MotoGP - Aprilia n'envisage pas de ramener Melandri en Superbike

Valeur sûre de la compétition moto, Marco Melandri subit la dure loi de la critique à chaque nouvelle étape de son parcours. Arrivé sur la scène internationale en 1997, il ne l'a plus quittée depuis, or sa carrière a connu tant d'aléas qu'il lui aura fallu bien des remises en question pour parvenir à cette longévité.

Alors qu'il vient de passer quatre saisons en Championnat du monde Superbike, il faudrait laisser à Melandri le temps de reprendre ses marques en MotoGP, qui plus est au guidon d'une moto à peine sortie des ateliers. Son retour ne mérite pas d'être considéré comme un échec de façon si prématurée, aussi faibles soient ses performances en essais hivernaux (dernier des titulaires sur les trois séances disputées depuis novembre), pourtant la critique est vive et impatiente.

Plus alarmant, le pilote lui-même n'est pas à l'aise et c'est un Talon d'Achille à ne pas sous-estimer. Car Marco Melandri est un pilote cérébral, qui a souvent vu sa carrière osciller au gré des variations de son mental. "La confiance c'est une chose, et je ne l'ai pas ce qui ne me permet pas d'être fluide. Le style de pilotage c'est autre chose, et il ne peut pas être bon puisque je n'ai pas confiance. Tant que j'aurais pas trouvé cette confiance, je ne pourrai pas être rapide," résume-t-il à GPone.com.

Malgré la frustration, qui lui fait admettre au plus fort de sa colère qu'il "n'arrive absolument pas à piloter" sa nouvelle moto, l'Italien tente tant bien que mal de garder le cap. "Les chronos ne m'intéressent pas, parce que ce ne sont pas des dixièmes qui me manquent, mais des secondes. Le travail que l'on doit faire, ce n'est pas aller vite mais mettre les choses en ordre," explique-t-il.

Il n'empêche que les chronos attirent le regard et jettent une ombre sur les performances d'Aprilia, à un mois du début de la compétition. Alors qu'Alvaro Bautista s'en sort honorablement avec la RS-GP, on ne retient que l'échec annoncé de Melandri, y voyant une double responsabilité du constructeur : avoir précipité son retour en MotoGP initialement annoncé pour 2016, et avoir forcé l'Italien à prendre en charge ce programme au lieu de le laisser s'épanouir en Superbike.

En Italie, la polémique fait rage, si bien que les médias en ont appelé au bon sens d'Aprilia, lui demandant de revenir sur son choix et d'opérer un échange entre Marco Melandri et Jordi Torres pour que l'Italien retrouve immédiatement la scène du Superbike.

On prédit que cela lui éviterait le naufrage, tout en contentant les deux chaînes de télévision italiennes qui retransmettent le WSBK : les premières courses de l'année sont prometteuses (2,1 millions de téléspectateurs cumulés), mais les audiences ne peuvent que progresser si un Italien joue les premiers rôles, or il n'y en a plus en tête de peloton depuis la blessure de Davide Giugliano juste avant le lancement de la saison. Quant à Torres, son expérience récente des Grands Prix (le Moto2 ces 4 dernières années) pourrait lui permettre de tirer son épingle du jeu.

Aprilia a entendu cet appel, mais ne compte pas fléchir. "Nous n'avons pas envisagé un échange de ce genre," affirme Romano Albesiano, directeur sportif d'Aprilia, à GPone.com. "Je suis absolument convaincu que Marco a le potentiel pour être compétitif en MotoGP. Nous avons entendu ses indications, il nous a dit quels sont les points critiques, sur lesquels nous devons désormais nous concentrer. Si nous les réglons, il pourra progresser. Nous espérons être prêts dès le Qatar."

Marco Melandri semble lui aussi s'être résolu et promet qu'il continuera à s'investir pour trouver la solution : "Je n'ai pas d'alternative. Je me suis trop longtemps épuisé à être au bon endroit au mauvais moment et je n'ai plus envie de le faire. J'ai une belle vie et je veux en profiter, en continuant à donner le meilleur de moi-même."

A propos de cet article
Séries MotoGP
Pilotes Marco Melandri , Álvaro Bautista , Davide Giugliano , Jordi Torres
Type d'article Actualités