Marini : Le MotoGP ? "Je ne suis pas pressé"

Actuellement parmi les favoris en Moto2, Luca Marini ambitionne de rejoindre le MotoGP, et pourquoi pas avec la Yamaha, la moto à laquelle il se sent lié depuis bien longtemps. Mais il le sait : mieux vaut attendre le bon projet pour faire le grand saut.

Marini : Le MotoGP ? "Je ne suis pas pressé"

Alors que la saison 2020 approchait et que le marché des transferts, annoncé explosif cette année, commençait à se mettre en place, le nom de Luca Marini faisait partie de ceux que l'on citait parmi les pilotes Moto2 susceptibles de faire le grand saut vers le MotoGP d'ici un à deux ans. Aujourd'hui, tout est mis sur pause, tant la compétition que les ambitions de promotion de bon nombre de pilotes, qui n'ont pas les moyens de prouver leur valeur en piste. Pour le frère de Valentino Rossi, ce sujet est donc logiquement passé au second plan.

La situation actuelle complique-t-elle les choses en termes d'avenir ? "Franchement, je ne sais pas", répond Luca Marini à Motorsport.com, "mais je pense que tout va être un peu plus bloqué, parce qu'on ne sait même pas si on va réussir à courir en 2020. Il va falloir voir aussi comment la situation va évoluer dans les autres pays par rapport au virus, parce qu'on est très informés sur la situation en Italie mais peut-être qu'elle s'aggrave encore dans d'autres pays, dans lesquels on doit aller courir. Ça va être difficile et il faudra voir ce que vont décider la Dorna, l'IRTA et tous les organisateurs des Grands Prix."

Au vu de la situation exceptionnelle dans laquelle se trouve le monde, et par conséquent le championnat, Marini comprendrait que le plateau reste en grande partie inchangé la saison prochaine. "Si j'étais une équipe MotoGP, j'essaierais de laisser les choses comme elles le sont en ce moment", souligne-t-il. "Franchement, je ne suis pas pressé, j'aime bien le Moto2. Je pense que c'est une catégorie qui progresse énormément, et dont la valeur augmente grâce à la fois au talent des pilotes et au niveau des motos. C'est quelque chose qui me plait beaucoup et c'est important aussi pour mon évolution future. J'ai toujours l'objectif d'aller en MotoGP, c'est certain, mais je dois rester concentré sur le Moto2 et obtenir de bons résultats parce qu'au final ce n'est qu'avec les résultats que l'on peut avancer."

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Malgré sa prudence, Luca Marini ne cache pas son intérêt pour la catégorie reine, un attrait qu'il partage logiquement avec tous les protagonistes du Moto2. À l'entame de sa cinquième saison dans la catégorie intermédiaire, celui qui compte pour le moment trois victoires, et qui a perdu gros au Qatar alors qu'il avait mené la majorité de la course, semble ne vouloir se fermer aucune porte dans l'élite, observant un niveau de compétitivité devenu particulièrement attractif chez les six constructeurs.

"En ce moment, j'ai l'impression que les équipes MotoGP sont toutes très compétitives, il n'y a plus le gouffre qu'il y avait il y a quelques années. De très nombreux pilotes tournent dans la même seconde et toute la grille est contenue en deux secondes, alors toutes les équipes me semblent très fortes en MotoGP", observe-t-il. "Je crois qu'on peut dire la même chose pour les motos. J'ai l'impression que le niveau est maintenant très égalitaire. Elles sont toutes très similaires et très compétitives, alors on peut être performant avec tout type de moto. Par exemple, l'Aprilia semble avoir énormément progressé avec Aleix Espargaró. J'ai l'impression qu'il y a un bon niveau en MotoGP et toute cette compétitivité fait du bien à notre sport parce que cela rend le tout plus amusant pour le public aussi."

Luca Marini, Sky Racing Team VR46

"Si j'en avais l'opportunité, il est clair que j'aimerais passer à la catégorie supérieure avec un projet dans lequel je me sens impliqué et qui me stimule beaucoup, pour essayer de montrer à tout le monde que je suis fort, que je suis rapide, et pouvoir m'amuser en MotoGP. Au final, ce que l'on veut, nous les pilotes, c'est essayer de gagner, se battre pour obtenir des résultats, parce que c'est là que l'on ressent les plus belles émotions. Je pense que ce n'est le rêve de personne de monter dans la catégorie supérieure juste pour dire qu'on est pilote MotoGP. On veut tous essayer d'obtenir des résultats."

Y a-t-il pour autant une moto qui l'a toujours fait rêver ? "Quand j'étais petit, j'allais voir les courses de mon frère et j'étais tout le temps dans le box Yamaha", nous répond le frère de Valentino Rossi. "C'est donc une moto qui me plait beaucoup et que j'ai toujours voulu voir de près et toucher de mes propres mains quand j'étais petit. J'ai clairement de très bons souvenirs liés au team Yamaha."

"Mais Suzuki aussi a un projet incroyable : année après année, ils ont énormément progressé et ils peuvent viser le titre. La Honda est impressionnante, mais pour le moment j'ai l'impression qu'ils sont plutôt bloqués avec Márquez. Ducati développe énormément de choses, ils sont les inventeurs de nombreuses nouvelles technologies en MotoGP et c'est donc clairement un projet italien très fascinant. Sans oublier KTM et Aprilia, parce que désormais toutes les motos sont impressionnantes. Quel que soit l'endroit où l'on va, on ne fait pas d'erreur."

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L'avenir de Rossi ? "On n'en a jamais parlé"

Impossible de parler d'avenir avec Luca Marini sans évoquer celui de Valentino Rossi, qui à 41 ans a une décision majeure à prendre : prolonger son engagement et ainsi rejoindre le team Petronas où il recevrait le soutien officiel de Yamaha, ou bien raccrocher après sa 25e année en Championnat du monde − si tant est que la saison puisse débuter tôt ou tard. Le jeune frère du #46 ne se risquera toutefois pas à orienter les pronostics : "Je n'en ai aucune idée, on n'en a jamais parlé d'autant que c'est un sujet dont je n'aime pas parler avec lui et franchement je n'en vois pas l'utilité."

"Il prendra sûrement sa décision quand il se sentira prêt. Mon avis est qu'il veut sûrement attendre de remonter en selle et de faire quelques courses pour évaluer son niveau, comme il l'a toujours dit", poursuit le pilote. "J'espère qu'il arrivera à être très compétitif et qu'il pourra se battre à nouveau pour la victoire, mais aussi qu'il continuera parce qu'un championnat sans Vale serait différent pour tout le monde. Ce serait un peu étrange, parce qu'il manquerait une pièce très importante."

Propos recueillis par Matteo Nugnes

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