Marini militant d'un MotoGP plus beau que jamais, au-dessus de la F1
Souvent aux premières loges cette année, en qualifications comme en course, Luca Marini aime transmettre sa passion pour le MotoGP, un championnat qui l'exalte et qui mériterait selon lui plus de visibilité.
Arrivé en MotoGP il y a un peu plus de deux ans et doté d'un palmarès pour l'heure vierge de victoire, Luca Marini ne fait peut-être pas partie des grandes figures les plus connues de la discipline, de ces champions dont l'aura dépasse le paddock, et pourtant il s'est taillé une stature d'observateur au regard souvent très pertinent sur le championnat.
La popularité de ses points presse, à chaque Grand Prix, ne ment pas : sa voix porte et les discussions avec lui sont souvent intelligentes. Pertinent dans ses analyses, il aime débattre de l'évolution du MotoGP, qu'il s'agisse de règlement, de technique ou d'activations médiatiques.
"Je le vois, et ça me fait plaisir", note le pilote de 25 ans quand Motorsport.com lui fait remarquer le rôle d'interlocuteur recherché qu'il s'est ainsi taillé auprès des médias. "J'ai beaucoup de respect pour toutes les autres personnes et pour tout le travail que réalisent les médias, parce que je pense que c'est quelque chose de très difficile et ils réalisent eux aussi un travail très important pour atteindre les fans. À mon avis, si nous, les pilotes, nous nous impliquons également quand on doit parler avec les journalistes cela nous sert, nous aussi, parce que les fans s'intéressent plus à nous et à notre sport."
"J'essaye de transmettre ce que je ressens et que je vois à tout le monde, parce qu'à mon avis c'est intéressant, c'est beau", souligne Luca Marini. Son sport, il en est passionné, et particulièrement de l'évolution qu'il pourrait connaître. "J'aime beaucoup regarder vers l'avenir", nous explique-t-il. "La moto est une passion qui grandit chaque année en moi. Tous les ans, je suis toujours plus heureux de venir sur les courses parce que je m'amuse énormément et j'aime vraiment ce travail − qui n'est finalement pas un vrai travail. C'est un sport, une passion, un jeu qui s'est mué en travail et il me plaît de plus en plus chaque année."
L'histoire des motos, en revanche, ça n'est pas vraiment sa tasse de thé. "Malheureusement, les motos du passé ne m'ont jamais passionné, ça ne m'a jamais tellement plu", explique-t-il. "Je n'ai jamais été un grand passionné d'histoire de la moto, j'aime regarder le progrès, essayer de voir comment les motos deviendront dans cinq ou six ans, essayer de profiter du présent."
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"Mon passé des motos arrive aux années 2000, avant ça ne m'emballe pas", poursuit celui qui avait trois semaines lorsque son demi-frère Valentino Rossi est devenu Champion du monde pour la première fois, en 125cc. "Avec Vale, ça a clairement été beau. Quand je revois ses courses dans le passé, elles sont toujours belles et amusantes. Mais à mon avis, ce sport est encore plus beau maintenant. Ce qu'il faut, c'est qu'on le fasse arriver jusqu'au public."
Luca Marini dispute sa troisième saison en MotoGP et occupe la sixième place du championnat.
Pourquoi les Grands Prix sont-ils plus beaux aujourd'hui ? "Parce qu'il y a beaucoup plus de compétition. Il y a vingt ans, ils étaient quatre et c'est tout. Aujourd'hui, on est vingt à pouvoir gagner tous les dimanches. À mon avis, c'est quelque chose qui doit être valorisé, et non discrédité en disant que le niveau n'est plus celui d'autrefois", argumente-t-il.
Et Luca Marini incarne cette hausse générale du niveau. Discret, moins remarqué que son coéquipier Marco Bezzecchi qui en est déjà au stade de se battre régulièrement pour la victoire, c'est un bosseur de l'ombre. Poussé par son patron d'équipe à fédérer autour de lui, il tente de combattre les désavantages de sa grande taille pour devenir un pilote MotoGP complet, et sa première partie de championnat a récompensé ces efforts : qualifié une fois sur deux en première ligne, il a décroché deux premiers podiums (un en sprint, un le dimanche) et obtenu sept entrées dans le top 5 en 16 courses.
"Je pense que [le niveau] est nettement plus élevé aujourd'hui, parce qu'à une époque, compte tenu de la manière dont la catégorie était faite, les quatre premiers avaient les meilleures motos et les autres des motos moins performantes. Et même en tant que pilote, on faisait quelque chose de moins, à mon avis. Mais aujourd'hui, chacun de nous a conscience d'avoir une moto pour gagner et donc quand on est à la maison, chaque jour, on travaille pour gagner le dimanche suivant."
"Je trouve ça bien, et je ne comprends pas pourquoi la Formule 1 est autant devant nous en ce moment, alors que quand on regarde une course de F1 c'est très ennuyeux. Quand on regarde une de nos courses, que ce soit le samedi ou le dimanche, c'est riche en émotions ! J'aimerais vraiment que l'on redevienne le meilleur des sports mécaniques au niveau mondial, et j'espère que la Dorna et l'organisation vont pouvoir viser haut parce qu'à mon avis, il ne nous manque rien pour y arriver."
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