Loris Baz - "Le MotoGP, un chemin parsemé de bombes"
Loris Baz, Forward Racing à Paris
Loris Baz, Forward Racing
Loris Baz, Forward Racing
Loris Baz
Loris Baz
Loris Baz, Forward Racing Yamaha
Jules Cluzel, Loris Baz et Eugene Laverty
Loris Baz
Stefan Bradl et Loris Baz avec la moto Forward Racing
Loris Baz
Loris Baz, Forward Racing Yamaha

L.B., Le Mans - Loris Baz s'impose comme l'un des fers de lance de la nouvelle génération de pilotes français et fait souffler un vent de fraîcheur sur le paddock MotoGP. Le Haut-Savoyard, qui commence d'ores et déjà à récolter les fruits de son travail, semble avoir digéré le cafouillage qui a entouré son arrivée en Grands Prix.

Pourtant, Baz pourra se souvenir longtemps de son premier contrat MotoGP, signé avec Aspar en septembre dernier et rompu quelques jours plus tard par l'équipe espagnole, qui arguait ne pas avoir eu connaissance de la fiche technique du pilote et, donc, de sa grande taille censément handicapante. Aujourd'hui, le protégé d'Eric Mahé a tourné la page : il a trouvé sa place au sein de l'équipe Forward Racing et prend peu à peu l'ascendant sur un coéquipier plus expérimenté en Grands Prix, Stefan Bradl.

A l'occasion du Grand Prix de FranceMotorsport.com a rencontré Loris Baz, qui confirme écrire cette nouvelle page de sa vie avec l'ambition de s'établir durablement en MotoGP. Une croissance qui intervient après une première partie de carrière internationale construite en dérivées de séries : le titre en Superstock 600 dès sa première saison, puis quatre ans en Stock 1000 et trois en Superbike dont il a animé les avant-postes avec Kawasaki. La réussite qui lui est promise en MotoGP lui permet aujourd'hui de suivre sans nostalgie les succès de son ancienne équipe et de son ancienne machine, reprise par un Jonathan Rea grand dominateur du début de saison WSBK.

Après sept saisons en dérivées de série, le MotoGP représentait une évolution évidente dans votre carrière?

"C'était un objectif à terme. Initialement, je voulais que ça arrive en 2016. On commençait à prospecter pour arriver en 2016 et j'aurais essayé d'accrocher le titre en refaisant une saison en Superbike. Finalement, je n'ai pas eu la possibilité de ne rester que pour un an en Superbike. Or, en restant pour un projet beaucoup plus long, je risquais de manquer l'opportunité d'arriver en MotoGP avant 22-23 ans, ce qui était mon objectif. On a donc décidé d'accélérer un peu les recherches pour arriver dès cette année."

"Ca a été un chemin parsemé de bombes, de mines. Très facile au début, parce qu'on a très vite signé un contrat avec un team, mais au final ils l'ont cassé. Avec mon manager, Eric, on avait déjà rencontré Giovanni (Cuzari, directeur de Forward Racing, ndlr) au début, mais il ne savait pas encore exactement ce qu'il ferait. On a poursuivi les démarches et on a réussi à trouver une bonne moto, ils m'ont donné cette chance. A partir de ce moment-là, c'était évident que je voulais rouler ici dès cette année."

J'ai eu cette opportunité pour le MotoGP, j'ai signé. Et puis, quinze jours après, j'apprends sur Internet qu'on ne me prend pas parce que je suis trop grand!

Loris Baz

"Des bombes, des mines"... Vous pensez donc qu'on a essayé de vous empêcher de venir?

"Pour moi, c'était même une guillotine. J'avais la possibilité de rester en Superbike et puis j'ai eu cette opportunité pour le MotoGP, j'ai signé. J'ai prévenu mon team (Kawasaki, ndlr) que je ne restais pas et ils ont donc cherché et signé un autre pilote. Et puis, quinze jours après, j'apprends sur Internet qu'on ne me prend pas parce que je suis trop grand! On savait que j'étais grand, j'ai toujours fait cette taille! Je me retrouvais donc sans rien en Superbike, ou peut-être avec une moto pour terminer dans les derniers."

"Je ne sais pas si c'était volontaire ou pas, en tout cas c'était très peu professionnel. Ce n'était vraiment pas digne d'un paddock MotoGP, mais plutôt d'un paddock de championnat régional. Cela ne devrait plus arriver et j'espère que ces gens-là se feront dégager du paddock pour ne plus que cela se passe."

"En tout cas, je n'y pense plus. C'est peut-être un nouveau coup de chance dans ma carrière, parce que je suis convaincu que j'ai une des meilleures motos en Open, meilleure, je pense, que celle que j'aurais eue là-bas. Depuis le début, je suis toujours resté confiant de trouver une solution, mais il y a quand même des moments où mon manager ne dormait pas beaucoup. Il était assez inquiet et ça n'était pas facile."

Maintenant le MotoGP, vous y êtes et vous y restez?

"J'espère! J'ai toujours eu une carrière un peu spéciale mais, normalement, quand j'arrive quelque part j'arrive à faire mes preuves. Je ne suis pas venu pour rester un an, l'objectif c'est vraiment de rester là l'an prochain."

Mon ancienne moto, je ne peux pas la louper! Je suis content pour mes anciens mécanos : ils vont avoir le titre cette année.

Loris Baz

Vous continuez à suivre les performances de votre ancienne moto?

"Bien sûr, je regarde toutes les courses. Mon ancienne moto, je ne peux pas la louper! L'an dernier, on n'était pas loin pour faire quelque chose de vraiment bien, peut-être accrocher le titre. Alors je suis content pour mes anciens mécanos et mon ancien chef mécano : ils vont l'avoir cette année."

Cela ne vous laisse pas un petit pincement au coeur?

"Non. Je retournerai peut-être un jour en Superbike pour avoir le titre, plus tard dans ma carrière. Pour l'instant, je suis en MotoGP à 22 ans et c'est le rêve de 99% de pilotes sur terre, donc je ne peux que apprécier d'être là. J'ai fait une super saison l'an dernier en Superbike, en accrochant un paquet de podiums, ça me laisse des bons souvenirs. C'est ce qui m'a motivé et qui m'a fait prendre conscience que j'avais les capacités de venir en MotoGP. Je n'ai aucun regret."

 

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