Márquez attribue les difficultés de Honda à la pandémie

Marc Márquez estime que les limites posées par la pandémie de COVID-19 a plus durement touché les constructeurs japonais que ceux basés en Europe. Le pilote le plus victorieux du plateau reste convaincu que le constructeur peut redresser la barre.

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Jamais Honda ne s'est présenté sur son circuit en si mauvaise posture. Lors de la dernière visite du MotoGP à Motegi il y a trois ans, le constructeur japonais avait décroché les titres pilotes et constructeurs, porté par un Marc Márquez alors au dessus du lot. La situation a depuis bien changé, entre la blessure du pilote phare de Honda et les déboires de la marque, qui peine à jouer les premières places.

Après 15 courses disputées cette année, Honda n'a décroché qu'un seul podium, en ouverture de la saison par le biais de Pol Espargaró. Cinquième ce jour-là, Marc Márquez reste le détenteur du seul autre top 5 du constructeur en 2022, une quatrième place à Jerez. Honda a touché le fond en son absence, avec même un zéro pointé historique au Sachsenring, du jamais-vu depuis 1982.

De retour à la compétition depuis une semaine, Márquez a une nouvelle fois été interrogé sur les difficultés traversées par Honda ce jeudi. La politique parfois attentiste des marques japonaises a souvent été mise en cause mais pour le sextuple Champion du MotoGP, le développement de la RC213V a également été freiné par la pandémie, entre les restrictions imposées et la difficulté des échanges entre le Japon et l'Europe, où se sont disputées la quasi-totalité des courses depuis 2020.

"Ces deux dernières années, avec le COVID, avec la pandémie, tous les constructeurs japonais ont eu du mal parce que ce n'est pas facile : tous les ingénieurs, tout le staff japonais reste en Europe entre les courses", a souligné Márquez en conférence de presse. "C'est difficile de travailler à distance et d'avoir un vrai lien avec le Japon. On le voit quand on vient ici. Si on regarde comment ça se passe en Europe pendant la pandémie, c'est très différent d'ici. Ça affecte beaucoup les constructeurs japonais. C'est pour ça que les Européens ont pu être agressifs pour améliorer leur moto et hausser leur niveau."

Takaaki Nakagami est venu appuyer les propos du leader de Honda. "Après le COVID-19, il manque quelque chose entre le Japon et l'Europe, comme des informations, ou bien [les choses] prennent plus de temps par rapport aux constructeurs européens", a confirmé le pilote LCR, qui espère disputer son Grand Prix national malgré sa blessure à la main. "Il y a des retards ou bien il leur faut beaucoup de temps pour développer et préparer de nouvelles pièces. Ils ont beaucoup d'idées mais ils doivent prendre beaucoup de temps et cela a un impact très lourd, l'écart ne cesse d'augmenter."

Takaaki Nakagami, Team LCR Honda

Takaaki Nakagami

Honda pourra-t-il relever la tête à domicile ? Pol Espargaró, pilote de l'équipe officielle pour encore cinq courses, estime en tous cas que la marque a cette fois un "as" dans son jeu face à ses rivales européennes, grâce aux nombreux tests effectués par l'équipe d'essais à Motegi. "Ces dernières saisons, on n'a pas pu rouler ici donc les constructeurs européens n'ont pas pu faire d'évaluations à Motegi", a rappelé le cadet des frères Espargaró. "Je pense qu'on a un avantage par rapport à Ducati, Aprilia et KTM, et qu'il faudra en profiter ce week-end."

Márquez croit au retour de Honda au premier plan

Quel que soit le résultat ce week-end, le Grand Prix du Japon aura au moins permis à Marc Márquez de faire son retour dans les installations du HRC, chose impossible depuis le début de la pandémie. Il a ainsi pu s'imprégner du travail effectué dans les bureaux de développement plus précisément que lors des habituels échanges à distance. Ce qu'il a vu lui a donné confiance pour l'avenir.

"C'est important d'être de retour au Japon. Parfois on échange des mails, des appels téléphoniques, mais c'est très différent d'être en face à face. C'était très important de visiter tout le HRC, de voir ce qu'ils font et surtout de les motiver. On a vu le président et toutes les personnes importantes étaient là. Ils savent où ils sont, ils savent où ils veulent arriver. Je suis ici pour les aider et pour revenir à l'avant."

"Je pense que les installations que l'on a au Japon – pas seulement Honda, les autres aussi, mais Honda en particulier parce que j'y étais hier – sont énormes", a-t-il ajouté. "Ils ont le potentiel pour revenir à l'avant et jouer le championnat. C'est notre principal objectif. Je crois en Honda, ils peuvent le faire. Honda est Honda ! C'est le plus gros constructeur mondial."

Marc Marquez, Repsol Honda Team

Marc Márquez

Reste maintenant à savoir quelle stratégie Honda adoptera pour la saison 2023. La marque a lancé une moto totalement nouvelle cette année mais qui n'a pas apporté les progrès espérés. Márquez fait confiance aux ingénieurs pour déterminer si ce concept est à oublier ou si le pas en arrière effectué permettra d'en faire deux en avant. Seule certitude, l'idée de revenir à la philosophie de la machine utilisée jusqu'en 2021 est écartée.

"Avec l'ancien concept, on sentait du positif mais [aussi] qu'on avait atteint le maximum de cette moto. Le concept [2022] est totalement nouveau et on n'a pas fait de gros changement. Ils doivent comprendre si ça a du sens de continuer dans cette direction ou pas. Je ne suis pas l'ingénieur, je ne suis que le pilote. Je me plains des choses qui font perdre du temps ou que je sens que l'on peut améliorer, et les ingénieurs doivent comprendre la direction à prendre. Je ne connais pas les données, je veux juste une moto qui fonctionne bien, qui est rapide, freine tard et accélère bien, comme tous les pilotes."

Récemment confirmé par LCR pour la saison 2022, Takaaki Nakagami est très impliqué dans l'évaluation de nouvelles pièces et perçoit la volonté de Honda de corriger le tir. "Ce qui est bien, c'est que le HRC fournit beaucoup d'efforts, même maintenant, ils ne baissent pas les bras", a souligné le Japonais. "Ils essayent d'apporter de nouvelles pièces et ils ont beaucoup d'idées pour améliorer notre situation. Il faut que nous soyons tous ensemble, des mécaniciens aux pilotes, [toute] l'équipe. Mais franchement, ces deux ou trois années ont été très, très difficiles pour nous."

Avec Léna Buffa

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