Márquez : "Lorsque nous sommes en course, il n'y a plus d'amis"

Malgré une bonne entente avec la grande majorité du plateau MotoGP, Marc Márquez reconnaît que le fait de ne pas faire de cadeau en piste constitue un prérequis à qui veut jouer le championnat.

Les chiffres sont parfois trompeurs. En dépit de sa confortable avance de 37 points sur Andrea Dovizioso à l'issue du championnat, Marc Márquez aura eu beaucoup de fil à retordre en 2017 pour venir à bout d'une opposition toujours plus organisée.

Oubliée l'hégémonie de 2014, la saison brouillonne dont il avait été exempté lors de ses deux premières années en MotoGP s'est finalement manifestée en 2015. Et s'il a su parfaitement réagir dès 2016, notamment en affinant son approche de la course, ce fut déjà face à une résistance accrue de la part de ses adversaires. Et après des essais de pré-saison qui avait mis en exergue de nouvelles carences de sa RC213V en matière de transmission de puissance au sol – comme en 2016 –, la partie était loin d'être gagnée en mars dernier.

Mais si un duel était bel et bien attendu en 2017, peu avaient prédit qu'il allait l'opposer à Dovizioso, pilote jusqu'ici plutôt discret et qui ne s'était imposé que deux fois depuis ses débuts en MotoGP en 2008.

"Tout est une question de situation", assurait ainsi Márquez en fêtant son titre à Valence, en novembre dernier. "Je viens de remporter le championnat, alors je me sens imbattable. Mais je me souviens de la pré-saison, où Maverick était vraiment très rapide. Tout le monde le voyait déjà Champion du monde, alors que de mon côté en milieu de saison je devais être quelque chose comme 35 points derrière lui [sic]. Mais il nous faut être réaliste. Nous sommes dans un championnat du monde, avec les meilleurs pilotes. Et comme Dovi l'a montré, tout le monde peut gagner."

Des luttes viriles mais correctes en piste

Après la trêve estivale, il est rapidement devenu évident que Maverick Viñales et Yamaha avaient perdu pied, et que la lutte finale allait se circonscrire aux pilotes Honda et Ducati. S'ils entretiennent de bonnes relations dans le paddock, cela n'a pas empêché les deux belligérants de se livrer des batailles sans merci en piste.

"Depuis que je suis arrivé ici, notre relation est bonne", confirme le numéro 93 au sujet de Dovizioso. "Mais quand nous sommes en piste, le combat est là. En Autriche, à Motegi, durant toutes les courses. Mais c'est quelque chose de normal. Nous avons du respect l'un pour l'autre, mais lorsque vous êtes en piste, vous vous battez pour ce que vous voulez. Et ce que tout le monde veut, c'est être le meilleur."

Márquez a en effet fait peu de cas de ses états d'âme en course, notamment lorsque la victoire était en jeu. Si on se souvient facilement de ses tentatives – toutes ratées – de prendre la tête sur Dovizioso dans le dernier tournant du dernier tour au Japon ainsi qu'en Autriche, il n'a par ailleurs pas hésité à priver Danilo Petrucci d'une première victoire dans la catégorie reine, à domicile de surcroît, à Misano.

Un esprit de gagnant qui s'est aussi vu en d'autres circonstances comme en Australie où, à l'issue d'une course folle et marquée par une incroyable intensité et agressivité entre les pilotes, c'est bien lui qui est allé s'imposer pour faire le trou au championnat.

"Certains pilotes l'acceptent mieux que d'autres", reprenait Márquez. "C'est une question de caractère aussi. Mais je comprends que lorsque c'est la course, que nous avons nos casques sur la tête, il n'y a plus d'amis. En dehors de la piste vous pouvez en avoir, mais sur la piste il faut juste attaquer pour votre objectif."

Une approche certes sans concession, mais que le pilote Honda aurait bien tort de revoir au vu de la réussite qui en découle jusqu'ici.

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