Morbidelli a quitté Jerez reboosté après un test très précieux
Obligé de courir après le temps perdu à la suite de son accident du mois de janvier, Franco Morbidelli attendait avec impatience la journée de test post-course de Jerez, où il a enfin pu définir ses propres réglages sur la Ducati.
Franco Morbidelli a beau avoir marqué ses premiers points avec Ducati lors du week-end de Jerez, ses résultats ne sont pas encore à la hauteur de son potentiel, ni de celui de sa moto. Devenu pilote Pramac Racing cette année, l'Italien a décroché la quatrième place de la course sprint espagnole, une épreuve particulièrement mouvementée qui a vu la chute de 15 pilotes. Lui-même est tombé le lendemain, pendant la course principale, laissant à six points son score tout juste débloqué.
Mais Morbidelli, qui revient de loin, s'attache à retenir les éléments encourageants, et la vitesse qu'il arrive de plus en plus à exprimer est certainement le premier d'entre eux. "Ce qu'il y a de positif, c'est la vitesse qu'on a. Tout le reste est à développer", expliquait-il après la course, par ailleurs marquée par son accrochage avec Jack Miller. "Il y a eu un autre pas en avant du point de vue de la vitesse. On est rapides et c'est positif. Il faut l'être dans les bons moments du week-end et surtout améliorer toutes les autres choses que je n'ai pas encore sous contrôle sur la moto."
Parmi les automatismes qu'il sentait devoir encore prendre, Morbidelli mentionnait notamment le fait de réussir à bien utiliser le correcteur d'assiette, avec un fonctionnement spécifique à la Ducati qu'il lui faut intégrer au point qu'il devienne naturel dans son pilotage. S'y ajoutent des départs moyennement réussis ou lors desquels il sent qu'il manque d'agressivité, ou encore son habitude de freiner très fort, prise avec la Yamaha, et qui tend à lui faire perdre en performance en sortie de virage.
"Le potentiel est là", répétait-il néanmoins, concentré sur sa courbe de progression. Puis est arrivée la journée de test, la première à laquelle il a pu participer cette année, et lundi soir il est rentré chez lui "avec une grande dose de confiance et de très bonnes sensations".
Accidenté en janvier et absent des tests de pré-saison, Morbidelli court après le temps perdu, aussi cette journée était-elle particulièrement précieuse. "On a essayé de faire en sorte que je m'adapte encore plus à la moto, de communiquer encore mieux entre nous et d'être rapides, et on a réussi à faire tout cela", a-t-il décrit, lui qui jusqu'à présent a utilisé les réglages de Pecco Bagnaia pour sa découverte de la Ducati. Il avait besoin de définir son propre set-up, et aussi d'une journée de travail avec son équipe technique permettant de suivre un programme qui ne soit pas rythmé par l'enchaînement des séances en vue des qualifications et des courses.
"On a pu faire le boulot qu'on avait manqué. On a donc adapté les réglages à ce que je ressens et à ce qui me convient le plus. Ça n'est pas très différent de la normale, mais c'est tout simplement bien d'avoir ses propres réglages et de pouvoir piloter sa propre moto. Et puis, surtout, j'avais besoin de ces 80 tours pour véritablement entrer dans le package."
Franco Morbidelli comptait sur le test pour avancer dans son travail avec son équipe technique.
Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images
"Pour moi, cette année, les tests vont être très importants car j'ai manqué cinq journées d'essais. Si on veut obtenir de très bons résultats, ce qui est possible et ce qu'on a le potentiel de faire, il faut qu'on travaille un peu différemment, qu'on soit plus ouverts à faire des choses et plus disposés à plonger dans l'obscurité, car on n'a pas l'expérience de ces cinq jours du début de l'année."
À ce manque d'expérience persistant avec la Ducati s'ajoute l'impact physique de son accident. "Il y a aussi de la marge physiquement, c'est sûr. J'ai perdu un mois de travail, juste avant de commencer le championnat, donc il est certain qu'il me manque quelque chose mais je pense faire ce qu'il faut à la maison pour revenir à mon meilleur niveau le plus vite possible."
Morbidelli ne perd toutefois pas des yeux les signaux positifs qu'il perçoit en piste. "J'ai été rapide, déjà à Portimão, puis en Amérique et ici. En Amérique, j'ai fait une erreur en course. Ici, j'en ai fait énormément à cause de ma méconnaissance de la moto. Déjà, si le week-end prochain, j'arrivais à ne pas faire ces erreurs grossières, dues à ma mauvaise connaissance de la moto, je serais très content. Et encore plus si on arrivait à rééditer la vitesse qu'on montre et qu'on a encore eue pendant le test."
"Il n'y a rien à fêter, mais cette bonne énergie, on va l'emmener avec nous pour ces quelques jours qui nous séparent du Mans, puis pour le vendredi, le samedi et le dimanche du Mans", assurait Franco Morbidelli en quittant Jerez. Son objectif pour le GP de France ? "Il faut garder les pieds sur terre et viser l'accès direct à la Q2 vendredi, ce qui n'est jamais facile. Et à partir de là, on verra quelle vitesse j'aurai et jusqu'où je pourrai arriver. Ce week-end aussi, j'avais une très bonne vitesse, c'est juste qu'en ne connaissant pas bien la moto et en ayant perdu des choses en cours de route en faisant des erreurs gigantesques, j'ai été vraiment irrégulier."
Partager ou sauvegarder cet article
Abonnez-vous pour accéder aux articles de Motorsport.com avec votre bloqueur de publicité.
De la Formule 1 au MotoGP, nous couvrons les plus grands championnats depuis les circuits parce que nous aimons notre sport, tout comme vous. Afin de continuer à vous faire vivre les sports mécaniques de l'intérieur avec des experts du milieu, notre site Internet affiche de la publicité. Nous souhaitons néanmoins vous donner la possibilité de profiter du site sans publicité et sans tracking, avec votre logiciel adblocker.
Meilleurs commentaires