Morbidelli manque "de connaissances et de liberté" avec la Ducati
Franco Morbidelli observe qu'il lui manque encore une certaine "liberté" au guidon de la Ducati, avec laquelle il vient de disputer deux premiers Grands Prix essentiellement tournés vers son apprentissage du package.
Franco Morbidelli vit un début de championnat à part, malgré lui loin des objectifs de résultats que poursuivent ses adversaires. Accidenté fin janvier, il a été contraint de se lancer dans la saison sans connaissances de sa Ducati GP24, un désavantage qu'il s'attendait à subir durant plusieurs courses.
Au Qatar, où il n'avait pas participé aux essais de pré-saison avec les autres pilotes, le pilote Pramac Racing estimait qu'il y avait eu, le concernant, "beaucoup de choses encourageantes", soulignant : "Le dernier écart que j'ai affiché, et qui était la moitié de la veille, est assurément une indication positive. Il faut continuer sur cette voie et continuer à progresser."
"Je n'ai pas assez de kilomètres sur la MotoGP et j'ai une plus grande marge de progression. Ça s'est vu au Qatar, entre le samedi et le dimanche, mais aussi entre le dimanche du Qatar et aujourd'hui", notait-il après les premiers essais du GP du Portugal. Le lendemain, son retard à l'arrivée du sprint était de 16 secondes, contre 24 à Losail deux semaines plus tôt. Pourtant, il ne cachait pas sa déception, persuadé qu'il aurait fait mieux.
Interrogé alors sur ce qu'il avait appris de ce week-end à ce stade, Morbidelli a répondu : "Que je dois aller plus vite ! Pendant les essais, en particulier dans les conditions de faible adhérence, j'étais très rapide, sans efforts, alors que quand les conditions se sont améliorées, l'écart a un peu augmenté, en particulier dans le time attack. Aujourd'hui, je dirais que l'écart était d'une demi-seconde ou de six ou sept dixièmes dans le time attack, alors que dans le sprint c'était beaucoup plus. Je ne m'attendais pas à ça."
Après le GP du Portugal, qu'il a terminé 18e à la suite d'une chute dans le premier tour, il tentait de faire la part des choses entre les résultats bruts et les progrès qu'il a bel et bien le sentiment de réaliser. "On poursuit notre courbe d'apprentissage avec cette moto et je peux renter à la maison en étant plutôt satisfait. Il est certain que ça n'est pas encore le cas en termes de résultats", expliquait-il ainsi en quittant Portimão.
Franco Morbidelli se sait contraint d'accélérer son adaptation à la Ducati.
Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images
En dépit de cette chute dès le premier tour dont il assume la responsabilité, il a jugé son rythme "très acceptable" une fois remonté en selle. "C'est encourageant car j'ai encore besoin de tout apprendre et de m'adapter à tout, mais on réalise qu'il y a déjà des choses qui arrivent. C'est positif, il faut juste continuer comme ça et je dois accélérer cela."
"Ce qui me manque le plus sur la moto actuellement, ce sont des connaissances et de la liberté de faire les choses par réflexe", a-t-il décrit. "Je dois trop réfléchir pour enclencher les devices, réfléchir au levier de vitesses qui est différent de ce à quoi je suis habitué. Je réfléchis beaucoup aux choses pour le moment, je ne suis pas très concentré sur le fait de piloter et de maximiser le pilotage. Mais c'est ce qui se passe quand on n'a pas de kilomètres et que ça nous manque."
Beaucoup de changements à maîtriser rapidement
En dépit des limites qui sont les siennes, le pilote italien perçoit des éléments très encourageants dans sa performance, ce qui a notamment été le cas lors des essais du vendredi en Algarve, dans lesquels tout le monde se lançait sans tests préalables.
"Il y a beaucoup de domaines dans lesquels je me sens bien, mais le meilleur est l'accélération", a-t-il décrit lorsqu'il a été interrogé sur les principaux points forts de la Ducati. En revanche, il a refusé d'en faire une comparaison directe avec la Yamaha qu'il a pilotée pendant cinq ans. "Je ne veux pas faire de comparaisons parce que, de mon point de vue, ça ne serait pas juste. Je veux rester gentleman sur ce point. Ce que je peux dire, c'est que je me sens bien sur cette moto, je me sens très bien."
"Si vous regardez le rythme en course, sachant que je n'ai pas avoir de liberté dans le pilotage, que je continue à réfléchir aux choses et donc que j'ai de la marge dans beaucoup de domaines, mon rythme était malgré tout assez bon pour finir sixième ou septième. Ça, c'est impressionnant. Et je me sens très bien avec le package, je sens en lui un grand potentiel. Il s'agit de s'habituer autant que possible à la moto et dans le plus court délai possible pour en extraire le maximum potentiel, ce que je ne fais pas encore."
"La moto me transmet beaucoup de sensations et de confiance, donc petit à petit on va en arriver au moment d'explorer cette confiance que la moto me donne", a-t-il souligné, bien conscient que son adaptation est en cours. "La moto est très différente, il y a beaucoup de choses qui changent. C'est un processus que j'ai besoin d'accélérer autant que je le peux. Il y a beaucoup de choses que je dois changer, beaucoup de choses sur lesquelles je dois m'accrocher."
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