Luca Marini résigné mais "en paix" face au désavantage de son poids

Luca Marini le sait, sa taille et son poids resteront un handicap pour lui en MotoGP, d'autant que le règlement ne semble pas destiné à changer de sitôt afin de mettre en place un poids pilote-moto minimal comme il l'espérait.

Luca Marini, VR46 Racing Team

Du haut de son 1,81 m, Valentino Rossi a longuement été confronté à l'obligation de maintenir un poids très contrôlé afin d'être aussi peu désavantagé que possible face au petit gabarit de certains de ses adversaires. Aujourd'hui, c'est son frère Luca Marini qui subit les mêmes contraintes, lui qui atteint 1,84 m. Ses 69 kg font de lui le pilote le plus lourd du MotoGP, au point qu'il milite pour que la catégorie reine introduise un poids minimum pour le duo pilote-moto afin de moins pénaliser les grandes carrures. Un souhait qui n'a pas été entendu par les instances, pas même en WorldSBK où ce débat a également été vif ces derniers mois.

Face à la grande nouveauté de cette saison qu'est la course sprint, planifiée chaque week-end de Grand Prix le samedi, certains pilotes à l'instar de Pol Espargaró ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils avaient cherché à prendre du muscle pendant l'intersaison afin de mieux répondre au regain d'effort qui les attend. Or Luca Marini ne peut suivre cette démarche, sachant par avance que quelques kilos supplémentaires le désavantageront encore plus lors des épreuves longues, où il perçoit un impact en termes de gestion pneumatique et de capacité à dépasser.

"Je ne suis pas inquiet, franchement, mais ce sera assurément important", a souligné le pilote VR46 lorsqu'il lui a été demandé dans quelle mesure les courses sprint et leur impact sur l'entraînement pouvaient l'inquiéter. "Si je m'entraîne plus et que je prends du muscle, je vais avoir plus de difficultés dans le tour chrono. C'est une simple question de physique : si je prends deux ou trois kilos de plus, alors la moto sera plus lente ou bien je mettrai moins d'énergie sur le pneu arrière pour accélérer, et ce n'est pas bon. Nos pneus sont très sensibles et il faut qu'on pilote bien, en douceur, pour performer au mieux. L'accélération et la vitesse sont aussi très importantes pour dépasser."

"Je pense que les plus petits pilotes peuvent s'entraîner plus cette année pour gagner en muscle. Le fait d'avoir ne serait-ce que deux ou trois kilos de plus va les aider à avoir plus d'énergie pour ces deux courses car il est certain que l'effort va être incroyable."

Luca Marini aux côtés de son coéquipier Marco Bezzecchi et de son frère Valentino Rossi, propriétaire du team VR46

Luca Marini aux côtés de son coéquipier Marco Bezzecchi et de son frère Valentino Rossi, propriétaire du team VR46

Le pilote italien se dit malgré tout "en paix" avec ce désavantage contre lequel il ne peut rien. "J'essaye juste de faire de mon mieux et j'espère que cette règle pourra changer à l'avenir. Mais j'ai vu que ça ne va pas changer en Superbike. Je m'attendais à ce que la Dorna essaye quelque chose en Superbike pour ensuite mettre en place de nouvelles règles chez nous, mais ils ont pris une décision différente. Alors, de mon côté, il faut juste que je me concentre sur ce que je peux faire avec mon potentiel, mon talent et ma vitesse, que j'essaye de travailler mieux que les autres car ce handicap restera le même pendant toute ma carrière. Je suis en paix avec cela."

Difficile d'anticiper les besoins de la course sprint

Malgré ce désavantage face auquel il apparaît résigné, Luca Marini a tenté, comme ses collègues, de réfléchir à la meilleure façon d'optimiser sa préparation physique cet hiver afin de pouvoir répondre autant que possible aux exigences de cette nouvelle course qui sera disputée tous les samedis. Il estime cependant qu'il est difficile de s'y préparer à l'aveugle, sans avoir encore expérimenté l'effort que cela va requérir.

"C'est difficile de se préparer différemment aujourd'hui parce qu'on ne sait pas exactement à quoi on aura affaire avec ces courses sprint, mais j'ai évidemment essayé de me préparer au mieux pendant cette pause hivernale. Elle a été très longue, donc on a eu beaucoup de temps pour cela. Je suis prêt, je me sens très bien", a-t-il expliqué, précisant qu'il s'est préparé "comme [il a] pu", en essayant de travailler "surtout les dépassements" lors de ses journées au Ranch du groupe VR46.

"Connaissant le niveau du MotoGP, celui des motos et des pilotes, tout le monde sera très proche", a-t-il estimé. "Le problème de la course sprint c'est que ça permet d'être compétitifs pour ceux qui ne le sont peut-être pas le dimanche, pendant la longue course. On peut clairement courir avec la gomme la plus tendre, qui doit bien durer une dizaine de tours sur la plupart des [pistes]. Donc celui qui n'est pas au point avec un pneu peut courir avec l'autre, et celui qui a des problèmes d'usure ou qui pilote un peu mal peut quand même être dans le coup s'il fait une bonne qualif."

"Je pense qu'on ne s'entraînera pour la course sprint qu'en la faisant. Mais les qualifs représentent vraiment 75% du week-end désormais", a-t-il ajouté. "Après trois ou quatre courses sprint, on saura ce dont on aura besoin en plus pour le reste de la saison. Il sera donc très important de finir toutes les courses, d'essayer de comprendre les faiblesses ou les points forts physiques de chaque pilote et de s'améliorer dans les entraînements à la maison. Mais c'est compliqué, parce qu'on est déjà des athlètes de haut niveau alors on peut difficilement faire mieux que ça. Je pense qu'une des choses les plus importantes, c'est de se sentir à l'aise sur la moto parce que d'un point de vue physique ça change aussi beaucoup de choses."

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