Morbidelli : "On peut parler de crise japonaise"
Franco Morbidelli a mis 26 secondes de moins que l'année dernière pour boucler la course longue du Sachsenring, mais ses progrès semblent être noyés par la hausse de niveau générale emmenée par les constructeurs européens.
Pour trouver la trace d'une moto japonaise à l'arrivée du GP d'Allemagne, il fallait descendre à la 12e place, celle occupée par Franco Morbidelli sur la Yamaha. Classé à 22"9 de la Ducati victorieuse, l'Italien s'efforçait dimanche soir de retenir les éléments positifs de sa performance, mais se montrait également direct quant à la balance actuelle des rapports de force en MotoGP.
"La course a été très bonne", a-t-il jugé, lui qui a pris l'avantage à dix tours de l'arrivée sur Fabio Quartararo, qui avait fait le pari d'un pneu arrière tendre, comme Aleix Espargaró et avec aussi peu de réussite. "Notre rythme [était] assez stable", s'est félicité Morbidelli. "On a pu faire des temps de course très similaires à ceux qu'avait faits l'année dernière Fabio pour gagner la course. Le problème, c'est que cette année c'est complètement différent. On fait des performances similaires à celles de l'année dernière mais tous les autres ont pu progresser énormément. On en est là."
Jorge Martín a passé l'arrivée du Grand Prix en vainqueur avec un temps total de course de 40'52"449 : ce sont 20"367 de mieux que ce qu'il a fallu l'an dernier à Fabio Quartararo pour remporter cette épreuve (avec, certes, une atmosphère plus chaude en 2022). En bouclant les 30 tours en 41'15"398, Franco Morbidelli aurait terminé deuxième l'an dernier, il a au contraire fini 12e. Il a beau avoir amélioré son propre temps de 26 secondes et demie en un an, ses progrès semblent donc se noyer dans la hausse de performance générale du plateau.
"Je dois remercier mon team, car ils ont fait un boulot merveilleux en faisant les bons choix ce week-end et en tirant le maximum du package", a poursuivi l'Italien, désormais le seul du plateau à avoir vu l'arrivée de toutes les courses cette année. "Meilleur pilote [d'un constructeur] japonais… Je prends, de même que le bon boulot réalisé ce week-end. Il faut retenir ces points positifs, les emmener avec nous à la prochaine course et réussir à rééditer cela et à hausser le niveau."
"On peut parler de crise japonaise", a poursuivi Franco Morbidelli, interrogé sur le gouffre qui s'est creusé entre les marques japonaises historiquement dominatrices (Yamaha, mais aussi Honda) et les marques européennes qui ont pris le dessus depuis trois ans. "Quelque chose a été perdu en chemin et les Européens ont pu mieux travailler, particulièrement Ducati et KTM qui ont pu investir de meilleurs efforts dans leur projet."
"On l'a vu aussi entre l'année dernière et cette année : leur niveau s'est élevé et cela a encore été le cas pendant ce championnat. Ça signifie qu'ils ont une telle marge avec leur moto que ça en est désarmant. J'espère que quelque chose va changer à l'avenir parce que ce serait mieux pour nous, pilotes [des constructeurs] japonais, et aussi pour le show."
Ils ont une telle marge avec leur moto que ça en est désarmant.
Franco Morbidelli
Le Grand Prix d'Allemagne s'est directement inscrit dans la tendance actuelle en faisant la part belle aux machines européennes, avec les huit Ducati classées aux neuf premières places, seulement challengées par KTM. Aprilia, bien qu'en difficulté pendant cette manche, s'est affirmé comme la troisième marque au Sachsenring, sans que les motos japonaises puissent rivaliser. Comme souvent, Marc Márquez a été le seul à se démarquer dans le clan nippon, avant de renoncer dimanche midi, échaudé par les cinq chutes que ses efforts lui ont coûté.
Alors que son avenir est en pleine discussion, Franco Morbidelli retient dans un coin de sa tête qu'il a devancé Fabio Quartararo à l'arrivée. Il a aussi souhaité souligner l'amélioration de ses sensations, fruit d'un travail de longue haleine, mais encore une fois, sera-ce suffisant ?
"Évidemment, si je regarde ma performance et les sensations que j'ai maintenant avec la moto, je suis enfin beaucoup plus en phase avec la moto. Au final, c'est juste une question de risques extrêmes, d'être capable et d'avoir la confiance ou les couilles (sic) pour toujours prendre un peu plus de risques que les autres", a détaillé le pilote italien.
"C'est arrivé, enfin, grâce aussi au travail réalisé par le team. Mais il est certain que, comme on peut tous les voir, il y a beaucoup, beaucoup d'autres progrès à faire. Pourront-ils être accomplis en peu de temps ? Qui sait. Seul le temps le dira."
Partager ou sauvegarder cet article
Abonnez-vous pour accéder aux articles de Motorsport.com avec votre bloqueur de publicité.
De la Formule 1 au MotoGP, nous couvrons les plus grands championnats depuis les circuits parce que nous aimons notre sport, tout comme vous. Afin de continuer à vous faire vivre les sports mécaniques de l'intérieur avec des experts du milieu, notre site Internet affiche de la publicité. Nous souhaitons néanmoins vous donner la possibilité de profiter du site sans publicité et sans tracking, avec votre logiciel adblocker.
Meilleurs commentaires