Miller : Dovizioso et Pirro artisans du succès actuel de Ducati

Troisième du championnat et auteur des deux victoires de Ducati en ce début de saison, Jack Miller a bien conscience de la valeur du travail abattu ces dernières années pour ramener le constructeur italien au sommet.

Miller : Dovizioso et Pirro artisans du succès actuel de Ducati

Humble et réaliste, Jack Miller juge que l'onde positive que connaît actuellement Ducati en MotoGP s'inscrit dans la lignée de tout le travail abattu ces dernières années, y compris par Andrea Dovizioso. Le pilote italien a quitté Borgo Panigale en fin de saison dernière, dans un divorce douloureux et qui peut paraître étonnant si l'on en juge par le fait qu'il avait été un prétendant au titre tout désigné depuis quatre ans.

Dans la foulée de l'arrivée de Gigi Dall'Igna au poste de directeur général de Ducati Corse en 2014, la mutation des Rouges s'est opérée jusqu'à permettre un retour à la victoire en 2016, après 100 Grands Prix d'absence de la plus haute marche. C'est Andrea Iannone qui a succédé à Casey Stoner dans le palmarès de la marque, mais Andrea Dovizioso a bien vite pris les rênes avec un premier succès quelques semaines plus tard, suivi ensuite par 13 autres.

Trois fois vice-Champion du monde derrière un Marc Márquez au sommet de son art, Dovizioso manque pourtant la réussite actuelle de la marque qu'il a lui aussi contribué à faire progresser. À ce stade de la saison, trois pilotes Ducati se trouvent aux quatre premières places du championnat : Jack Miller, vainqueur deux fois, Pecco Bagnaia, qui forme avec lui le nouveau line-up de l'équipe officielle, et Johann Zarco, qui court pour le team Pramac et les devance actuellement. Auteur d'excellents débuts au Qatar mais blessé par la suite, Jorge Martín est pénalisé dans le classement général, cependant il compte à son actif l'un des 11 podiums récoltés par les Desmosedici au cours de ces sept premières courses de l'année.

"J'ai le sentiment qu'on a l'un des packages les plus forts, si ce n'est le plus fort avec la GP21. La compétition interne est très serrée et très forte, on essaye tous de se dépasser les uns les autres, et c'est super pour le championnat et pour l'équipe", observe Jack Miller dans une interview pour le site officiel du MotoGP, admiratif de la complémentarité du quatuor disposant de la version la plus récente de la Ducati.

"J'aimerais en apprendre plus, particulièrement de la part de Pecco vu la fluidité qu'il a dans les virages rapides. Il arrive à être très précis et très fluide pour faire tourner la moto. Moi, je ne suis pas très bon pour faire ça ! Lui, il est vraiment d'un autre niveau [dans cet exercice]. Mais au final, il a ses points forts, j'ai les miens, Johann a les siens, et je pense que ça montre simplement à quel point le package que l'on a est super en ce moment."

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"On est trois pilotes complètement différents − et pas seulement, car il y a aussi un rookie et il est monté sur le podium à la deuxième course de la saison − et on arrive à piloter la moto à notre façon mais vite. Je pense que le mérite en revient à Ducati Corse, à Gigi, à tous ceux qui ont travaillé très dur, pas seulement cette année", souligne le pilote australien qui, s'il a lui-même joué un rôle dans le développement de la moto lorsqu'il courait pour Pramac, a bien conscience qu'il s'agit d'un travail collégial qui s'est étalé sur plusieurs années.

"Je pense que ça remonte au moment où l'équipe s'est construite, et au travail que Michele [Pirro] fait en tant que pilote d'essais. Je pense qu'il a fait un travail incroyable ces dernières années. Le succès que l'on connaît aujourd'hui lui revient, ainsi qu'aux pilotes qui ont été sur cette moto avant nous, avec Andrea [Dovizioso] et des gars comme lui, car je ne pense pas qu'on serait dans cette position sans eux."

Un pilote plus mûr

À 26 ans, Jack Miller est en position de récolter les fruits de ce travail, lui qui pour sa septième année en MotoGP a atteint le statut de pilote officiel pour la première fois. Un changement d'équipe et de responsabilités qui s'est immédiatement traduit dans ses performances, bien qu'il ait été ces dernières saisons un habitué des avant-postes avec neuf podiums décrochés en deux ans.

Alors qu'il avait été auteur d'une première victoire dès sa deuxième saison en MotoGP, en 2016 au guidon d'une Honda satellite, Miller a dû attendre cinq ans avant de connaître à nouveau le succès. C'est cette année, désormais devenu pilote officiel Ducati, qu'il a atteint cet objectif. Une étape essentielle dans le chemin qu'il entend suivre vers le titre, mais aussi l'aboutissement de son évolution, qui se traduit désormais par une plus grande maturité dans l'approche des courses.

"Mon principal objectif est d'être régulier et d'être là tous les week-ends, dans toutes les conditions, et de pouvoir m'adapter à chaque situation", décrit-il à présent. "Ne pas forcer les choser, comme au Mugello par exemple : j'aurais pu pousser pour faire quatrième, mais je ne me sentais tout simplement pas à l'aise pour cela, je n'avais pas les sensations que j'avais eues à Jerez où je m'étais dit que je pouvais y aller. Être plus mûr, comprendre et choisir mes bagarres : quand je peux me battre, quand je sens bien à tous les niveaux, alors je le fais, sinon il faut non pas baisser les bras et rétrograder à la dixième place, mais essayer de faire de son mieux. En tout cas, ne pas forcer les choses et je pense que ce sera vraiment la clé."

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