Márquez ne croyait pas à la victoire après avoir glissé sur son tear-off
Marc Márquez a perdu beaucoup de temps au départ du GP d'Australie, à cause d'une protection de visière venue se poser devant son pneu arrière. Seulement 13e au premier virage, il ne pensait plus pouvoir s'imposer. Et pourtant...
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Comme samedi, Marc Márquez a perdu beaucoup de temps dès le départ à Phillip Island mais cette fois, il a pu le compenser pour s'imposer et s'offrir sa troisième victoire sur la Ducati. Sa course a bien failli basculer à son arrivée sur la grille de départ : il a retiré une protection de visière mais avec le vent, cette dernière est venue se loger juste devant son pneu arrière. Le pilote a beaucoup glissé en roulant dessus quand il s'est élancé, ce qui l'a fait dégringoler dans la hiérarchie.
"Au final, c'était de ma faute, parce que ce n'est pas une 'règle', mais avec les pilotes, on dit toujours d'éviter d'enlever un tear-off sur la grille, pour soi et pour les autres", a expliqué Márquez au site officiel du MotoGP. "Mais cette fois, sincèrement, je n'avais pas le choix parce qu'en Australie, certains insectes sont super gros."
"En enclenchant le holeshot device à l'avant, il y avait un insecte sur ma visière et c'était comme s'il y avait un film ! Je regardais les feux, je ne les voyais pas clairement et je me disais qu'en arrivant au premier virage, je n'aurais pas le temps [d'enlever le tear-off] donc j'ai décidé de le retirer parce qu'avec le vent, il allait partir, mais il est venu sur ma roue arrière. Sur le moment, je n'ai pas vraiment réalisé. J'ai vu qu'il était là mais je me suis dit 'Ce serait très malchanceux, ça ne peut pas être ça'... Mais c'était ça !"
Après cet épisode "dangereux", Márquez a abordé le premier virage en 13e position mais il a pu sortir des deux premières courbes à la huitième place, sans véritablement comprendre comment il a pu remonter si vite. "Je ne sais pas ce que j'ai fait, il faut que je revoie ça ! [rires]", s'est-il amusé en conférence de presse, alors qu'il pensait être distancé : "Quand j'étais 13e au premier virage, [...] j'ai vu Marini, des Yamaha... Je me suis dit 'Je suis loin, je ne sais pas où je suis mais je suis loin ! Et en deux virages, j'ai retrouvé une bonne place."
Márquez a alors entamé sa remontée. Maverick Viñales et Enea Bastianini ont été avalés dès le premier tour. Dans la quatrième boucle, il a pris l'avantage sur Brad Binder, au moment où Marco Bezzecchi respectait son long-lap. Deux tours plus tard, Franco Morbidelli était sa nouvelle proie et il était déjà troisième, avec seulement Pecco Bagnaia et Jorge Martín devant lui. Il n'avait alors pas de véritable espoir de victoire mais il a pu revenir sur eux.
"Il faut gérer le pneu ici. J'ai décidé de solliciter le pneu, en me disant 'On verra ce qu'on pourra faire'. J'ai beaucoup utilisé le pneu pour revenir dans les premiers tours, pour essayer de revenir sur Pecco, principalement. La deuxième place était mon objectif parce qu'avec Martín, on avait un rythme très similaire, il fallait en avoir plus pour revenir sur lui. Quand j'ai vu Martín, j'ai commencé à réaliser que la victoire était possible et dans les derniers tours, j'ai essayé de tout gérer, l'énergie, toutes ces choses. Dans les derniers tours, j'ai essayé d'attaquer et ça s'est bien passé."
Marc Márquez et Jorge Martín
Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images
Bagnaia et Márquez ont fondu sur Martín après une erreur de ce dernier au premier virage. Bagnaia a immédiatement réalisé un dépassement mais Martín a répliqué et Márquez en a profité pour doubler également l'Italien. Le cap de la mi-course n'était pas encore atteint mais il était déjà deuxième, au contact du leader. Bagnaia n'a pas pu rester avec eux et Márquez a attendu la fin de l'épreuve pour porter une attaque, à laquelle Martín a pu répondre dans la ligne droite principale. Márquez l'a doublé pour de bon quelques virages plus loin, alors qu'il restait moins de trois tours à boucler. La victoire était alors acquise.
"Derrière Jorge, j'ai essayé de prévoir l'attaque pour les quatre ou cinq derniers tours. Je l'ai fait parce qu'il a fait une petite erreur et je me suis dit 'Maintenant, je vais mener la course', je pensais qu'il resterait derrière mais dans la ligne droite, il a pu me doubler à nouveau et quand il l'a fait, je me suis dit 'OK, on doit bien attaquer !'. Je l'ai fait au virage 4. Dans les deux derniers tours, on a utilisé le pneu arrière, on a attaqué un peu plus. On a roulé dans de petits 1'28, des tours très rapides."
Une victoire différente des deux précédentes
Les deux premières victoires de Márquez avec la Ducati avaient été favorisées par les circonstances, entre un asphalte offrant très peu d'adhérence au GP d'Aragón et une courte averse au GP de Saint-Marin. Cette fois, les conditions ne représentaient pas de véritable défi mais Márquez a profité d'un tracé favorable à son pilotage ainsi qu'à sa moto, puisqu'il a été en difficulté dans les gros freinages et les accélérations qui y font suite cette année, sur une GP23 moins efficace que le modèle le plus récent dans ces courbes.
"Quand on a beaucoup de stop-ang-go, avec l'aérodynamique que l'on a maintenant, on ne peut pas faire ce genre de course, mais à Phillip Island, où on n'a pas de gros freinage, on peut bien suivre les autres et c'est l'un de mes points forts dans le pilotage. En fait, derrière Martín j'étais très à l'aise. Je roulais 'facilement'. Ou pas facilement, mais j'étais doux et je gérais tout le temps l'écart, j'ai attendu jusqu'aux derniers tours."
Jorge Martín et Marc Márquez
Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images
"Petit à petit, je suis plus constant", a souligné Márquez. "À Motegi, j'étais aussi très proche de ces deux gars [Martín et Bagnaia], qui sont les plus rapides. Je me sentais également performant dans le sprint à Mandalika, en course aussi. Après Aragón, j'ai cherché cette constance et quand tu l'as, petit à petit, tu gagnes en confiance et ce week-end je me suis dit qu'il fallait prendre des risques parce que c'était l'un des circuits où j'avais une grosse chance de victoire, et on l'a fait."
"Maintenant, il reste trois courses, on va essayer de garder le même niveau qu'au Japon et à Mandalika, en essayant d'améliorer les points faibles et de garder les points forts."
VIDÉO - Le résumé du Grand Prix d'Australie
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