Martín fait son mea culpa mais mais se défend : "Je n'ai rien fait de fou"
Jorge Martín est revenu sur la chute du GP de Hongrie et les critiques reçues par la suite. Le Madrilène réitère ses excuses mais apporte une certaine nuance, en défendant sa manœuvre avant le premier virage.
Photo de : Gold and Goose Photography / Getty Images
Jorge Martín se prépare à aborder un GP de République tchèque très influencé par son court GP de Hongrie, puisque sa course principale sera compromise par un double long-lap, reçu en raison de sa responsabilité dans l'accrochage du départ.
Très vite, Martín a présenté des excuses, alors qu'il devait faire face aux critiques de son patron chez Aprilia, Massimo Rivola, mais aussi de Fabio Di Giannantonio, l'un des pilotes envoyés à terre, avec Marco Bezzecchi et Raúl Fernández.
Mais Martín a aussi pu compter sur le soutien de plusieurs pilotes, qui ont mis en avant l'asphalte très glissant du Balaton Park et le danger suscité par le variateur de hauteur, dont l'utilisation au départ sera proscrite à partir du GP de Grande-Bretagne.
Martín n'avait pris la parole qu'à travers les réseaux sociaux après la chute en Hongrie. Ce jeudi à Brno, il est revenu sur l'incident face aux journalistes présents sur place, dont les reporters de Motorsport.com. La dynamique de la chute, son agressivité, les critiques de Rivola et sa relation avec Bezzecchi : le champion du monde 2024 ne s'est défilé face à aucune question.
Quel est ton regard sur la chute du Balaton Park ?
La première chose, c'est que je tiens à présenter mes excuses à tous les pilotes et constructeurs impliqués. C'est la première chose à laquelle j'ai pensé. On l'a vu sur ma photo [sur les réseaux sociaux], qui était liée au chaos que j'ai créé. En tant que pilote, on ne veut jamais vraiment tomber, je ne veux jamais percuter d'autres pilotes, et encore moins après ce que j'ai vécu l'an passé. Je ne veux vraiment blesser personne.
J'avais vraiment mal après ce dimanche. Mentalement, j'ai eu beaucoup de mal à accepter ce qu'il s'est passé. Maintenant, à froid, je comprends que c'est la course, que ça peut arriver. Pour moi, l'important est d'apprendre de mes erreurs, d'essayer de devenir un meilleur pilote et une meilleure personne. C'est tout.
Jorge Martín a immédiatement pris des nouvelles des pilotes qu'il avait fait tomber au GP de Hongrie.
Photo de: Gold and Goose Photography / Getty Images
Que s'est-il passé ? As-tu commis une erreur ?
Oui. Sincèrement, je pense ne rien avoir fait de bizarre. Dès que j'ai touché les freins, j'ai perdu l'avant donc je les ai un peu relâchés. Dans ce virage en première, dès que j'ai relâché [les freins], j'étais beaucoup plus rapide que les autres. J'ai essayé de freiner de nouveau et j'ai un peu plus perdu l'avant. Puis j'ai totalement perdu le contrôle.
J'espérais encore pouvoir reprendre le contrôle mais c'était impossible. C'était vraiment une chute effrayante. Heureusement, personne n'a de grosse blessure et on pourra tous rouler ici.
L'asphalte a-t-il joué un rôle ?
Oui, absolument. L'asphalte était vraiment désastreux au premier virage. C'est amusant : en Commission de sécurité, je disais "Il faut mettre de plus grosses pénalités si quelqu'un tombe au premier virage !". J'étais le premier à ne pas vouloir que ça arrive mais c'est la course et il faut apprendre de ses erreurs.
As-tu été surpris par la dureté des commentaires de Massimo Rivola ?
Au final, c'est son opinion. Je ne peux pas partager l'opinion de tout le monde. Chacun se fait son avis. Comme je l'ai dit, j'étais le premier à ne vouloir percuter personne. Je suis vraiment désolé pour les équipes. Je veux juste apprendre de cette erreur.
Mais c'est la course : parfois, je le fais, parfois quelqu'un me le fait, parfois des pilotes peuvent en percuter d'autres. Pour moi, ce qui est important, c'est d'apprendre et heureusement, il ne s'est rien passé d'important.
Jorge Martín a perdu le contrôle de sa moto au freinage au départ en Hongrie.
Photo de: Ferenc Isza / AFP via Getty Images
Qu'as-tu appris ?
J'ai appris qu'il fallait peut-être freiner deux mètres avant. Comme je l'ai dit, je n'ai rien fait de fou, je ne voulais pas doubler. Mais la prochaine fois au Balaton, je serai encore plus prudent.
En tout cas, je ne perdrai pas mon instinct, je ne perdrai pas ma faim, et j'essaierai toujours de doubler autant de pilotes que possible au premier virage, parce que c'est mon instinct, et je continuerai à le faire. Le jour où je sentirai que je perds ça, je resterai chez moi.
J'ai appris qu'il fallait peut-être freiner deux mètres avant.
Depuis Le Mans, tu as connu plusieurs chutes à Barcelone, un podium au Mugello et cette nouvelle chute. Cela fait beaucoup de hauts et de bas...
Si je mets les choses en perspective, Montmeló a été dur mais sans le drapeau rouge, j'aurais été sur le podium. Donc je mets ça de côté. Le Mugello a été presque parfait. Au Balaton, c'était plutôt acceptable. Je n'étais pas le plus performant, disons que ce n'était pas mon meilleur week-end, mais je pouvais faire un top 4 ou peut-être un podium. Je ne veux pas vraiment dire 'Je tombe trop' ou des choses de ce genre.
C'est sûr que je ne veux pas tomber parce que je peux me blesser, je dois peut-être avoir un peu plus de marge pendant les essais pour mieux comprendre les choses. Mais quand le moment est venu d'attaquer, il faut le faire, comme toujours, parce que j'ai la vitesse et que la moto fonctionne très bien. Je veux toujours progresser et je vais analyser certaines choses, mais il n'y a pas de quoi devenir vraiment nerveux, selon moi.
Jorge Martín souffre encore du dos après la chute du Balaton Park.
Photo de: Gold and Goose Photography / Getty Images
Physiquement, es-tu à 100% ?
Je ne sais pas si je suis à 100%. J'ai mal au dos, j'espère que ça ne sera pas vraiment important. Les médecins vont m'aider avec la douleur. Rien de nouveau cette saison !
As-tu échangé avec Marco depuis l'incident ? Quelle est votre relation maintenant ?
Je pense qu'il faut être plus unis que jamais parce que si on est l'un contre l'autre, on se tirera une balle dans le pied. Ça n'aurait pas de sens. Il faut être intelligent, je serai intelligent. J'ai discuté deux fois avec Marco après la course. C'était évidemment difficile sur le moment. J'ai discuté avec Massimo aujourd'hui. Je pense que nous sommes d'accord. C'est différent d'il y a deux semaines et tout va dans la même direction.
Penses-tu que le retrait du holeshot device au premier virage pourra faciliter les choses ?
Je pense que oui, je pense que ça va aider. C'est difficile de comprendre exactement dans quelle mesure ça va améliorer les choses. Mais par exemple, dans le tour de chauffe, sans utiliser le variateur de hauteur, on a des sensations sur l'avant. Et au départ, dès qu'on freine, tout est très bizarre et c'est très difficile d'arrêter la moto. J'espère que cela va améliorer la sécurité.
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