Bagnaia rejette son statut de leader Ducati malgré son aisance

Leader du jour à Jerez, Pecco Bagnaia assume de plus en plus ses forces et les progrès qui ont fait de lui le leader du clan Ducati en ce début de championnat, et un prétendant permanent à la pole position et à la victoire.

Bagnaia rejette son statut de leader Ducati malgré son aisance

Passé à la deuxième place du championnat grâce à son podium portugais, Pecco Bagnaia confirme d'une piste à l'autre qu'il est bel et bien capable de constamment se battre au sommet. Après une première pole position au Qatar, il court après sa première victoire, qui ne semble plus qu'être qu'une question de temps au vu de la manière dont il parvient à mener la Ducati en piste. Même à Jerez, pourtant terrain miné pour le constructeur italien, Bagnaia a réussi à inscrire son nom au sommet de la feuille des temps ce vendredi, lors des premiers essais du Grand Prix d'Espagne.

Pris en exemple par Johann Zarco, adoubé depuis sa retraite texane par un Ben Spies admirateur, le discret pilote turinois commence à admettre que les efforts sont bel et bien en train de payer. Moins expérimenté que son coéquipier, Jack Miller, qui fut le premier à être officialisé par Ducati il y a presque un an, il peine toutefois à assumer son statut de leader. Pour le moment...

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Peux-tu expliquer ce qui te rend si rapide par rapport aux autres pilotes Ducati sur cette piste qui, normalement, ne convient pas à la Desmosedici ?

C’est une bonne chose que l'on soit si rapide sur cette piste car elle n’est pas très appropriée à notre moto. Mais ces deux dernières années, je me suis senti vraiment bien sur cette piste. Mes sensations à l’avant sont très bonnes et on travaille simplement sur l’arrière, car l’adhérence n’est pas élevée donc il faut mieux gérer les pneus. Mais pour l’instant, je suis très content. On sait déjà que le time attack n'est pas un problème pour moi car j’apprécie beaucoup d’en faire. Il faut juste continuer à travailler sur le rythme parce que je pense que nous en manquons un peu.

Franco [Morbidelli] était très fort sur le rythme aujourd’hui, donc nous devons travailler pour nous rapprocher de lui. Il nous faut juste trois dixièmes de plus. Mais pour le moment, on est contents. Et l’une des différences par rapport aux autres pilotes Ducati, c'est que j'arrive à freiner très fort, et peut-être à mieux faire tourner la moto. C’est quelque chose qui, en ce moment et sur une piste comme celle-ci, est mieux, je pense.

Penses-tu que, pour la première fois depuis 2006, on aura dimanche une victoire Ducati à Jerez ?

J’espère ! Attendons de voir. On doit continuer de travailler comme ça car aujourd’hui, on a beaucoup progressé après mon premier run et je pense que l'on va dans la bonne direction. Mais les conditions changeront demain car il y aura plus d’adhérence, donc attendons demain. Pour le moment, on est en tout cas en bonne forme et on va dans la bonne direction.

Les qualifications seront-elles très importantes demain, compte tenu d'écarts très réduits et des difficultés à dépasser ici ?

Bien sûr, les qualifications seront très importantes. Il est très difficile de dépasser sur cette piste, donc il sera très important de partir des deux premières lignes. J’aimerais m'élancer de la première parce que je sais que mon rythme est déjà bon, mais je dois travailler plus. Mais partir de la première ligne représente déjà 40% de la course, donc ce sera très important.

Francesco Bagnaia, Ducati Team

As-tu pris conscience de ta force, comme l'a dit Davide Tardozzi à la fin des essais ?

Je sais que si j'attaque je peux être vraiment rapide, et c'est quelque chose qui m'aide beaucoup. Mais, surtout, ce qui fait le plus la différence, c'est la confiance que j'ai en ce moment dans la moto, parce que j'arrive à prendre la piste, pousser et me sentir bien. Quelle que soit la modification que je fais, je la sens dans chaque détail. C'est une confiance qui me manquait et que j'ai heureusement réussi à retrouver, peut-être aussi grâce à tout le travail qu'on a mené durant ces années et surtout cet hiver. C'est bien que ce soit comme ça, et surtout c'est satisfaisant de prendre la piste, pousser et se retrouver devant. Le faire à chaque fois et se voir là, c'est positif.

Quelle marge de progression estimes-tu avoir ?

À mon avis, on est déjà à un bon niveau. Ça donne une très grande confiance de prendre la piste, d'attaquer et de voir qu'on progresse. L'année dernière, il arrivait souvent que je sois plus lent quand j'attaquais, sans bien comprendre la raison, ou alors il m'arrivait d'attaquer et de tomber pour des raisons étranges. Alors c'est vraiment bien que ce soit comme ça. Pour le reste, s'amuser comme ça en moto c'est aussi quelque chose qui m'aide beaucoup, surtout quand je fais un time attack : ça me plait beaucoup, je m'amuse beaucoup à les faire et, à mon avis, ça m'aide encore plus.

Tu t'es affirmé comme le leader de Ducati en ce début de championnat. Est-ce une source de pression ou plutôt une stimulation ?

Je ne me sens pas comme le leader chez Ducati. Simplement, je travaille pour être le plus rapide possible. Je travaille toujours dans l'optique de la course et après on verra. Peut-être qu'à l'avenir, si je me bats pour le titre, je le sentirai un peu plus, mais pour le moment la pression que je ressens est celle d'être toujours un meilleur pilote et de toujours me donner à 100%, et à l'heure actuelle j'essaye d'y arriver à 100%. On verra plus tard, mais pour le moment je me sens absolument au même niveau que Jack.

Avec Chloé Millois

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