Morbidelli : La Yamaha donne "l'impression de rouler dans du beurre"

Le meilleur débutant de 2018 a troqué sa Honda contre une Yamaha lors du test de Valence, une découverte positive qui s'est traduit d'emblée par de bonnes performances.

Morbidelli : La Yamaha donne "l'impression de rouler dans du beurre"
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Meilleur rookie de la saison 2018, Franco Morbidelli a entamé sa préparation de 2019 en découvrant la YZR-M1, sa nouvelle machine au sein du team Petronas Yamaha SRT. Des débuts qui ne sont pas passés inaperçus, puisque le jeune Italien a signé le sixième temps de chacune des deux journées du test de Valence, la semaine dernière, une séance qu'il a terminée à 0"217 du leader et à seulement 15 millièmes du top 5.

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Pour cette première, l'ancien Champion du monde Moto2 s'est vu confier un châssis similaire à celui qu'utilisait Johann Zarco cette saison et un moteur Yamaha dans sa version de 2018, et ce dans l'attente d'un matériel plus récent sachant que le constructeur d'Iwata lui réserve une moto de spécification A pour le championnat, contre une spécification B pour son coéquipier, Fabio Quartararo.

Après une première journée de pure découverte, durant laquelle son chef mécanicien, Ramon Forcada, attendait de lui qu'il "comprenne" la moto, Morbidelli a pu expérimenter un peu plus les réglages durant la seconde journée, avec succès. "Je suis content de la manière dont la moto répond aux modifications. On a testé des réglages juste pour voir comment elle réagit, juste pour comprendre comment elle se comporte", explique le numéro 21.

En fin de journée, il a même pu se lancer dans un time attack, en montant un pneu soft et neuf après avoir globalement roulé avec des gommes medium et usées précédemment. "Avec cette moto, tout est une première pour moi, à tous les niveaux. Donc quand je monte un pneu neuf, j'essaye de tâter un peu le terrain", souligne-t-il. "On a 'resserré' un peu le package avec les pneus neufs et mes sensations sont bonnes. Le feeling est bon quand je fais un time attack, et je dirais même surtout quand je fais un time attack. C'est la première fois pour moi, alors je l'ai prise un peu avec des pincettes. Il faut que j'apprenne à bien comprendre tous les aspects positifs et négatifs de la moto et il faut le faire dans les délais les plus brefs possibles."

 

Une moto adaptée à son style

Bien qu'il lui reste encore beaucoup à découvrir, Franco Morbidelli a rapidement été frappé par une Yamaha "plus intuitive" et au caractère très doux, en comparaison de la Honda RC213V satellite avec laquelle il a disputé sa première saison en MotoGP.

"Ce qui m'a le plus plu, c'est la stabilité", s'enthousiasme-t-il, évoquant ainsi l'ensemble de la performance. "Avec cette moto, tout arrive de façon plus douce, tandis que l'autre [la Honda] est beaucoup plus réactive, que ce soit au freinage, en courbe ou en sortie. Ce sont deux motos complètement différentes, mais elles sont rapides toutes les deux. Maintenant je pilote celle-ci et je vais devoir en extraire le maximum."

Le premier sentiment de Morbidelli est qu'il va pouvoir laisser libre cours à son pilotage naturel, adapté au caractère de cette moto. "Mon style est déjà assez fluide, mais cette moto en appelle à ce style. Quand on l'enfourche, on a l'impression de rouler dans du beurre et c'est une assez belle sensation. Je pense que ça va venir naturellement, je ne vais rien forcer, je vais juste essayer de suivre la moto", explique-t-il.

"Mon style a toujours été très doux, très fluide, alors à mon avis elle y est plus adaptée", poursuit Morbidelli. "Ça n'est pas qu'elle est beaucoup moins physique [que la Honda], c'est juste que tout ce qui se passe sur la moto se passe de façon beaucoup plus fluide. Je pense que c'est dû à la taille de la moto – les dimensions sont complètement différentes. Ma moto précédente était assez réactive : à la télévision, on pourrait dire qu'elle est nerveuse mais le bon mot est réactive, car tout ce qui se passe se passe vite."

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Une nouvelle séance viendra compléter cet apprentissage, cette semaine à Jerez, alors que le pilote souligne humblement que la qualité de sa performance initiale a une signification très relative : "Bien entendu, me voir parmi les premières places c'est bien, mais ça ne compte pas beaucoup pour le moment. Pendant les tests, les chronos n'ont pas beaucoup d'importance."

"On doit encore comprendre où j'ai besoin de progresser", prévient-il. "Généralement c'est un processus naturel : vous pilotez la moto, vous ressentez ce dont elle a besoin pour être rapide et vous essayez d'extraire cela de façon extrême, mais je ne sais pas encore ce dont la moto a besoin pour être rapide."

"On part d'un très bon point de départ", poursuit-il, conscient que sa vitesse témoigne tout de même d'un grand potentiel. "La moto est assez facile à comprendre, il est assez simple d'être rapide d'emblée, comme vous avez pu le voir. Je ne sais pas où en est mon processus, mais une chose est certaine, je vais essayer de progresser chaque fois que je monterai sur cette moto."

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