Viñales K.O : "Je n'aurais pas pu faire plus"

Les 37°C dans l'air promettaient une deuxième course éprouvante à Jerez, et elle l'a bel et bien été. Le souffle court à l'arrivée, Viñales se satisfait de sa deuxième place, le maximum qu'il pouvait selon lui obtenir.

Viñales K.O : "Je n'aurais pas pu faire plus"

Comme le week-end dernier, Maverick Viñales a rallié l'arrivée de la course de Jerez à la deuxième place. Bien qu'il s'agisse de son meilleur résultat en MotoGP à Jerez, le pilote de Roses ne peut que constater que par deux fois son futur coéquipier lui a chipé la victoire à laquelle il prétendait.

Si, aujourd'hui, son choix de pneu n'était pas à remettre en question, Viñales a tout de même connu une course compliquée, après un tournant intervenu dès le premier tour, lorsqu'il a tenté en vain de prendre les commandes et a vu Valentino Rossi en profiter pour s'intercaler entre lui et Fabio Quartararo. Le Français a alors filé, tandis que pour Viñales commençait une longue course passée à chercher l'ouverture sur un Rossi plus fringant que ces derniers mois. Finalement arrivé à ses fins, c'est épuisé qu'il relatait sa course à l'arrivée.

C'était aussi dur que ça en avait l'air ?

Oui, c'était dur ! Pendant cette course c'était impossible de respirer. Dans le premier tour, j'ai essayé de dépasser Fabio pour avoir une piste dégagée parce que je me sentais très fort avec la moto mais ensuite j'ai élargi et Fabio et Vale m'ont passé, si bien que je n'ai rien pu faire. Et ensuite je suis resté coincé derrière Vale. Je ne pouvais pas respirer, pendant la plupart des tours. J'étais détruit. Je ne sais pas pourquoi, ça venait peut-être de la chaleur des autres motos, mais je suis K.O aujourd'hui ! Je n'aurais pas pu faire plus. Je me suis réservé pour les cinq derniers tours et à la fin j'ai poussé quand j'ai retrouvé un bon rythme, mais aujourd'hui c'est le premier virage que j'ai manqué, sinon je pense que ça aurait été une bien meilleure course.

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Mais je suis heureux car on a fait le maximum et à la fin on a marqué 40 points sur les deux courses de Jerez, et puis j'ai un bon feeling, ce qui est le plus important : le championnat est encore très long. Nous arrivons maintenant sur pas mal de pistes sur lesquelles nous sommes très bons. Je me sens vraiment bien, vous savez, car on parvient à réaliser de très bonnes courses même sans avoir les meilleures sensations !

Quarante points en deux courses, ça n'est pas si mal, mais aujourd'hui ça ne s'est pas vraiment passé comme prévu, pas vrai ?

J'ai essayé… j'ai tout essayé dès le premier tour ! Dans le premier tour, j'ai essayé de passer Fabio. Je pensais qu'il était plus proche de moi, alors j'ai ouvert la trajectoire mais il a été très intelligent, il a freiné et a décroisé. Et puis j'ai aussi perdu une place face à Valentino et là j'ai eu du mal. Je n'ai pas pu appliquer mon plan, il a fallu que j'en change. Chaque fois que j'étais proche de Valentino, je ne sais pas pourquoi, je n'arrivais pas à stopper la moto de la même façon, je n'arrivais pas à être rapide. J'étais très en difficulté quand j'étais derrière Valentino. J'ai donc décidé de laisser un peu de place, pour faire refroidir le pneu, et ensuite d'essayer de pousser à nouveau, mais j'ai alors commencé à me battre contre les Ducati et Franco.

Ma course a été très compliquée, mais ensuite je me suis calmé, je me suis concentré. Il fallait que je sauve le maximum. Les derniers tours ont été funs. J'ai essayé de passer Valentino, parce qu'il était important aujourd'hui de marquer ces 20 points pour le championnat et j'y suis finalement arrivé. Je suis très content, le team a fait du super boulot ce week-end. Mais on peut quand même progresser et on le fera clairement pour la prochaine course. Brno est une piste que j'aime beaucoup et on peut faire mieux.

Il a beau avoir 41 ans, Valentino est encore coriace !

Oui ! Il était incroyable sur les freins ! Il va falloir que je regarde ses réglages ! [rires] Il était vraiment bon au freinage et à chaque fois que j'ai essayé de le dépasser, je me suis retrouvé large, comme vous avez pu le voir dans le dernier virage. Je n'y arrivais pas, mais j'ai malgré tout abattu mes cartes et j'ai fini par avoir beaucoup plus d'adhérence que lui à la fin, particulièrement avec le côté gauche du pneu. Je suis vraiment heureux d'être deuxième de cette course, car à un moment donné j'étais cinquième et la moto n'était pas super à ce moment-là… Je pense que nous avons retiré le maximum et c'est le plus important.

Valentino Rossi, Yamaha Factory Racing, Maverick Vinales, Yamaha Factory Racing

Qu'as-tu ressenti quand tu as vu de la fumée s'échapper de la Ducati de Bagnaia, devant vous ?

Je crois que Vale a levé la main dans la ligne droite à quatre tours de l'arrivée. Je me suis dit, ça y est, voilà ma chance de le passer ! Mais il a poussé à nouveau et je n'y suis pas arrivé à ce moment-là. Mais en tout cas, on a eu très peur parce que ça sentait l'huile. On a ralenti d'au moins une demi-seconde, voire six ou sept dixièmes, dans ce tour parce qu'aucun de nous ne voulait tomber, surtout sur de l'huile car ça peut poser problème avec ceux qui arrivent de derrière. C'était effrayant, mais heureusement il ne s'est rien passé et on a pu recommencer à pousser quand Pecco s'est écarté.

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Il reste beaucoup de courses : que peux-tu changer pour combler l'écart sur Fabio ? Tu semblais avoir un bon rythme, comme lui, mais finalement aujourd'hui c'était plus difficile.

Aujourd'hui c'était impossible. Je me suis retrouvé bloqué derrière Vale et je n'arrivais pas à dépasser et à faire mon propre rythme. Dès que j'arrivais je me retrouvais bloqué, alors c'était difficile. J'ai eu du mal. Mais ensuite dans les derniers tours, quand je me suis retrouvé seul, j'ai recommencé à faire de bons temps, ce qui m'a donné un très bon feeling. Je suis motivé pour être très bon à Brno. On sait clairement ce dont on a besoin d'améliorer sur la moto et c'est le plus important. Pour moi, ces deux week-ends ont été parfaits, 20 points à Jerez pour moi c'est vraiment bien parce que j'ai toujours du mal ici. Mais le team a fait du bon boulot. Hier c'était génial et on a pris du plaisir dans les courses.

Avec Guillaume Navarro

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