Márquez "nerveux" et sans objectif pour son retour

"Ma pré-saison, c'est maintenant." Marc Márquez s'est montré on ne peut plus clair pour calmer les attentes qui entourent son retour à la compétition, assurant qu'il n'est pas encore prêt à se battre aux avant-postes.

Márquez "nerveux" et sans objectif pour son retour

Marc Márquez était logiquement au cœur de toutes les attentions ce jeudi, à la veille des premiers essais du Grand Prix du Portugal. De retour en piste après avoir obtenu l'aval unanime de ses médecins personnels et passé avec succès la visite médicale du championnat, le pilote espagnol va retrouver sa Honda pour la première fois depuis neuf mois.

S'il se sent prêt physiquement, il affirme toutefois se trouver encore en phase de récupération d'un point de vue mental, expliquant devoir retrouver cet état d'esprit propre aux pilotes MotoGP et au champion qu'il était. Contraint de n'être que spectateur pendant une saison entière, il a pu voir l'évolution d'un championnat particulièrement ouvert, dans lequel il va devoir à présent retrouver une place. Si certains l'imaginent déjà au sommet dimanche, il prévient : il n'est encore prêt à se battre aux avant-postes et ce retour n'est qu'une étape, pas une finalité.

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Tu as sûrement longtemps attendu ce moment ! Qu'est-ce que ça fait d'être de retour ?

C'est vraiment bien d'être de retour ici, avec vous tous, car ces neuf mois ont été très durs. Demain ce sera le moment de franchir l'étape la plus importante de ma récupération, qui est de piloter à nouveau une MotoGP. Je suis nerveux, je ressens des papillons dans le ventre qui ne sont pas normaux pour moi, mais je sais qu'ils vont disparaitre après les EL1. Maintenant, le moment est venu de prendre à nouveau du plaisir.

Aujourd'hui j'ai retrouvé tout le staff japonais de l'équipe, après avoir déjà rencontré les Espagnols lors d'un test privé. Ils étaient très motivés et je leur ai immédiatement dit : "N'oubliez pas qu'on n'a pas d'objectif ce week-end". En EL1, je ne serai pas le Marc normal, il me faut encore du temps. Je suis encore en phase de récupération. Elle se passe sur deux aspects : il y a le côté physique, mais aussi le mental, et c'est en cours. Mais je suis très heureux d'être ici et j'ai hâte de piloter à nouveau la moto.

Je suis nerveux, je ressens des papillons dans le ventre qui ne sont pas normaux pour moi, mais je sais qu'ils vont disparaitre après les EL1.

Marc Márquez

C'était comment de suivre les courses depuis chez toi ? C'était sûrement excitant, mais aussi très difficile, non ?

Oui, ça a été très étrange, surtout au début. Ensuite, vers le milieu de cette période de neuf mois, c'était déjà normal, j'étais juste un fan qui regardait la TV et qui aimait ça. Il a été très difficile de prendre la décision de ne pas courir pour le Qatar 1 et 2. Je me sentais prêt, mais pas à 100%, et les médecins ont décidé de m’arrêter et j'ai bien sûr suivi leurs conseils. Mais ça a été dur, ce furent neuf mois vraiment difficiles. J'avais des doutes, pas seulement quant à savoir si j'allais pouvoir à nouveau piloter, mais aussi des doutes de retrouver un bras normal. Ça a donc été dur. Mais je suis toujours resté optimiste, et ça a été la clé. Et puis les personnes qui m'entourent m'ont beaucoup aidé à garder la motivation et à suivre l'objectif de piloter à nouveau la moto.

Tu as fait un test à Portimao : qu'as-tu pensé du circuit ? Et es-tu inquiet à la perspective qu'il pleuve ?

Oui, bien sûr, après si longtemps je n'aimerais pas repiloter pour la première fois sous la pluie, mais si je suis là c'est que je suis prêt à piloter dans toutes les situations. Donc s'il pleut, je vais rouler et faire quelques tours. J'ai fait un test privé il y a un mois, c'est la derrière fois que j'ai piloté une moto. Lundi j'ai fait un peu flat-track pour essayer de comprendre [ma forme], mais la dernière fois que j'ai piloté une vraie moto c'était ici, il y a un mois. Le mois dernier, on a décidé avec les docteurs de stopper toute activité avec les motos, car c'était mieux pour l'os.

En tout cas, le circuit était sympa, c'était bien. Bien entendu tous les autres ont une confiance élevée, alors que la mienne ne l'est pas pour le moment, je suis dans une autre situation. Je suis dans la démarche de commencer petit à petit, peu importe le circuit. Ma pré-saison est maintenant, et j'ai hâte de commencer à piloter ma Honda.

Marc Marquez, Repsol Honda Team

Après avoir regardé les courses de l'année dernière, comment penses-tu que la grille MotoGP a changé en ton absence ?

Il est impossible de comprendre la situation depuis la TV, et c'est très étrange de comprendre ce qu'est le MotoGP aujourd'hui. On voit beaucoup de hauts et de bas, non seulement d'un circuit à l'autre mais aussi d'un jour à l'autre : on peut voir un pilote qui affiche clairement le meilleur rythme, mais qui ensuite se trouve très en difficulté le dimanche, et c'est étrange à comprendre. Mis à part ça, j'ai hâte de rouler. Avoir beaucoup de pilotes à l'avant et avoir un gros groupe comme à la deuxième course du Qatar, c'est sympa parce qu'on mène alors une belle bagarre. Bien sûr, je ne suis pas encore prêt à mener cette bagarre, mais j'espère à l'avenir me joindre à ce groupe de tête.

Tout le monde a un avis différent quant à ce que tu pourras faire ce week-end. Quel Márquez as-tu, toi, en tête ?

Franchement, je ne peux pas répondre. Bien sûr, mon principal objectif était d'être prêt et de me sentir bien sur la moto, et c'est la raison pour laquelle je suis ici. Mais il est vrai qu'il y a un autre point d'interrogation maintenant, qui est de voir comment va réagir mon bras pendant tout le week-end et comment je me sentirai sur la moto parce que je ne le sais pas. J'aimerais me sentir plus prêt, c'est sûr. La meilleure situation aurait été que je fasse un test privé demain, mais on n'en a pas la possibilité.

J'aimerais me sentir plus prêt, c'est sûr. La meilleure situation aurait été que je fasse un test privé demain.

Marc Márquez

Le moment est venu de piloter à nouveau la moto. C'est une décision qu'on a prise ensemble, avec les médecins, parce qu'ils le sentent et moi aussi. On a fait une longue réunion avec les médecins, et quand la décision a été unanime, on a décidé d'y aller. Au Qatar, la décision penchait plus vers le oui que le non, mais ça n'était pas unanime alors on avait décidé que ce serait non. Ici, le oui était unanime et c'est donc la raison principale pour laquelle je suis ici.

Mais je vais vous répondre comme je l'ai fait à Takeo [Yokoyama] aujourd'hui : je n'ai absolument pas d'objectif ce week-end. Je veux juste rouler. On aura le temps [plus tard] de me mettre la pression pour que je me batte pour des résultats et, je l'espère, pour des victoires, mais pour le moment il s'agit juste de rouler. Je m'attends à retrouver une catégorie difficile, comme je l'ai vu à la TV. Tout le monde dit que ça change, qu'il n'y a plus de motos satellites mais que des motos officielles, ce qu'on peut voir avec le fait que Johann Zarco est en tête du championnat ou l'année dernière avec Morbidelli et Joan Mir. C'est une catégorie difficile, avec les meilleurs pilotes au monde, et je reviens d'une grosse blessure. C'est le moment pour moi de revenir, mais je ne sais pas combien de temps ce retour va me prendre.

As-tu préparé ton retour mentalement pour éviter tout stress ?

Je me suis préparé, mais c'est très difficile à faire. J'aimerais me sentir normal, mais ça n'est pas le cas. J'ai des papillons dans le ventre, et ça n'est pas habituel. La récupération se passe sur deux aspects, le physique et le mental. Physiquement, je me sens prêt. Mentalement, j'ai besoin petit à petit de me sentir à nouveau comme un pilote MotoGP.

Y a-t-il des domaines, physiquement ou mentalement, dans lesquels tu penses être fort ce week-end et d'autres où tu penses que tu le seras moins ?

Bien sûr, je me sens prêt à piloter la moto, mais j'aimerais évidemment me sentir différent. Ces neuf derniers mois, j'ai piloté trois jours et au cours du dernier mois je n'ai pas roulé. Alors il est vrai que ce sera difficile, et j'ai ces interrogations en tête, y compris au sujet de la réaction de mon corps et de mon bras. Mais on pense que c'est le bon moment de franchir cette étape dans ma récupération. Je suis encore en train de récupérer et c'est le bon moment. Est-ce que je me sentirai assez fort ? Je ne pense pas. On est dans la meilleure catégorie au monde, avec les meilleurs pilotes. Ils ont fait une pré-saison normale, deux courses de suite, et ils arrivent ici en disant qu'ils sont très en confiance. Je ne suis pas dans la même situation.

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