Márquez n'a rien pu faire face à Bagnaia : "J'ai tout tenté"

Marc Márquez a hésité à prendre des risques face à Pecco Bagnaia au GP d'Aragón. Finalement très agressif dans ses sept tentatives de dépassement en fin d'épreuve, il n'a pas pu battre le pilote Ducati.

Márquez n'a rien pu faire face à Bagnaia : "J'ai tout tenté"

Après le succès du Sachsenring, Marc Márquez a décroché son deuxième podium depuis son retour à la compétition au Grand Prix d'Aragón, au terme d'un magnifique duel dont Pecco Bagnaia est sorti vainqueur. Parti quatrième, le pilote Repsol Honda s'est défait de Fabio Quartararo dès l'extinction des feux et il a doublé Jack Miller à la sortie du premier virage. Il a passé l'essentiel de la course dans la roue de Bagnaia, préférant attendre les trois derniers tours pour tenter une attaque.

À sept reprises, il a plongé à l'intérieur pour tenter de prendre l'avantage, mais le pilote Ducati a pu répliquer à chaque fois. Sa dernière attaque, au virage 12, s'est conclue sur un passage dans la zone de dégagement, synonyme de deuxième place sous le drapeau à damier. Márquez estime qu'il était tout simplement impossible de battre Bagnaia ce dimanche.

"J'ai essayé d'analyser où il était rapide et ses points faibles, mais il n'en avait pas un seul", a expliqué l'Espagnol en conférence de presse. "Il était rapide sur toute la piste. Je me suis souvent battu face à [Andrea] Dovizioso. Pecco était comme lui mais avec plus de vitesse en courbe. Je me suis demandé où le doubler. Je n'ai pas trouvé un endroit parce qu'il freinait plus tard que moi. Il freinait mieux et accélérait mieux."

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"J'étais juste légèrement meilleur dans certains freinages sur le côté gauche. J'avais beaucoup de mal sur le côté droit. J'ai essayé, mais j'étais un peu à la limite. À chaque fois, il repassait devant avec une bonne vitesse. J'espère que les supporters ont aimé la bagarre. C'était une belle course. J'ai pris beaucoup de plaisir sur la moto. J'ai plus souffert que pris du plaisir, mais ce soir, ça sera bien de revoir la course avec une pizza !"

Encore limité par son bras droit, Márquez a soigneusement choisi les endroits où il portait ses attaques : "J'ai attaqué au virage 1 et au 5. Je voulais au 7 mais je n'ai porté aucune attaque dans les virages sur la droite parce que je ne me sentais pas bien. Je ne pouvais pas entrer comme je le voulais. Je l'attaquais toujours dans les virages sur la gauche. Mon but était de le doubler au virage 15 mais je me suis dit que je l'avais fait deux fois et que s'il rentrait plus tôt, ça serait dur à contrôler. Je ne l'ai fait qu'une fois au virage 12, parce qu'on peut facilement partir à la faute et ça a été le cas. J'ai freiné trop tard. Dès que l'arrière a glissé, je suis sorti de la trajectoire."

"C'est très dur de se battre face aux pilotes Ducati parce qu'ils freinent très tard et qu'ils accélèrent très bien, et il était très bon", a ajouté Márquez. "Pecco a roulé à la perfection, il a fait un travail incroyable. J'ai tout tenté."

Même s'il est déçu de ne pas avoir pu battre Bagnaia, Márquez se réjouit de cette performance après deux abandons sur chute et d'autres erreurs qui ont émaillé les derniers week-ends de course. Alors qu'il était sur le point de décrocher ce qui n'est que le deuxième podium d'un pilote Honda cette année, il a hésité à se lancer à corps perdu dans un duel qui pourrait mener à une nouvelle erreur, avant de retrouver son instinct de chasseur.

"C'était bien et toute mon équipe, tout mon entourage m'ont aidé à piloter comme ça. C'est dur. Je restais sur deux chutes consécutives [en course]. Je suis tombé trois fois à Silverstone, deux fois ici. J'ai beaucoup de mal cette saison mais je tente quand même. C'est mon caractère. Il y a des hauts et des bas mais c'est ce qu'il faut pour redevenir le Marc d'avant."

"C'est sûr qu'il y avait de la pression et que l'approche de la course, avant le départ, était difficile", a-t-il détaillé. "Tout d'abord parce qu'on sort d'une situation difficile et que ce n'est pas facile, on n'a pas la même confiance quand on tombe deux fois. Je n'ai pas compris la deuxième chute [du week-end], par exemple. J'ai essayé de prendre un bon départ et je savais que je si je faisais une petite erreur avec le pneu avant, je perdrais l'avant et je tomberais encore."

Pour moi, c'est un podium important, surtout mentalement, parce que quand on travaille dur et que les sensations ne sont pas là, que j'ai toujours mal et que les résultats ne sont pas là... Je suis humain, c'est difficile.

Marc Márquez

"J'ai essayé d'être très précis. Avant de tout donner dans la dernière attaque, j'ai réfléchi à ça. Je me suis dit 'Ok, une deuxième place est bonne, il faut peut-être pas attaquer' parce que Pecco était très bon, il ne faisait pas d'erreurs et je ne savais pas où l'attaquer. Mais j'ai tout oublié et je me suis dit 'Je suis Marc, j'essaie' et c'est ce que je fais. J'ai tout tenté jusqu'au bout, même en sachant que si on arrivait ensemble dans le dernier tour, il me doublerait dans la ligne droite opposée. C'est ce que j'ai fait, je pense que mon équipe est contente, moi aussi."

Ce podium apparaît comme une parenthèse enchantée pour Márquez, après d'importants efforts pour retrouver sa condition physique et plusieurs déconvenues, mais avant des courses qui s'annoncent difficiles : "C'est une motivation supplémentaire", a expliqué le #93 au site officiel du MotoGP. "L'équipe et Honda donnent énormément. La motivation est toujours très élevée. Ils veulent toujours plus. Mais pour moi, c'est un podium important, surtout mentalement, parce que quand on travaille dur et que les sensations ne sont pas là, que j'ai toujours mal et que les résultats ne sont pas là... je suis humain, c'est difficile. Mais c'est une deuxième place importante."

"À Misano, on va retrouver notre situation. Aujourd'hui, j'ai eu du mal dans certaines parties du circuit, je sais lesquelles, et il y a des choses similaires à Misano, qu'on va essayer de bien gérer, sinon on pourra facilement perdre l'avant et chuter."

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