Márquez : La Honda 2022 ne peut pas encore gagner à chaque course

S'il a affiché un gros rythme lors de la course d'Austin, Marc Márquez estime que la RC213V n'est pas encore apte à jouer la victoire à chaque course en raison de certains points faibles.

Marc Marquez, Repsol Honda Team

Lors du Grand Prix des Amériques, Marc Márquez a effectué une incroyable remontée qui lui a permis de terminer sixième après s'être retrouvé dernier dans le premier virage. Sans le souci mécanique qu'il a rencontré au départ, l'Espagnol sait qu'il pouvait aller chercher une victoire, que seule la piste si particulière d'Austin, l'une de ses préférées, pouvait lui offrir. Il estime en effet que la RC213V n'est pas encore en mesure de gagner à chaque Grand Prix.

Après avoir manqué deux courses à la suite du retour de sa diplopie, c'est précisément parce qu'il se sait performant sur le Circuit of the Americas qu'il a tant souhaité revenir de convalescence pour cette ultime manche hors Europe : "Sur un circuit que je connais très bien, je sais exactement quels sont les points faibles de la moto. J'ai déjà poussé auprès de Honda en leur disant qu'ils doivent travailler sur tel et tel point s'ils veulent que nous soyons compétitifs lors des prochaines courses."

"C'est vrai que Pol [Espargaró] pilote bien sur certaines pistes, Nakagami également, mais nous avons des points faibles que nous devons améliorer si nous voulons être réguliers sur toutes les pistes. Maintenant, nous devons comprendre quel est notre niveau sur les pistes européennes, et je ne pense pas que ça soit le niveau pour gagner ou pour se battre pour la victoire à chaque course."

Malgré sa performance, l'octuple Champion du monde s'est fait plusieurs chaleurs pendant le week-end texan, et notamment une dans le virage 10, une courbe qu'il affectionne particulièrement mais qui a mis en avant le point faible majeur de sa Honda selon lui. "Quand la moto commence à bouger, elle ne s'arrête plus", a-t-il expliqué. "Avant, elle commençait à bouger et elle s'arrêtait. Maintenant elle commence à bouger et ne s'arrête pas. C'est ce qu'on a vu au virage 10. Elle a commencé à bouger et a continué jusqu'à la corde. C'est quelque chose qu'on doit examiner."

"Nous avons une moto qui est vraiment bonne sur les freins, mais c'est compliqué de la faire tourner et de comprendre le pneu avant. C'est une moto complètement opposée à celle que je pilotais [à Austin] l'an dernier. Nous roulons avec des réglages complètement différents, mais nous devons comprendre la direction [à suivre]."

Un ADN à (re)trouver

Avec son prototype 2022, Honda a complètement révolutionné sa moto, et celle-ci ne semble pas être encore complètement au point. Néanmoins, les pilotes avaient été enchantés durant la pré-saison de certains de ses changements, particulièrement Pol Espargaró, qui continue pour sa part de les juger appréciables et conséquents car il peut enfin jouer avec l'arrière au freinage.

"La première fois que je suis monté sur la moto, le premier élément a été une chose qui fait partie de mon ADN, le frein arrière", a-t-il déclaré au site officiel du MotoGP durant le Grand Prix d’Argentine. "Je suis arrivé dans le premier virage, qui est un gros freinage en Malaisie, on est sur les gaz avec pas mal de vitesse dans le virage puis il faut ralentir la moto. C'est le moment où par le passé, j'actionnais le frein arrière et je freinais la moto sans utiliser l'avant, et la première fois que j'ai fait ça, j'ai tout mis sur l'arrière et je me suis dit 'wahou, je n'ai pas mis suffisamment de frein arrière, je peux en mettre plus !' La roue arrière était encore là, elle ne se bloquait pas et elle faisait tourner la moto. C'est ma façon de faire. On a l'aérodynamique qui aide encore plus dans ce domaine, on a mis les pièces normales, tout s'est assemblé pour mon style de pilotage, ce dont je me réjouis."

Marc Márquez, devant Pol Espargaró au GP des Amériques

Marc Márquez, devant Pol Espargaró au GP des Amériques

Si le frein arrière fait partie de l'ADN d’Espargaró, Márquez estime pour sa part que ce n'est pas le cas de la RC213V, qui a pourtant évolué en ce sens. Les changements apportés vont à l'inverse du style de pilotage que le #93 avait adopté avec sa machine, et il semblerait qu'après quatre courses, les choses ne soient pas si évidentes pour trouver la bonne voie à suivre au milieu des différents ressentis. "À partir du moment où j'ai essayé cette moto pour la première fois, j'ai plus ou moins compris. Mais ensuite, normalement, il faut faire attention et l'essayer sur différentes pistes", a-t-il prévenu.

"Nous avons commencé à travailler dans une direction que j'aime et nous continuons d'améliorer encore et encore. Il semble que cela soit la direction, mais pas suffisamment. C'est vrai que Honda travaille pour essayer de trouver la façon d'avoir une moto compétitive sur les pistes européennes qui sont plus petites. Il semble que nous ayons besoin de plus de pistes pour faire tourner la moto, pour utiliser l'adhérence arrière, et ce n'est pas l'ADN de Honda. L'ADN de Honda était toujours un style en V, où l'on attaque, où on tourne rapidement et on relève. Il semble qu'aujourd'hui je commence à piloter [comme ça] mais nous sommes encore loin de ce que j'aimerais."

Avec deux pilotes officiels aux pilotages très différents, difficile pour Honda de trouver un juste milieu et de développer une toute nouvelle moto qui convienne à tout le monde. Les absences répétées de Márquez ont contraint le constructeur à aller dans le sens de ses autres pilotes, et désormais l'équilibre ne paraît pas simple à trouver. "C'est important que les autres apprécient ce que je ressens", a déclaré le #93 concernant la direction qu'il demande de suivre et qui a été validée par les trois autres pilotes de la marque à Austin. "Nous avons trouvé le point faible de la moto et Honda doit commencer à travailler dès demain pour l'améliorer en vue des prochaines courses", a-t-il conclu auprès de DAZN.

Avec Vincent Lalanne-Sicaud

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