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MotoGP GP de Catalogne

Márquez peine à croire à sa résignation alors que les Honda sont dernières

Nettement distancé par les motos les plus rapides à Barcelone, Marc Márquez s'en tient à la mentalité conservatrice qu'il a adoptée après avoir subi une série de chutes, même s'il admet qu'il ne se serait jamais imaginé dans une telle situation.

Marc Marquez, Repsol Honda Team

Le classement du premier jour du Grand Prix de Catalogne fera sans doute date : alors qu'Aprilia a déjà battu le record de la piste, toutes les motos japonaises sont réunies aux dernières places, les deux Yamaha devant les quatre Honda.

Le manque d'adhérence chronique de la RC213V et le profil du circuit de Montmeló, avec ses longs virages obligeant à peu redresser les motos et un bitume lui-même pointé pour son faible grip, semblent former une association maléfique qui plonge la RC213V au plus bas. "C'est une piste où on manque d'adhérence tous les ans", rappelle Joan Mir. "Les virages sont très longs et il faut garder la vitesse, rester sur l'accélérateur, et c'est le domaine avec lequel j'ai le plus de mal. C'est le plus gros problème cette année donc cette piste expose un peu le pire aspect."

"J'ai été un peu choqué. À ma première sortie, ce matin, j'avais zéro grip", a admis Takaaki Nakagami au moment de résumer sa journée auprès du site officiel du MotoGP. "Et avec des conditions plus chaudes et la gomme déposée par les Moto2 en piste, [cet après-midi] il y avait encore moins de grip que ce matin et on a eu beaucoup de mal. La moto est très difficile à arrêter car on n'a pas de grip à l'arrière et ça ne tourne pas. En traction aussi, ça patinait à la folie. On a clairement compris quel était le problème, mais pour le moment on n'a pas d'idées pour le résoudre."

On se demande en effet où s'arrêtera la pente descendante sur laquelle se trouve actuellement Honda, tant les solutions semblent manquer. Or, il reste une moitié de championnat à disputer.

Premier pilote de la marque à l'aile dorée vendredi, Marc Márquez occupe un 19e rang des plus modestes, à une seconde et demie du leader. Sept dixièmes plus loin, on trouve Takaaki Nakagami, puis vient Iker Lecuona, remplaçant ponctuel d'Álex Rins, tandis que Joan Mir, qui fêtait hier son anniversaire, a obtenu la dernière place, à 2"3 du meilleur temps.

Auteur de trois poles et de trois victoires sur cette piste, qui accueille son épreuve à domicile, Márquez aurait de quoi tout envoyer valser à la vue d'un tel classement. Mais c'est avec un certain sang froid qu'il accueille ce tir groupé des motos japonaises. "Ça veut dire qu'il faut qu'on continue à travailler", réagit le pilote espagnol. "J'essaye juste de regarder mon propre cas. Ça a été une journée difficile et c'est vrai que les quatre dernières motos sont les nôtres, mais j'essaye de travailler au mieux et de bien piloter, et d'un point de vue personnel je me sens bien quand je pilote."

"J'ai essayé plusieurs choses sur la moto", indique-t-il auprès du site officiel du MotoGP. "À titre personnel, j'ai la sensation de bien piloter, mais il est vrai que la performance n'est pas là. Je me sens bien sur la moto et je pilote bien. On a beaucoup de problèmes, mais au final, il faut que je pense à moi et je me sens bien, alors je suis prêt à essayer de comprendre de nouvelles choses demain et d'identifier la voie à suivre pour l'avenir."

Marc Márquez, premier pilote Honda après les essais de vendredi, à une seconde et demie du leader.

Alors qu'il a subi sa 17e chute de la saison pendant les essais de la matinée, il avoue avoir fait "la même erreur qu'en Autriche" en passant d'un package aéro à un autre, quitte à perdre ses repères. Mais c'est surtout la configuration de la piste qui explique, selon lui, l'ampleur du retard. "C'est dans les longs virages qu'on perd", pointe-t-il. "Si on arrive à appliquer le style stop-and-go et à bien redresser la moto, c'est acceptable, on peut alors un peu gérer le problème et freiner plus tard. Mais quand il y a des virages longs, comme dans le deuxième secteur, on perd six dixièmes − rien qu'en trois virages. […] Sur le reste du circuit, ce qu'on perd est acceptable."

Si vous m'aviez dit il y a trois mois que j'aurais cette mentalité, j'aurais pensé : impossible, ce n'est pas moi !

Marc Márquez

"S'accrocher" en attendant des jours meilleurs

Le champion espagnol a beau avoir débuté la saison plein d'énergie après avoir récupéré des multiples opérations du bras qui l'ont affecté pendant trois ans, sa bonne volonté s'est vite heurtée au niveau de la Honda, puis aux chutes qu'il a commencé à cumuler et dans lesquelles il s'est encore blessé. Depuis le mois de juin, Márquez a changé d'attitude, affichant désormais pour priorité de prendre la piste en limitant sa prise de risques, dans le but de servir au développement de la Honda, seule solution pour sortir du trou.

Comment vivre une telle situation ? "Il faut essayer de travailler dans sa tête, travailler sur sa mentalité, sa passion, essayer de travailler différemment, en se concentrant sur le stand, sans regarder les résultats. Juste aller en piste et comprendre les tours, les cartes, sans regarder les positions."

Une technique de l'autruche qui a sans doute ses limites. Avec en ligne de mire le très attendu test de Misano, qui aura lieu le 11 septembre et où il pilotera la première version de la Honda 2024, la question est de savoir combien de temps Marc Márquez arrivera à tenir avec cette mentalité qui va à l'encontre de son ADN.

"C'est la question", admet-il. "Il n'y a rien d'autre à faire que s'accrocher. Quand on est si loin, c'est très facile de se relâcher et de perdre cette tension. Mais je ne veux pas la perdre et j'essaie de pousser ponctuellement dans le week-end, comme à la fin de la deuxième séance. C'est ce que je dois faire en ce moment."

"Si vous m'aviez dit il y a trois mois que j'aurais cette mentalité, j'aurais pensé : impossible, ce n'est pas moi ! Mais en fin de compte, il faut chercher une solution pour ne pas se ronger les sangs. Sinon, c'est invivable", ajoute le #93.

"Pas surpris" de voir les Honda réunies en bas de classement, Joan Mir affichait vendredi soir la même apathie que son coéquipier, entre manque d'ambition et résignation face à des résultats qui, aujourd'hui, ne pourront pas arriver. "Je n'ai pas pu trouver des réglages me permettant d'être à l'aise pour attaquer sur un tour, je n'ai pas vraiment pu donner 100% parce que je ne le sentais pas", expliquait le Champion du monde 2020. "Si je peux trouver un petit plus [samedi], j'attaquerai, mais [vendredi] j'ai préféré ramener la moto au garage et c'est tout. C'est un peu ça. Demain, on va essayer de faire un pas en avant et on verra ce qu'il se passera. Je suis certain que ce sera dur."

Avec Vincent Lalanne-Sicaud

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