Maverick Viñales dévoile les coulisses de ses entraînements avec Jorge Lorenzo
Maverick Viñales raconte un hiver d'entraînement intensif, poussé dans ses retranchements par son nouveau coach Jorge Lorenzo.
C'est le binôme que l'on n'attendait pas, et qui a pourtant peuplé les réseaux sociaux de tout passionné de moto cet hiver au gré d'innombrables séances d'entraînement. Devenu coach de Maverick Viñales, Jorge Lorenzo a mis les petits plats dans les grands pour accompagner son pilote dans la préparation, notamment en piste, du championnat à venir.
Le pilote Tech3 a donné l'impression de ne presque pas descendre de moto, multipliant les exercices techniques, qu'il vente ou qu'il pleuve, sous le regard exigeant du quintuple champion du monde. Lorsqu'il s'est présenté face à la presse, dont Motorsport.com, pour la présentation officielle des équipes KTM, mardi, Viñales a longuement répondu aux nombreuses questions que ce partenariat a suscitées.
Comment s'est passé l'hiver ?
Cette année, pendant l'intersaison, je me suis beaucoup concentré sur les détails techniques, en particulier sur mon pilotage, en essayant de faire des changements, de me donner un coup de boost, de découvrir tout le talent et tout le potentiel que j'ai. Ça a été fantastique de comprendre que j'ai encore une marge de progression, c'est toujours agréable. J'aurais aimé le découvrir quand j'avais 18 ans, je serais probablement un bien meilleur pilote, mais quoi qu'il en soit, il n'est jamais trop tard.
Je profite pleinement de cette période, je profite à fond de cette expérience et je me donne au maximum pour essayer d'arriver au test en ayant un bon niveau, pour ensuite donner les bonnes indications pour le développement de la moto, et surtout pour avoir une bonne moto pour la première course. Mon objectif est d'arriver à la première course en ayant l'opportunité de tirer le maximum du potentiel de notre KTM.
Comment est née ta collaboration avec Jorge et qu'en attends-tu au juste ?
Pour être honnête, ce que j'attends, c'est d'améliorer mon côté technique sur la moto. Ce serait difficile de changer de style de pilotage, car tout est déjà automatique pour moi, mais avoir quelques astuces sur comment gérer l'accélérateur ou comment freiner, ou encore l'expérience de Jorge en course, l'expérience d'un champion de longue date, je pense que ça, c'est vraiment la clé pour passer le prochain step pour moi.
Je m'entraîne très différemment par rapport aux autres années. Vraiment très différemment, c'est une tout autre façon de préparer la saison. Si je veux qu'il se passe quelque chose, je dois faire quelque chose de différent. Et cette année, j'ai fait quelque chose de très différent. Je roule beaucoup, surtout dans les pires conditions possibles, ce que j'évitais auparavant. Je pense donc avoir fait un pas en avant, notamment dans les conditions difficiles.
Après, Jorge apporte évidemment [le fait d'être] très affirmé pour s'entraîner dans le but d'atteindre un objectif, et pas seulement pour faire des tours, ce qui est important, je pense. Ça aussi, c'est quelque chose que je faisais : je faisais de longs runs, j'essayais de comprendre, mais je ne travaillais jamais dans un domaine particulier. Avec Jorge, on se concentre beaucoup sur chaque centimètre de la piste. Je pense donc que quand il sera au circuit, comme lors du test de Sepang ou de la première course, ce sera bien, car il est capable de vraiment voir les bonnes choses de l'extérieur.
Est-ce qu'il t'a approché, ou bien c'est toi qui es allé le chercher ?
Pour moi, c'était quelque chose de normal. Après ma victoire à Austin [en 2024], il y avait eu quelques discussions, mais je n'ai pas pu le faire [quand j'étais] chez Aprilia. Et après ma blessure, j'ai senti que c'était le bon moment pour le faire. Donc on a pris contact et on a entamé ce processus. Tout dépendait de l'évolution de mon épaule après la blessure, mais tout s'est bien passé et on a donc pu travailler très dur dès le début.
Est-ce que cela signifie qu'Aprilia avait bloqué ce partenariat entre vous ?
Absolument pas, Aprilia n'a rien bloqué. Je pense que quand vous faites venir un gars comme Jorge, c'est un plus pour l'équipe. On sait bien que Jorge a beaucoup de qualités, et j'en profite. Non, c'était une question liée à ma famille, parce qu'en 2024, ma fille était très jeune, elle n'avait même pas un an, donc il fallait que je prenne soin d'elle et que j'aide ma femme. J'ai une vie en dehors de la moto et, avant, c'était parfois un peu plus difficile. Mais maintenant, je suis suffisamment confiant, les filles sont un peu plus grandes et c'est beaucoup plus facile pour moi. Je peux donc vraiment me consacrer 24h/24 au MotoGP.
Est-ce que Jorge va t'accompagner sur les courses ?
J'espère, oui. Au début, sûrement, et ensuite je pense qu'il sera tellement excité qu'il va venir à toutes les courses !
Jorge m'a poussé à sortir par tous les temps, même quand je n'avais pas envie de sortir.
À l'annonce de votre collaboration, beaucoup de personnes ont estimé que vos deux gros caractères n'allaient pas s'accorder. Avez-vous déjà traversé des moments un peu difficiles ?
En gros, on travaille et ensuite on profite. Mais on travaille surtout ! Pendant cette saison hivernale, Jorge m'a poussé à sortir par tous les temps, même quand je n'avais pas envie de sortir. Je pense que c'est la clé de cette relation, parce qu'il est fort. Je me souviens d'une fois où la piste était vraiment très, très mouillée, et c'était la première fois que j'allais rouler sur le mouillé après ma blessure, sous la pluie. Donc j'étais prêt à rentrer chez moi et à revenir le lendemain. Mais non, Il m'a fait rouler. Ce genre de choses libère beaucoup de potentiel, c'est très important. Je pense que Jorge va m'apporter l'intensité dont j'avais besoin en dehors de la MotoGP.
Notre relation est fantastique, franchement on s'amuse beaucoup. Ça me surprend moi aussi, car je connaissais un autre Jorge dans le passé. Et nos derniers mots n'avaient pas été très agréables ! Donc je m'attendais à autre chose, mais on s'amuse bien. Je pense qu'il est dans une autre période de sa vie et qu'il apprécie maintenant de revenir à la moto, et ce d'autant qu'il voit que je me donne au maximum. Je pense que c'est la clé.
Maverick Vinales et Jorge Lorenzo
Photo de: Jorge Lorenzo
Ce travail avec Jorge a aussi débloqué une présence beaucoup plus forte de ta part sur les réseaux sociaux. Ça vient de lui ?
Je pense que c'est quelque chose de très important de nos jours, et qui prend chaque jour davantage d'importance, alors on doit tous y travailler. C'est très important. Si vous voulez devenir une personnalité publique majeure, vous devez travailler dans tous les domaines. Je trouve donc que dans ce domaine, il a fait un travail fantastique, car il apporte beaucoup de contenus dont je ne me souciais pas auparavant, je ne fais même pas de vidéos. Or, il est capable de m'entraîner et de filmer aussi, alors il fait du bon boulot !
Quand Jorge était à son meilleur niveau, il était assez similaire à toi quand tu es à ton meilleur niveau également, c'est-à-dire un pilote doux, fort en qualifications et qui aime mener la course. Est-ce que cela a joué dans ta réflexion ?
L'une des clés réside dans son expérience pour pouvoir arriver plus rapidement aux choses, sans trop se disperser. Mais j'ai également trouvé qu'il était extrêmement doué, surtout parce que quand je suis passé chez Yamaha, je suis monté sur sa moto, et elle me convenait vraiment bien. Donc pour moi, il est vraiment doué pour comprendre la moto et pour voir de l'extérieur ce dont vous avez probablement besoin.
On a fait beaucoup d'essais avec des motos de route, et je pense qu'il a de très bonnes idées pour vraiment extraire le maximum de mon style de pilotage. Effectivement, il y a quelques similitudes, c'est certain. Je suis un peu plus agressif sur les freins, mais notre fluidité dans les virages est similaire. Donc il va probablement aussi avoir de bonnes idées quand je vais piloter la MotoGP. Mon objectif, comme l'année dernière, est d'apprendre beaucoup et de prendre toute l'expérience que je peux dans ce partenariat.
On te voit rouler sur une Supersport. Qu'est-ce que ça t'apporte ?
Je pense qu'il n'y a rien de plus difficile que de rouler sur une 600cc à 20 ou 10 km/h. C'est tellement compliqué, parce que ce sont des motos faites pour rouler vite. Et quand vous commencez à faire de la technique, surtout à vitesse réduite, on dirait que vous ne savez pas rouler.
Ce que je fais, en gros, c'est acquérir toutes les compétences : il s'agit d'avoir beaucoup de compétences et d'utiliser celles qui sont utiles. Et c'est fantastique parce que je comprends vraiment bien comment faire glisser la moto et comment utiliser au maximum le pneu arrière, ce qui est très important pour nous en MotoGP. L'essentiel est d'avoir beaucoup de compétences sur n'importe quel type de moto et de les utiliser ensuite en MotoGP.
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