Márquez a "ralenti la course" avant de porter le coup de grâce

Marc Márquez a su donner la physionomie qu'il souhaitait au GP des Amériques, avec un début de course sous contrôle puis une augmentation de son rythme. Plus que dans tout autre week-end cette année, l'Espagnol était déterminé à gagner.

Márquez a "ralenti la course" avant de porter le coup de grâce

Le succès de Marc Márquez à Austin n'est pas une surprise totale, le circuit étant surtout fait de virages sur la gauche dans lequel son bras droit le fait moins souffrir, et le Catalan y étant toujours performant puisqu'il n'y a qu'en 2019 que la victoire lui a échappé, à cause d'une chute. Ce succès est néanmoins le fruit d'une stratégie bien pensée et qu'il a pu mettre en œuvre exactement comme prévu, en prenant le pouvoir dès le début avant d'imposer son rythme.

"C'était une course parfaite, ce dont je rêvais la nuit précédente", a reconnu Márquez auprès du site officiel du MotoGP. "Dès le début, mon but était de mener d'entrée, parce que les premiers tours étaient mon point faible. j'ai essayé de ralentir la course pendant quatre ou cinq tours. Quand je me suis senti bien, j'ai juste poussé, mais en un coup, d'un tour à l'autre, une demi-seconde plus rapide. C'est surtout ça qui m'a permis de creuser l'écart."

Les données confirment la stratégie de Marc Márquez : Fabio Quartararo est resté à moins d'une demi-seconde dans les premiers tours, mais il accusait 1"572 de retard au septième passage et il était à 2"825 au dixième tour, cap de la mi-course. L'Espagnol craignait que son rival puisse s'accrocher à sa roue et de ne pas pouvoir imprimer ce rythme suffisamment longtemps, à cause de ses limites physiques.

"Après le warm-up, je me disais que Quartararo pourrait me suivre", a expliqué Márquez en conférence de presse. "Mais quand on suit quelqu'un, c'est dur de ralentir la moto. J'ai pu rouler seul et être très rapide et constant. Surtout constant. J'ai essayé de gérer la course du début à la fin. Et fin de course, ma condition physique s'est dégradée, mais pour tout le monde à mon avis. La différence, c'est que sur ce circuit, j'ai souffert mais les autres aussi. Sur les autres circuits, je souffre comme ici, mais les autres moins. Je pense que c'est ce qui a fait la différence. J'ai surtout sollicité le bras gauche dans les longs freinages, mais celui-là fonctionne bien. C'est ce qui m'a permis d'être constant."

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Et même si l'aspect physique du Circuit des Amériques l'a presque mis sur un pied d'égalité avec ses rivaux sur ce point, Marc Márquez craignait une faute qui aurait mis à mal sa stratégie. Il a préféré se donner une certaine marge dans les virages les plus propices aux erreurs.

"C'est très difficile, surtout à cause des bosses. Le problème est que quand on ralentit, la moto bouge encore plus. Dans les derniers tours, je me sentais idiot parce que je ralentissais et que la moto bougeait. Je me demandais ce qu'il se passait. C'était particulièrement difficile de rester concentré. À trois tours de l'arrivée, j'ai failli tomber au virage 6. J'ai touché le vibreur et j'ai perdu l'avant. Sur ce genre de circuit, il faut être concentré, surtout au virage 12. À chaque fois que je freinais trop fort, c'était là. Je pensais à 2019 et je sortais large. J'étais concentré parce que j'y croyais."

Le pilote Honda a également retenu les leçons de sa chute au virage 12 il y a deux ans et il voulait éviter de refaire cette erreur, en particulier en fin d'épreuve : "C'est un freinage où on tente de plus en plus. Parfois, j'étais trop sur les freins et 2019 était immédiatement à mon esprit. Je relâchais les freins et je ne forçais pas, je sortais large. J'avais cette erreur à l'esprit, surtout aux virages 11 et 12. J'étais très prudent, j'essayais d'être prudent et de ne pas trop forcer parce qu'on peut facilement perdre l'avant."

L'octuple Champion du monde est ravi de son coup ce week-end, d'autant plus qu'Austin était probablement sa dernière chance de succès de l'année, avant de visiter des circuits moins favorables à sa condition physique.

"Je suis vraiment content, parce que ça a été une saison très dure. Parfois je chute sans comprendre, je suis rapide sans comprendre, je suis lent sans comprendre. J'espérais cette victoire parce que je savais que c'était peut-être le dernier circuit avec de bonnes chances de gagner. Mon objectif n'est pas d'être bon ici mais aussi dans les trois dernières courses, et d'essayer d'être constant. On verra. Je suis content. Merci à l'équipe et à Honda de croire en moi. On travaille beaucoup et parfois les résultats ne sont pas là, mais ils travaillent énormément et c'est important."

"J'ai très bien roulé et c'était mon intention", a ajouté Márquez. "C'est la première course où je suis arrivé avec l'intention de me battre pour la victoire. Je l'ai dit en conférence de presse jeudi. Le week-end a été bon. Vendredi c'était très bon, samedi mitigé et [dimanche] mieux."

Déçu de ses performances samedi malgré son meilleur résultat en qualifications de l'année, Márquez a su faire le dos rond et revenir plus fort samedi, évitant par la même occasion de trop puiser dans ses réserves : "Je ne me sentais pas très bien. La vitesse était là mais je n'avais pas de bonnes sensations sur la piste et avec la moto, et je n'ai pas poussé. Si on ne se sent pas bien et qu'on pousse, on utilise beaucoup de force, les muscles, sa condition physique. Je n'ai attaqué que dans un seul tour et je me suis senti mieux dans le warm-up, j'ai plus attaqué. Le moment clé a été de garder mon calme hier, d'économiser mon énergie, et de tout donner aujourd'hui."

Márquez a ainsi pu profiter du donut qu'il s'était promis en cas de victoire : "L'un des deals du week-end était ce donut. L'équipe en avait acheté, la Dorna en avait acheté. J'ai dit 'Ok, pas de pression...'. C'était sympa !"

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