Loris Baz : "J'ai prouvé que j'avais le niveau" pour le MotoGP

Fierté, regret, bons et mauvais souvenirs... Le Haut-Savoyard fait le point sur ce qui l'aura marqué durant ses trois saisons en MotoGP.

Après trois saisons en Grand Prix, Loris Baz a retrouvé le mois dernier le paddock du World Superbike, où il a pris ses marques avec sa nouvelle moto pour préparer son retour à la compétition, programmé pour février prochain à Phillip Island. Une page se tourne, celle du choix assumé de rejoindre le MotoGP très tôt (à 22 ans) et sur une moto qui, à l'époque, répondait au règlement Open, en laissant derrière lui la Kawasaki qui allait ensuite remporter trois titres d'affilée avec son remplaçant, Jonathan Rea.

Le parcours du pilote français en MotoGP n'a pas été simple, d'abord marqué par certaines réticences face à un physique atypique, puis par les difficultés rencontrées au guidon de machines qui ne jouaient pas les premiers rôles, en en passant par quelques blessures. Mais c'est un Loris Baz fier du chemin parcouru qui a dressé le bilan de ces trois ans pour Motorsport.com en marge de son dernier Grand Prix de la saison, à Valence.

Loris Baz, Forward Racing Yamaha, vainqueur en Open

Quelle a été ta plus grande fierté sur ton parcours en MotoGP ?

Ma plus grande fierté c'est d'avoir prouvé que je pouvais rouler et que j'avais le niveau pour être ici. Si on se rappelle, il y a trois ans tout le monde disait que je ne réussirais jamais, que je ne finirais pas ma première saison parce que j'étais trop grand, etc. Au final j'ai prouvé qu'un grand pouvait rouler en MotoGP sans vraiment modifier la moto, aller vite, faire des bons trucs, des Q2, des top 10, des top 5. C'est ma plus grande fierté, parce que je pense qu'il n'y a pas beaucoup de gens qui auraient dit ça il y a trois ans.

Ton plus grand regret ?

Ne pas avoir eu une saison sur une moto "très performante". Ce sont toutes de bonnes motos, mais celle-ci [la Ducati GP15 qu'il pilotait en 2017, ndlr] c'est une moto d'il y a deux ans et qui avait déjà des difficultés il y a deux ans. C'est une moto qui ne gagnait pas de courses il y a deux ans, qui avait du mal à être sur le podium quand elle était dans les mains des meilleurs pilotes, avec les meilleurs techniciens. C'est donc une moto compliquée. On va dire que j'avais gagné ma bonne moto pour l'année prochaine, puisque Ducati avait accepté de donner deux GP17 ici [chez Avintia, ndlr] si je restais. C'est le plus grand regret, ne pas pouvoir faire cette saison sur une bonne moto, voir à performances plus égales ce qu'on peut faire. Ça ne sera pas pour maintenant.

Ton meilleur souvenir ?

Mes deux quatrièmes places et les trois top 5 que j'ai faits. L'Autriche cette année est aussi un très bon souvenir. Il y a plein de bons souvenirs… Misano cette année, quand je suis en train de remonter sur le groupe de tête et que je veux vraiment aller chercher le podium, même si je tombe. Il n'y a pas eu de podiums donc je ne peux pas citer quelque chose d'exceptionnel, mais il y a eu pas mal de bons souvenirs.

Ton plus mauvais souvenir ?

Je pense que c'est la saison dernière dans sa globalité avec toutes ces blessures, et Silverstone en tête de liste. C'est le plus mauvais souvenir.

Loris Baz, Avintia Racing

Une piste que tu as découverte en MotoGP et qui t'a vraiment plu ?

L'Argentine. Parce que c'est une piste à l'ancienne, ils se sont servis du tracé de l'époque. Les pistes à l'ancienne n'étaient pas typées F1, des pistes rapides avec des grands virages, et je me suis toujours fait plaisir à rouler là-bas.

Une personne que tu as rencontrée en MotoGP et que tu retiendras tout particulièrement ?

Il y en a beaucoup parce que pendant trois ans, dans deux teams différents, j'ai rencontré des gens importants. La personne qui est arrivée en même temps que ce projet, c'est Éric Mahé [son manager, ndlr]. Je le connaissais avant, mais il était là à la fin du Superbike et pour mon entrée ici. C'est la personne la plus importante dans ces trois années, celui qui m'a permis d'être là.

La leçon que tu as tirée de ces trois ans ?

Qu'en y croyant et qu'en travaillant, on y arrive. Même quand tout est un peu contre nous, quand le parcours est parsemé d'embûches, on peut y arriver. C'est ce que j'ai prouvé, il n'y a pas grand-monde qui donnait cher de ma peau ici et j'ai prouvé qu'on pouvait y arriver. Je suis fier de ça.

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