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MotoGP GP de Catalogne

Nakagami très critiqué après un accident aux lourdes conséquences

Álex Rins est une nouvelle fois furieux contre Takaaki Nakagami et les commissaires de course après l'accident du départ au GP de Catalogne. L'Espagnol pense avoir le poignet cassé alors que Nakagami, cible des critiques de nombreux pilotes, a été transporté à l'hôpital pour des examens supplémentaires.

Fabio Quartararo, Yamaha Factory Racing en tête, avec en arrière plan la chute de Takaaki Nakagami, Team LCR Honda, Alex Rins, Team Suzuki MotoGP et Francesco Bagnaia, Ducati Team

L'accident du premier tour fait beaucoup parler à Barcelone. Au premier freinage, Takaaki Nakagami a perdu le contrôle de sa Honda et dans sa chute, sa tête a percuté la roue arrière de Pecco Bagnaia, sa moto allant faucher Álex Rins. Les trois pilotes ont dû abandonner et l'incident a des conséquences importantes : Nakagami a été transféré à l'hôpital pour des examens au niveau de la tête et d'une clavicule, alors que Rins craint une fracture du poignet gauche.

 

La manœuvre de Nakagami est critiquée de toutes parts et après s'être déjà plaint des manoeuvres du Japonais au Mugello, Rins peine à comprendre comment la direction de course a pu classer la chute collective de Barcelone en incident de course.

"Avant tout, j'espère que Nakagami va bien car, ce qu'il a fait, couper la piste, freiner aussi tard et emporter deux pilotes, ce n'est vraiment pas bien, mais tout le monde a pu voir les images : il a emporté Pecco avec sa tête donc je ne sais pas comment il va", a commencé Rins. "Ce qui est inacceptable, c'est avoir les commissaires qu'on a et, peut-être la direction de course."

"Mike Webb [le directeur de course] est là avec les commissaires. Qu'il n'y ait pas d'action ultérieure sur l'accident, c'est très fort pour moi. C'est très fort car, si on met de côté l'incident du Mugello qui a plusieurs points de vue – certains considèrent que Taka m'a percuté, d'autres que c'est ma faute – ce qu'ils font est inacceptable."

Également victime de l'incident mais sans conséquence physique, Pecco Bagnaia s'est surtout réjouit que Takaaki Nakagami ait pu se relever sans grosse blessure. "Avant tout, je suis content qu'il aille bien, c'est le plus important au vu de l'incident", a déclaré le pilote Ducati. "Il a reçu un gros coup à la tête sur ma moto et il m'a fait tomber, le coup a donc été énorme et, heureusement, à part une épaule il ne s'est rien fait, c'est le plus important."

Rins va de son côté passer des examens complémentaires pour mieux connaître l'état de son poignet : "J'ai fait une radio sur le circuit et il semble qu'il y a une petite fracture, maintenant je vais aller voir à [l'hôpital] car je n'ai aucun mouvement, je ne peux pas bouger de haut en bas donc on va voir ce qu'il y a."

Les commissaires pris pour cible par Suzuki

Livio Suppo est venu appuyer Álex Rins et a demandé à la direction de course de se pencher à nouveau sur l'accident. "On a déposé réclamation auprès des commissaires", a déclaré le team manager de Suzuki. "Ils ont analysé l'accident, pour eux c'était un incident de course. J'estime qu'il n'est pas acceptable de considérer une telle chose comme un incident de course. Pour moi, Álex et Pecco méritent de savoir à quel point l'erreur était grosse, c'était clairement une erreur."

"On peut facilement voir les données sur la position du pilote, combien de mètres il a freiné après le point habituel. En plus de ça, il a complètement coupé la trajectoire de la gauche vers la droite : sur les images il semble qu'il était proche de percuter Pol [Espargaró]. Si la direction considère que c'est un incident normal, je pense qu'il faut y réfléchir. Ce n'est pas acceptable pour nous, une erreur est possible mais c'était vraiment important."

Álex Rins après sa chute à Barcelone

Álex Rins après sa chute à Barcelone

Rins se montre très critique envers les commissaires et espère qu'ils reviendront sur leur décision, jugeant la manœuvre d'autant plus inacceptable après l'incident du GP d'Italie : "Bien entendu je vais faire pression, je vais parler avec Carmelo [Ezpeleta, le directeur général de la Dorna] parce que c'est une chose dont on a parlé à la commission de sécurité de ce vendredi à Montmeló. On a commencé par parler de l'incident du Mugello et on a continué à parler d'expériences que certains pilotes ont eues avec les commissaires, des petites choses. C'est inacceptable."

"Je ne sais pas sur quoi ils se sont basés", a-t-il ajouté. "Je crois que Livio leur a parlé, mais je ne sais pas. Ce qu'ils ont montré, c'est qu'ils n'ont pas le niveau pour être dans le Championnat du monde de MotoGP parce que tant qu'il ne se passera pas quelque chose d'énorme, ils ne feront rien. Aujourd'hui, on me laisse presque sans option pour le championnat et Pecco aussi. Le championnat s'est arrêté pour lui. Ce qui est fait est fait et on verra ce qu'il se passera pour les prochaines courses."

Selon Rins, les commissaires "ne font pas bien leur travail" et il juge Freddie Spencer "trop vieux pour être là", appelant à un renouvellement du collège de commissaires : "Certains jeunes [devraient être recrutés], je ne sais pas, des gens qui ont roulé durant la nouvelle ère, qui viennent juste de prendre leur retraite."

Bagnaia ne comprend pas la manœuvre

Pecco Bagnaia a également pris Takaaki Nakagami pour cible, ne comprenant pas une prise de risque selon lui inconsidérée, dans une phase de la course critique puisque tous les pilotes étaient encore regroupés.

"Je ne suis pas d'accord avec la direction de course qui ne fait rien contre lui. Il fait toujours des choses comme ça. Pour un pilote professionnel comme lui, on ne peut pas s'attendre à chuter au freinage du premier virage. Il était 12e et essayait de doubler dix pilotes au premier freinage. Il a coupé la trajectoire de beaucoup de pilotes. Si je n'avais pas été là, il aurait fini dans les graviers et sa course aurait déjà été finie."

"Je ne comprends pas ce qu'il s'attendait à faire avec ce freinage, mais on lui demandera quand il reviendra, en espérant qu'il revienne bientôt. On parle toujours de sécurité, du fait que les pilotes Moto3 sont dangereux mais lors des dernières courses, avec l'aspiration, les groupes pour les qualifications, ce genre de chutes au Mugello et ici avec les mêmes pilotes qui chutent beaucoup, ce n'est pas acceptable."

La fin de la chute

La fin de la chute

Et comme Rins, Bagnaia s'étonne de la clémence de la direction de course dans cet accident : "Je ne peux pas être énervé contre les commissaires car ils font des règles et prennent les décisions, mais de mon point de vue, ils ont commis une erreur aujourd'hui. La chute au Mugello avec Álex Rins était plus un incident de course, mais c'était encore lui. Et quand Rins a été les voir ils lui ont dit qu'ils n'avaient rien à voir et c'est inacceptable de la part d'une direction de course d'un Championnat du monde."

"Aucune réaction de leur part au vu de la chute d'aujourd'hui, c'est incroyable pour moi car il était très loin et il m'a touché alors que j'étais troisième. Je ne veux pas regarder les données de Taka car c'est clair, rien qu'avec les images, qu'il a raté son freinage. Leur décision est étrange."

Nakagami a perdu "tout son crédit" auprès des autres pilotes

Les pilotes victimes de l'accident ne sont pas les seuls à déplorer la manœuvre de Takaaki Nakagami, critiqué de toutes parts. Le vainqueur du jour, Fabio Quartararo, estime qu'un tel accrochage doit entraîner une sanction. "Ce n'était pas un incident de course parce qu'on ne doit pas attaquer autant", a déclaré le Français en conférence de presse. "Avec Pecco deuxième et Nakagami loin, je ne sais pas comment il était possible que sa tête arrive à toucher la roue de Pecco. Ce n'est pas un incident de course."

"Dans le premier tour, on doit tous être conscients qu'on pilote des grosses motos qui font au moins 160 kg et si on est percuté par une moto comme ça, on peut mourir. C'est le moment le plus dangereux, il y a moins de risques après le premier tour."

Johann Zarco, troisième à l'arrivée, estime que cette erreur est celle de trop pour Nakagami : "Ce n'est pas bien de qualifier ça d'incident de course", a estimé le pilote Pramac. "Il n'a pas juste manqué le point de freinage, il est arrivé trop vite. C'est dommage qu'ils n'aient rien fait pour la prochaine course mais aux yeux des pilotes, il a perdu tout son crédit. On a été sympa avec lui en s'accordant sur le fait qu'il n'avait rien fait de vraiment mal au Mugello, il n'en a pas profité. Ce n'est pas normal qu'ils ne disent rien ici."

Pour le coéquipier de Zarco, Jorge Martín, Takaaki Nakagami aurait déjà dû être pénalisé au GP d'Italie et il estime que le pilote LCR a payé un excès de confiance ce dimanche. "Pour moi, ce n'est pas un incident de course", a déclaré le Madrilène. "Je pense déjà qu'il auraient dû pénaliser Nakagami au Mugello. Il n'a pas été sanctionné donc il pense qu'il peut tout faire. Il l'a encore fait, il le refera à la prochaine course s'ils ne le pénalisent pas. C'est dangereux pour les pilotes. Il a cassé le poignet d'Álex Rins, il a aussi pris des risques importants pour lui avec sa tête qui a touché la moto d'un autre pilote. Ils doivent travailler sur un système pour pénaliser les pilotes. Ne pas donner de pénalité n'est pas une solution."

Avec Charlotte Guerdoux

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