Michelin - Le team manager de Lorenzo mise sur la patience

Wilco Zeelenberg accompagne Jorge Lorenzo en tant que team manager depuis six ans. Témoin privilégié de ses performances, c'est en parfait connaisseur de son pilote qu'il se montre confiant quant à sa faculté d'adaptation aux nouveautés 2016.

"Il est plutôt bon là-dedans, il est capable de piloter très vite avec n'importe quel type de set-up. Même quand ses motos sont complètement différentes, il a un très bon rythme avec les deux," souligne l'ancien pilote dans un entretien accordé à Crash.net.

"D'un autre côté, il sentait très bien la limite des pneus Bridgestone," poursuit le team manager. "Avec les Michelin, il a besoin d'apprendre où se trouve la limite. Le problème c'est qu'ils ne donnent pas beaucoup d'avertissements. Pour le moment, cela concerne tout le monde et c'est la raison pour laquelle on assiste à des chutes. Ils ne sont pas assez patients."

Des chutes par manque de patience

S'adapter aux nouveautés majeures que sont les pneus et l'électronique demande en effet prudence et mesure. "Je pense qu'il est très important d'avancer prudemment et pas à pas. Ces gars sont habitués à un matériel si précis et préparé, et soudain ils ont quelque chose de nouveau qu'ils ne connaissent pas, mais ils doivent le pousser à la limite," rappelle Wilco Zeelenberg.

Jorge Lorenzo a d'ailleurs connu plusieurs accidents pendant les essais privés organisés courant 2015. "Pendant la saison, chaque fois que Jorge a monté les Michelin, il a fini par terre. Ça arrivait toujours après une période d'utilisation des Bridgestone, et le jour suivant il était en Michelin. On se dit qu'on peut piloter de la même façon qu'en Bridgestone. On a vite compris que ça ne fonctionnait pas comme ça, pas uniquement pour Jorge mais globalement pour tous les pilotes. Il était clair qu'il fallait qu'on réagisse et que l'on procède différemment et c'est ce que l'on a fait," explique Zeelenberg.

À Valence, lors de la première séance de l'intersaison, les choses se sont mieux passées pour le Champion du Monde 2015, qui a alors fait partie des rares pilotes à ne pas chuter. "Il a fait très attention," souligne son team manager. "Après la course, il y a eu une journée sans essais pendant laquelle les pilotes ont pu évacuer de leur esprit le 'rythme Bridgestone'. Par ailleurs, on a directement ajusté les réglages de la moto aux pneus Michelin, ce que l'on ne faisait pas jusqu'alors."

En retard à cause du titre

Wilco Zeelenberg estime par ailleurs que la lutte pour le titre, menée jusqu'à la dernière manche, a retardé Yamaha dans son adaptation aux pneus Michelin : "Les deux pilotes étaient en bagarre au championnat et il est difficile de tout mettre de côté pour essayer d'autres choses pour l'année suivante. À l'époque, on ne s'y intéressait pas beaucoup, maintenant oui."

"Le risque c'est de prendre du retard. Je pense que ça a été le cas, à un certain moment, parce qu'on a manqué plusieurs tests [Michelin] et les pilotes avaient un peu peur de les essayer parce qu'ils pensaient au championnat de cette année. Dans notre cas, je crois que le fait de nous battre pour le titre a été un peu un désavantage concernant les nouveaux pneus," conclut Wilco Zeelenberg.

Depuis l'entame de l'intersaison, Jorge Lorenzo et Valentino Rossi n'ont participé qu'à la première séance, celle de Valence, alors que Honda, Ducati ou Suzuki ont également tourné à Sepang ou Jerez. Tous les titulaires seront de retour en piste le 1er février en Malaisie pour reprendre leur programme d'essais.

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Tags chute, essais, michelin, wilco zeelenberg