, alors que les autres pilotes ont rencontré des difficultés en montant le dur, en dehors des pilotes officiels Honda."

Parti depuis la huitième position, Lorenzo a donc lentement mais sûrement refait son retard sur le trio de tête, jusqu'à se retrouver dans le sillage d'un autre pilote ayant fait le choix du tout medium : Zarco. "J'ai pu dépasser les pilotes petit à petit, et suivre le rythme de Zarco. Cela m'a pris quelques tours pour le dépasser, mais sur la fin mes pneus étaient un peu mieux, j'ai pu trouver l'ouverture et je me suis échappé."

Après avoir eu maille à partir avec sa GP17, l'Ibère commence donc à récolter les fruits de l'adaptation de son pilotage à la Desmosedici, lui qui a dû s'acclimater au frein arrière – qu'il n'utilisait pas chez Yamaha – pour pouvoir être performant. "Quand j'ai commencé en MotoGP en 2008, j'ai tout de suite été rapide, car la moto [une Yamaha] était faite pour mon style de pilotage", admet-il, tout en se montrant fier d'avoir donné tort aux critiques. "Mais dans d'autres catégories il m'a parfois fallu du temps à comprendre certaines choses, et avec cette moto c'est la même chose. Certaines personnes ont douté de mon pilotage, de ma mentalité. Elles auraient mieux faire de se taire."

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