Michelin explique comment Aprilia fait la différence sur Ducati
Si les deux premiers Grands Prix se sont déroulés avec un pneu arrière à la carcasse renforcée, cela n'explique pas, selon Michelin, l'avantage pris par Aprilia en ce début de championnat.
Photo de: Alessandro Giberti - Anadolu - Getty Images
Les trois premières manches de la saison ont vu une hiérarchie étonnante prendre forme, avec une supériorité affirmée d'Aprilia et des difficultés notables du côté de Ducati.
Les conditions assez singulières dans lesquelles se sont disputés les deux premiers Grands Prix ont parfois été mentionnées comme pouvant offrir un début d'explication, sachant que les circuits de Buriram et de Goiânia imposaient l'utilisation du pneu arrière à la carcasse plus rigide fourni par Michelin pour les pistes sur lesquelles la gomme est soumise à des températures particulièrement élevées.
En Thaïlande, le manufacturier a misé, comme à son habitude, sur un pneu arrière à la structure interne renforcée. Puis au Brésil, un Grand Prix inédit dans l'ère actuelle du MotoGP, Michelin a sélectionné dans son allocation deux options de pneu arrière dotées de la carcasse renforcée utilisée au Red Bull Ring, ainsi qu'une troisième utilisant la même construction qu'à Buriram et Mandalika - une autre piste sur laquelle Marco Bezzecchi et son Aprilia ont brillé il y a quelques mois. Cela s'accompagnait de gommes également plus résistantes.
Néanmoins, pour le manufacturier clermontois, ce sont les qualités pures de sa moto qui ont permis à Aprilia de dominer ce début de championnat, et non cette allocation quelque peu singulière. Piero Taramasso, responsable deux roues chez Michelin Motorsport, est convaincu qu'aucun pneu n'apporte d'avantage à l'un ou l'autre des constructeurs.
"J'ai toujours pensé que ça ne venait pas de là", explique-t-il dans une interview pour l'édition italienne de Motorsport.com, "car cela fait désormais plusieurs saisons que nous proposons la carcasse plus rigide, donc tout le monde sait comment l'interpréter et comment travailler sur les réglages. Les pilotes aussi se sont habitués."
Aprilia a brillé avec Marco Bezzecchi, mais pas seulement.
Photo de : Aprilia Racing
Piero Taramasso en est persuadé : Aprilia a simplement fait de sa RS-GP un petit bijou de performance. "Actuellement, Aprilia a vraiment quelque chose en plus au niveau de sa moto", juge-t-il.
De leur côté, les Ducati sont apparues moins brillantes qu'attendu durant ces trois premiers Grands Prix, indépendamment des deux pole positions de Fabio Di Giannantonio et de la victoire de Marc Márquez dans la course sprint de Goiânia. Pecco Bagnaia, en particulier, a décrit dans le détail le fait que sa moto le contraint à s'aider du pneu arrière pour tourner et les difficultés de gestion de la gomme que cela entraîne.
Cette usure de la gomme arrière est évidente aux yeux de Piero Taramasso, mais là aussi, le responsable estime que la réponse viendra de la moto et non des pneus utilisés d'un Grand Prix à l'autre.
"Il est vrai qu'ils forcent un peu plus sur l'arrière et, dans cette situation, lorsque le pneu se dégrade, cela crée aussi des vibrations. Il est évident qu'ils doivent encore trouver comment arranger cela. Il y a actuellement un écart avec Aprilia, c'est clair, mais je suis convaincu que Ducati réussira à résoudre cela, ou du moins à rattraper une partie de son retard."
Piero Taramasso croit dans le retour de Ducati.
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
"Il faut ajouter à cela le fait que Márquez n'est pas encore à 100% physiquement, on voit bien qu'il ne pilote pas de manière fluide. La pause qui précède Jerez va peut-être l'aider à récupérer, et cela pourra peut-être aussi servir à Ducati pour trouver quelque chose d'un point de vue technique."
Les prochaines manches devraient nous éclairer sur la permanence de ces performances. Après un crochet par le Texas, où le pneu standard a fait son retour sans pour le moment changer la donne, la suite du championnat se déroulera en Europe, sur des pistes au profil classique.
La reprise aura lieu à Jerez, fin avril, avant que le paddock ne prenne la direction du Mans. Toutes les courses se tiendront en Europe jusqu'en octobre, avec au passage le GP d'Autriche, fin septembre, où l'on retrouvera la construction de pneu arrière vue au Brésil.
Propos recueillis par Matteo Nugnes
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