Márquez a révélé tardivement la réalité de son épaule à Ducati
Ducati a publié la vidéo du moment où Marc Márquez a annoncé à son équipe qu'il devait aussi être opéré de l'épaule droite après sa chute au GP de France. L'Espagnol a voulu cacher la réalité de la situation aussi longtemps que possible.
Photo de : Marc Fleury
Au cours des dernières semaines, Marc Márquez ne voulait plus évoquer dans le détail l'état de son épaule droite. Après une fracture au GP d'Indonésie l'an passé, il a manqué la fin de saison a encore ressenti des limites cette année, mais à Jerez en arrivant au Mans, il fuyait le sujet.
"Ça va", se contentait-il de répondre en Espagne, en évoquant des progrès. "Je me suis déjà sorti de situations bien pires", a-t-il ajouté au Mans.
La réalité a pourtant éclaté après la chute du sprint. Márquez s'est fracturé le cinquième métatarse du pied droit, ce qui a mis fin à son week-end et le privera du déplacement à Barcelone. Cette blessure a aussi été l'occasion de révéler ce qui clochait sur son épaule droite.
Une vis, présente dans son bras avant la blessure de l'an passé, se déplaçait depuis la chute de Mandalika, et venait toucher le nerf radial, ce qui lui causait des douleurs quand il était sur sa moto. Une opération était prévue après le GP de Catalogne et a finalement été effectuée dimanche.
Márquez ne cachait pas cette situation qu'à la presse et au public, mais aussi à une grande partie de son équipe. Après chaque Grand Prix, Ducati publie une vidéo sur les coulisses du week-end sur YouTube, et dans celle du GP de France, elle prend la forme d'un document aussi rare qu'exceptionnel, puisqu'on y voit le moment où l'Espagnol a expliqué la situation dans le garage, après avoir été examiné pour son pied au centre médical.
"Je n'ai rien dit", a reconnu Márquez avant de fondre en larmes, en confirmant pourquoi il restait muet sur le sujet. "Ils en savent tous les deux un peu plus", a-t-il précisé, en référence à quelques membres du garage qu'il avait informés, dont visiblement son chef mécanicien.
"Je leur ai demandé de ne pas le dire, de garder le secret parce que je voulais disputer le week-end sans y penser, ou sans avoir de questions sur ça. Mais c'est vrai que ça ne fonctionne pas, vous pouvez le voir dans les données."
Marc Márquez, après la lourde chute du sprint.
Photo de: Marc Fleury
Marc Márquez a expliqué à son équipe la cause du problème au niveau de son épaule, qu'il a lui-même découverte en passant des examens entre Jerez et Le Mans : "Il y a une vis qui me cause des problèmes sur un nerf. Ça part et ça revient."
"Je comprends ce qui m'arrivait", a-t-il ajouté. "On ne peut pas piloter une moto on et off. Je savais ce qu'il se passait. […] C'est pour ça que l'opération était prévue après le GP de Catalogne. Je pilote avec un bras et demi. Il faut comprendre si on peut juste faire une opération, manquer la course en Catalogne."
"Il faut enlever la vis cassée. Ils disent qu'elle a bougé dans la chute en Indonésie. J'ai passé des examens après Jerez, je sentais que quelque chose n'allait pas. En fait, quand je suis sur la moto, pas [dans une position normale] mais en position de pilotage, cette vis cassé a bougé après la blessure en Indonésie et elle touche le nerf. Le nerf contrôle ces trois doigts et tout mon bras."
Je suis à une demi-seconde de mes limites.
Márquez a ainsi pu expliquer à Ducati pourquoi ses performances étaient inconstantes ces derniers temps : "Ça m'enlève de la force. [Vendredi], dans le time attack, quand vous m'avez demandé ce qu'il se passait dans ce virage… Je savais ce qu'il se passait dans ce virage, 'Tac'. Et la même chose [samedi matin]. Tout va bien pendant quelques tours, puis pas trop pendant quelques tours. Je [pilote] avec mes jambes, mais quand on se relâche un peu…"
"Je n'ai rien à prouver", a-t-il ajouté. "Je peux être rapide, j'ai été le plus rapide en Q1 ! Je peux être rapide. Le problème est que je suis à une demi-seconde de mes limites. Puis j'essaie… C'est très difficile. Je voyais que j'avais des chutes que je ne comprenais pas. Je n'attaque pas, je ne suis pas à la limite. À Jerez, je suis entré dans le virage, j'ai perdu l'avant. Je ne peux pas attaquer sur la moto."
Présent dans le garage, Gigi Dall'Igna, directeur général de Ducati, a répondu à Márquez qu'il comprenait la situation et que sa santé devait passer avant tout. "Je l'ai appris", a réagi Márquez. "C'est pour ça que j'étais prudent ce week-end."
Dall'Igna a insisté sur le besoin de ne pas trop en faire. "Merci. Merci à toute l'équipe pour le soutien", a conclu Márquez, applaudi par les membres de Ducati, avant de quitter le garage, à cloche-pied en raison de sa seconde blessure. La durée de sa convalescence est encore inconnue, seule son absence à Barcelone ayant été confirmée.
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