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MotoGP GP des Pays-Bas

Márquez s'est laissé doubler pour faire monter la pression de son pneu

Marc Márquez a passé toute la course à tenter de gérer sa pression de pneu à Assen, ce qui explique pourquoi il a plusieurs fois laissé passer des pilotes. Il estime que son contact avec Enea Bastianini est finalement ce qui l'a fait sortir de la limite trop longtemps et a provoqué sa pénalité.

Marc Marquez, Gresini Racing

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

Plusieurs manoeuvres de Marc Márquez ont pu surprendre pendant le Grand Prix des Pays-Bas. Alors qu'il était troisième en début d'épreuve, il a fait signe à Fabio Di Giannantonio de le doubler, ce que le pilote VR46 a fait. Quand ce dernier a fait une erreur, Márquez pouvait repasser devant lui mais il a ralenti, permettant à Maverick Viñales de les doubler.

Pourquoi avoir à ce point refusé de mener le groupe ? Márquez avait vu sur son tableau de bord qu'il roulait avec une pression de pneu trop basse, chose qui peut arriver avec le champ libre. Dans le trafic, la température du pneu – et donc sa pression – remonte et l'Espagnol cherchait donc à accumuler les tours avec une pression supérieure à 1,80 bar, le seuil fixé cette année. Il fallait le faire pendant 60% des tours ce dimanche, soit 15 boucles... et Márquez ne l'a finalement été "que" pendant 14 tours.

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Arrivé quatrième – au terme d'une course animée entre un dépassement musclé d'Enea Bastianini, plusieurs passes d'armes avec Di Giannantonio et un avantage repris sur Viñales dans le tour dernier tour – Márquez a donc hérité d'une pénalité de 16 secondes qui l'a relégué en dixième position. L'Espagnol n'incrimine pas son équipe mais plutôt son contact avec Bastianini, qui l'a contraint à ralentir et a fait chuter la température et la pression de son pneu, causant selon lui sa pénalité.

L'infraction était-elle très faible ?

La différence a été de 0,01, pendant un tour... Oui, c'est dommage, mais le règlement est le règlement. La seule chose, c'est qu'on a discuté avec les commissaires, c'est pour ça que la pénalité est arrivée un peu tard. Comme vous l'avez vu en course, j'étais bon au début et soudainement, j'ai vu qu'il y avait quelque chose de bizarre à l'avant, et j'ai vu que la pression du pneu était super faible. J'ai laissé passer Diggia, juste pour contrôler la pression du pneu avant. J'ai été derrière lui toute la course.

 

Je gérais bien, j'étais dans la limite, dans la limite, dans la limite, mais je n'attendais pas le contact avec Enea au premier virage. Il m'a fait passer hors de la piste et en étant hors de la piste, dans ce tour j'ai été une seconde plus lent et je n'ai pas bien attaqué dans les virages 3 et 4, parce qu'on ne sait pas comment sera le pneu après être passé dans le dégagement. [La pression] a encore baissé, elle a mis deux tours à revenir et ces deux tours m'ont fait sortir de ce minimum de 15 tours aujourd'hui.

C'était une erreur collective.

L'équipe a-t-elle fait une erreur ? Avez-vous mal anticipé la fraîcheur du vent ? Es-tu parti avec une pression trop basse ?

C'était une erreur collective. Hier, c'était une erreur de ma part, mais on est une équipe. Aujourd'hui, j'ai essayé de bien contrôler mais la plupart des Ducati étaient vraiment, vraiment à la limite mais c'était super difficile aujourd'hui, parce que c'était nuageux, ensoleillé, nuageux, ensoleillé... La température a baissé de 5°C et ça a tout compliqué. Aujourd'hui, c'était très serré, j'ai bien contrôlé, parce que je leur ai dit que si on avait cette situation, ce serait sous contrôle, mais ce que je ne pouvais pas contrôler, c'était le contact d'un autre pilote qui m'a fait sortir large, revenir, et ensuite la pression était à nouveau trop basse.

Penses-tu que ce contact était trop agressif ?

Sincèrement, je m'attendais à ce qu'on demande à Enea de rendre une position, parce que si on a un contact avec un pilote et qu'il sort de la piste, je m'attendais [à cette demande], pas à une grosse pénalité, et à revenir. Mais il n'a pas reçu de pénalité et j'en ai reçu une pour la température du pneu ! Je suis d'accord avec une tape sur le doigt. La seule chose qui a pris du temps pour les commissaires, c'est qu'ils avaient les données et qu'ils ont vu que la température du pneu a baissé après le contact avec Enea.

 

Comment la pression a-t-elle évolué quand tu as laissé passé Di Giannantonio ?

Aujourd'hui, pas beaucoup. Normalement, c'est beaucoup, mais aujourd'hui, pour une raison ou une autre, je n'arrivais pas à mettre de la température dans le pneu avant, j'avais du mal, mais j'ai pu gérer avec l'arrière. En suivant Diggia, c'était plus haut de 0,1 [bar].

Les commissaires devraient-ils prendre en compte une situation où tu dois ralentir sans que ce soit de ton fait avant d'attribuer une pénalité pour la pression de pneu ?

Ils m'ont dit que ça pouvait être pris en compte pour l'avenir mais actuellement, les règlements sont les règlements. Peut-être que ça pourra changer à l'avenir. Je pense que oui, surtout si quelqu'un te percute et que tu es hors piste. [...] Avec ces motos, si on est 1"5 ou 2"0 plus lent sur un tour, la pression baisse déjà de 0,05 [bar]. Il faudrait [que ce soit pris en compte], mais ce que je leur ai dit, c'est que je devais demander, parce que j'ai été hors [de la limite] à raison d'un contact avec un autre pilote. Ils m'ont dit "Non, c'est le règlement" et j'ai répondu "Je suis d'accord avec vous". Les règles sont comme ça aujourd'hui et je dois l'accepter.

Marc Marquez, Gresini Racing

Marc Márquez a payé le fait d'être en tête de son groupe

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

Au final, qui décide la pression à mettre dans le pneu ? Est-ce une personne de Michelin ?

Non. Michelin peut te donner quelques conseils et après, ensemble, avec tout le staff de Ducati, de l'équipe Gresini – je ne nommerai personne – on décide quelle pression mettre mais Michelin ne peut que donner que des conseils.

Pecco et Jorge avaient-ils des pressions différentes au départ ?

Jorge et Pecco, surtout, étaient un peu au-dessus au début, parce qu'il savait qu'il mènerait. Le problème est quand on part au milieu du groupe. J'étais troisième, en tête du groupe, alors qu'on s'attendait à ce que je sois au cœur du groupe dans les premiers tours. Quand on sait qu'on va mener la course et qu'on est plus rapide sur un circuit, on peut utiliser la même pression que pendant les essais. C'est tout.

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