Édito - On n’oublie personne en MotoGP

En 2017, le jeu des chaises musicales n’aura jamais connu autant de mouvement. Si peu de départs sont à noter, les pilotes moins en vue ont eu eux aussi un rôle essentiel.

Édito - On n’oublie personne en MotoGP

Il est assez inhabituel de se pencher sur le profil de ceux qui composent le plateau d’une grille MotoGP. Que ce soit dans les catégories inférieures, Moto2 et Moto3, seuls ceux du haut du panier reçoivent un intérêt médiatique certain, avant d’être oubliés même lorsqu’ils sont toujours à défendre leurs chances dans cet univers si exigeant, sans réellement avoir réussi à percer.

Comme ce fut souvent le cas depuis l’an dernier, la comparaison F1/MotoGP a penché en faveur des deux-roues tant l’évolution du spectacle est la voie à suivre. Si la réglementation technique entrée en vigueur cette saison semble aussi avoir un très bon potentiel, notamment sur le plan de la stabilité, on peut se poser la question de savoir pourquoi tous les acteurs n’ont pas une place dans les médias comme les pilotes de Formule 1.

La scénarisation des week-ends de F1 permet aux équipes, aux sponsors et aux médias de se parler et de créer ainsi les histoires et tendances du week-end, en considérant les 22 pilotes du plateau. Un élément très important dans la couverture que les télévisions assurent toute la saison, et par déclinaison tous les autres médias : radio, presse écrite et magazine, ainsi que les sites web qui ont aujourd’hui un rôle prioritaire.

Mais cela n’est pas ainsi en MotoGP. Les paddocks ont beau être les mêmes à plusieurs reprises dans la saison pour les deux disciplines, le format du show mécanique n’est pas de la même envergure malgré l’intérêt des fans qui ne s’effrite pas dans la moto.

Cal Crutchlow, Team LCR Honda

Qu’on cristallise l’attention sur ceux capables de gagner est une évidence impossible à remettre en cause, mais l’intérêt des supporters est aussi de savoir ce qui se passe aux essais et en course pour ceux qui font le MotoGP. Ces pilotes qui touchent du doigt le rêve d’une vie en ayant réussi à poser leurs gants et leurs bottes sur une de ces montures, mais qui repartent sans avoir pu ni eu le temps, parfois, de démontrer leur réelles capacités. Souvent engagés au sein d’équipes privées où l’engagement des techniciens et ingénieurs ne peut être aussi important qu’au sein d’une structure officielle, l’expérience a peu de chance de se poursuivre faute de résultats.

Ils seront quelques-uns à prendre ce chemin en 2017 comme Eugene Laverty. Le Nord-Irlandais a été surtout vu pour de spectaculaires chutes pendant ces deux saisons en catégorie reine, mais n’est certainement pas dénué du même talent que Cal Crutchlow, tous deux étant issus du Superbike. Une catégorie où Laverty revient avec la combinaison de favori, un paradoxe qui n’est pas pour améliorer la situation du championnat qui possède pourtant de sacrés atouts.

Même constat pour son coéquipier Yonny Hernández qui n’est pas sans avoir donné son maximum avant de décider d’aller retrouver le Moto2. Au-delà du statut que le top 5 permet d’acquérir, ces pilotes portent une nation derrière eux, un espoir pour leurs nombreux fans ainsi qu’un défi de taille que de piloter une machine de plus de 260 chevaux, à plus de 350 km/h. Comme le Colombien, Stefan Bradl prend lui aussi la direction du SBK.

L'ambiance chez Red Bull KTM Factory Racing

Si en Grands Prix il serait illusoire d’isoler la catégorie MotoGP comme la F1 (des tentatives ont été faites par le passé), que tous les acteurs aient une visibilité un peu plus équitable serait un vrai plus. Pas de politique démocratique dans mes propos, rassurez-vous, ce n’est ni le lieu ni l’univers pour cela, les équipes de Formule 1 peuvent se permettre d’avoir un staff de communicants pour assumer tout le protocole media que les pilotes doivent respecter. Cette mise en scène façon JO n’est peut-être pas applicable en MotoGP, mais dès lors comment suivre et comprendre l’évolution d’Aprilia, et bientôt de KTM, pour qui les précieuses minutes filmées en tête d’un Grand Prix ne semblent pas non plus proches d’atteinte.

C’est tout un ensemble au potentiel encore intact qui doit avancer et se frayer un chemin. Il m’est assez facile de dire que Motorsport.com est un acteur qui est prêt à cela, là encore sans langue de bois et le risque de paraître trop convenable avec un récit convenu. Mais c’est tout de même ce genre de traitement que ce sport doit préparer pour demain, encore plus que jamais. Vous en reprendrez bien encore plus ?

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