Luca Marini ne fait pas du titre de Rookie de l'année sa priorité

Petit nouveau en MotoGP, Luca Marini veut avant tout vite s'adapter à sa Ducati et progresser tout au long de l'année, sans se laisser perturber par le titre de Rookie de l'année.

Luca Marini ne fait pas du titre de Rookie de l'année sa priorité

Luca Marini fait partie des débutants engagés cette saison en MotoGP. Dans ce petit groupe qui s'opposera pour le titre de Rookie de l'année, il devra faire face potentiellement à Lorenzo Savadori − si celui-ci est confirmé par Aprilia − qui possède toutefois l'expérience des trois derniers Grands Prix de 2020, mais aussi à deux petits nouveaux qui, comme lui, sont sous contrat avec Ducati : son coéquipier, Enea Bastianini, ainsi que Jorge Martín qui, chez Pramac, disposera d'une Desmosedici un cran plus évoluée que leur GP19.

En dépit des comparaisons évidentes que Ducati pourra effectuer entre ses trois nouveaux pilotes, Marini ne pense pas devoir mettre un point d'honneur à terminer la saison en tant que meilleur débutant afin d'être ensuite promu par le constructeur à un poste meilleur que celui qu'il occupera en 2021.

"Je ne sais pas s'il faut ce titre pour gravir les échelons", doute-t-il, interrogé par Motorsport.com. "Je pense que les performances sont plus importantes, de même que la manière dont on travaille, et puis les résultats que j'obtiendrai au cours de la saison. On sait tous que les courses sont très particulières, on ne sait jamais comment ça peut se passer, alors je pense que le plus important c'est de voir comment je me sentirai avec la moto et comment je travaillerai avec l'équipe et avec Ducati, même si les résultats pèseront sûrement eux aussi."

Quel sera donc l'objectif ? "À la fin de chaque année, je me sens un pilote plus fort et une personne meilleure. Si je ressens cela à nouveau à la fin de cette saison, je serai très satisfait. En termes de résultats, il est très difficile d'exprimer un avis. J'espère progresser le plus vite possible et apprendre le plus tôt possible tout ce qui est utile afin de bien me sentir sur la moto."

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Vice-Champion du monde Moto2 l'an dernier derrière Bastianini, Marini estime qu'il fait le grand saut au bon moment dans sa carrière, bien qu'il n'ait pas atteint son objectif en 2020. "Si je dois avoir quelques regrets, je pense que j'aurais pu faire quelque de différent en 2020 pour gagner [le titre], parce que je me sentais le plus fort, le plus rapide, et j'étais clairement prêt à gagner", concède-t-il tout juste. "On a bien travaillé pendant toute la saison, mais il s'est passé certaines choses qui m'ont empêché de gagner. Au final, je suis quand même très satisfait de la saison que j'ai faite, et je pense que pour ma carrière et mon parcours, cela n'aurait pas été correct de faire une autre année en Moto2. À mon avis, c'est le bon moment pour faire ce changement."

S'il se sent suffisamment mûr pour cette promotion, le pilote italien sait qu'il va devoir se confronter aux nombreuses découvertes de la catégorie reine, avec seulement six jours de tests au Qatar (un de plus que pour les titulaires confirmés) pour faire connaissance avec sa Ducati. Sachant déjà plus ou moins à quoi s'attendre, il craint notamment le temps d'adaptation nécessaire aux freins en carbone de son nouveau bolide.

"Il va y avoir beaucoup de nouveautés. Je pense qu'au début, les freins et les pneus seront ce qu'il y aura de plus différent", pressent-il. "Il faudra un peu de temps pour s'adapter à la façon dont il faut utiliser les freins : à voir les tests des saisons passées, les rookies étaient un peu en difficulté. Pecco [Bagnaia] avait aussi eu un épisode curieux, quand il est tombé à la sortie de la pitlane, à Valence. Ça ne sera pas facile, mais ça vaut aussi pour les pneus, parce qu'on peut très facilement commettre une erreur, il suffit de se déconcentrer un instant. Les pneus Michelin sont très performants, mais ils sont aussi très délicats et sensibles, surtout lorsqu'un flanc de la gomme reste plus froid. Il va falloir rester très concentré quand on sort ou qu'on rentre au stand."

"Il y a aussi beaucoup de puissance moteur en plus et je vais la sentir tout de suite. Ce sera un choc dans les premiers tours, mais à mon avis, c'est quelque chose à quoi on s'habitue plus vite", estime Luca Marini. "Et puis, il y a aussi les nouveaux adversaires que je dois affronter. C'est une catégorie plus compliquée à tout point de vue, et il va falloir apprendre à faire avec."

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S'il n'a pas encore pu s'essayer au pilotage de la Desmosedici, il a pu échanger avec son collègue de la VR46 Riders Academy, Pecco Bagnaia, qui lui a donné quelques précieux conseils de "vétéran". Celui qui est désormais pilote de l'équipe officielle Ducati pense même que son collègue et ancien coéquipier en Moto2 trouvera plus facilement que lui ses marques, grâce à sa capacité à gérer les gros freinages… Et cela étonne plutôt le principal intéressé !

"En réalité, je ne freinais pas plus fort que lui quand on était coéquipiers. À mon avis, on a deux styles de pilotage qui sont, peut-être pas similaires, mais pas non plus très éloignés. Il dit qu'il aime la vitesse de passage, et ça vaut aussi pour moi. Je me sens plus fort à passer dans les virages rapides qu'à freiner dans les virages lents. Mais c'est la vision que j'ai moi-même de mon style de pilotage. Peut-être que de l'extérieur, et en voyant aussi mes données, il a une vision différente."

"Je suis content s'il dit que mon style peut bien s'adapter à la Ducati, mais je ne le découvrirai qu'après l'avoir essayée. J'imagine, ceci dit, que je vais devoir adapter mon style à la Ducati, mais aussi la moto à mes exigences."

Premiers éléments de réponse vendredi prochain, avec le début tant attendu des essais de pré-saison !

Propos recueillis par Matteo Nugnes

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