Oliveira se sent "lourdement pénalisé" par le pneu avant

Privé de la gomme avant avec laquelle il s'est imposé en 2020, Miguel Oliveira a été en difficulté vendredi au Grand Prix du Portugal. Brad Binder compare le pneu proposé ce week-end à du "chewing-gum".

Oliveira se sent "lourdement pénalisé" par le pneu avant

Miguel Oliveira était le grand favori en arrivant à Portimão, après avoir survolé l'édition 2020 de l'épreuve, mais le pilote local s'est fait discret vendredi, au cours de la première journée d'essais sur le circuit portugais. Il a conclu la séance de la matinée sur un modeste 17e temps et s'il a intégré le top 10 dans l'après-midi, ce n'était qu'avec la neuvième meilleure performance. Oliveira est donc provisoirement qualifié pour la Q2 mais reste sous la menace de ses rivaux.

"Les EL1 se sont déroulés dans des conditions mixtes donc c'était assez dur de comprendre les trajectoires et de savoir dans quelle mesure on pouvait attaquer sur les flaques", a expliqué le pilote KTM. "Il n'a pas plu dans l'après-midi, c'était bien de pouvoir rouler sur piste sèche. Je m'attendais à un peu mieux, parce que j'avais un bon rythme en pneu medium. Je pensais faire un peu mieux avec le tendre [à l'arrière] mais on a un peu de mal à le comprendre en ce moment."

C'est surtout le pneu avant qui pose problème à Oliveira. En 2020, il s'est imposé en utilisant une monte dure symétrique à l'avant mais elle a été retirée de l'allocation proposée par Michelin et la seule gomme dure à la disposition des pilotes ce week-end est la version asymétrique, avec laquelle la KTM est moins performante. "Malheureusement nous n'avons pas suffisamment de soutien avec ce pneu dur, que nous trouvons trop tendre pour nous", a confirmé le pilote portugais. "Il faut faire des analyses pour améliorer la moto pour demain."

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Selon Michelin, cette gomme symétrique était trop dure mais Oliveira s'étonne qu'elle ne soit plus proposée à Portimão, car plusieurs équipes en étaient satisfaites, même si elles étaient peu nombreuses à l'utiliser. Le vainqueur de l'édition 2020 estime que la nouvelle sélection faite par le manufacturier clermontois plonge KTM dans une situation plus que délicate.

"En ce moment, en étant privés du dur à l'avant, le pneu symétrique nous pénalise lourdement. Il était très bon, c'est vrai que nous étions les seuls à utiliser ce type, avec Aprilia et parfois Honda. On a été les seuls à utiliser le composé le plus dur disponible lors des deux premières courses, et nous pensons qu'il est trop tendre. Ça nous pénalise énormément, on ne comprend toujours pas vraiment la décision de retirer le pneu symétrique de l'allocation."

"Michelin est un peu en désaccord, ils disent que c'était la volonté des pilotes. Mais le fait est que nous n'avons plus ce pneu. Il fonctionnait bien avec une température de piste de 30°C, on arrive sur une piste où l'asphalte peut facilement atteindre 30°C à cette période de l'année, et on avait ce pneu pour le Qatar, où on roule de nuit, mais on ne l'a pas ici. Cette allocation est contradictoire."

"On est ici pour se battre, tout le monde a les mêmes pneus. C'est sûr qu'ils correspondent mieux à certaines motos que d'autres, donc c'est à nous de trouver quelque chose pour sauver la situation et être en mesure de mieux rouler."

C'est vraiment un gros désavantage pour nous parce que le pneu le plus dur que nous avons ici est vraiment trop faiblard, ça ressemble à du chewing-gum à l'avant, quand on freine et qu'on entre en courbe.

Brad Binder

Piero Taramasso a confirmé vendredi que cette décision a été prise à la suite d'une requête des pilotes en commission sécurité : "L'an dernier, en Autriche, 21 pilotes nous ont demandé de ne plus l'apporter, parce qu'il donnait des sensations différentes de piste en piste", a expliqué le responsable de la compétition deux-roues de Michelin au site officiel du MotoGP. "C'est pour ça qu'il n'est plus dans l'allocation."

Ce commentaire a fait bondir Brad Binder, l'équipier de Miguel Oliveira, qui regrette aussi de ne plus avoir cette fameuse version symétrique : "Je ne pense pas que ce commentaire est exact parce que j'aimais ce pneu et beaucoup de pilotes aussi", a-t-il assuré. "À la commission sécurité, tout le monde veut ce pneu et on ne l'a pas, donc il faut faire avec ce qu'on a."

Le Sud-Africain est tout aussi mécontent qu'Oliveira des performances de la gomme dure proposée à Portimão : "J'ai de grandes difficultés avec le pneu avant, il est très mauvais pour nous et ça complique vraiment les choses", a-t-il expliqué, à la peine dans les phases de freinage : "Pour moi c'est assez clair, c'est vraiment un gros désavantage pour nous parce que le pneu le plus dur que nous avons ici est vraiment trop faiblard, ça ressemble à du chewing-gum à l'avant quand on freine et qu'on entre en courbe. C'est vraiment dur à cause de ça mais c'est ce qu'on a, donc il va falloir un peu travailler sur les réglages et essayer de mieux le faire fonctionner."

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