Petrucci a hâte de rejoindre KTM et espère bien finir avec Ducati

Perplexe sur le niveau de performance qu'il atteint actuellement avec le package Ducati alors que son équipier et les pilotes satellites le bousculent, Petrucci a hâte de passer chez KTM.

Petrucci a hâte de rejoindre KTM et espère bien finir avec Ducati

Bien difficile, lorsque l'on observe le tableau du classement général provisoire 2020, d'imaginer Danilo Petrucci comme ne serait-ce qu'un candidat à une position sur le podium final de la saison, alors qu'avec ses 25 points, le pilote Ducati factory accuse un retard de 45 unités sur le leader du championnat du monde (Fabio Quartararo) et, plus douloureusement, 42 sur son propre équipier Andrea Dovizioso, vainqueur de la première course en Autriche et arrivé sur le podium à Jerez.

Plus grave encore, Petrucci est aussi devancé à ce stade du championnat du monde par Jack Miller, actuellement sur la Pramac Ducati et qui le remplacera la saison prochaine dans le team factory, et Johann Zarco, dont la collecte de points avec l'Avintia Ducati se porte à 30 unités grâce à un rythme pur plus soutenu. Seul motif de consolation, si l'on peut dire : Petrucci voit par ailleurs trois pilotes KTM le devancer au général et réaliser de solides performances week-end après week-end tandis que la montée en puissance de son futur employeur se poursuit…

Se relancer à Misano

Arrivé à quatre reprises dans les points en cinq épreuves disputées à ce jour, le pilote Italien a signé comme meilleur résultat une banale septième place lors du Grand Prix d'Autriche, avant de n'enchaîner sur la manche suivante qu'avec une onzième position une semaine plus tard, sur l'épreuve de Styrie. À celle-ci, l'Italien a une explication, affecté qu'il a été par le fait de devoir repartir pour une course sprint avec des pneus moins véloces que ceux de certains de ses rivaux après la neutralisation de la course par drapeau rouge. Un problème qu'a aussi connu Álex Rins, rappelle-t-il : 'D'abord il était devant, puis il était derrière. Mir n'a pas réussi à reconfirmer [non plus]. Il y a beaucoup d'instabilité".

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"Les deux courses ont été assez différentes", commente-t-il au moment d'en tirer le difficile bilan. "Le seul point commun, c'est que j'ai pris un bon départ, qu'au virage 2 j'ai essayé de prendre l'intérieur mais que beaucoup de pilotes m'ont passé par l'extérieur. Dans la première course, j'ai essayé de récupérer beaucoup de positions et j'arrivais à rouler en 1'24. J'avais pris le pneu medium et j'étais content car j'ai rattrapé Valentino et Fabio, avec Dovi, et j'étais très content de mon rythme. Je donnais tout et la moto était très bonne. Au deuxième départ, j'ai à nouveau essayé de dépasser au virage 2, mais il y avait trop de monde et j'ai dû arrêter la moto. Et puis la course était très courte et je n'ai pas pu aller plus vite, d'autant qu'en pneus tendres, tout le monde freine un peu plus fort. C'est dommage pour le drapeau rouge. Heureusement, Maverick n'est pas blessé mais je pense que je me trouvais dans mon meilleur moment de la course. Je pense que nous avons compris quelque chose de plus : on va le garder pour Misano et je veux clairement faire changer la direction à cette année car je ne suis pas content de tout ce qui se passe."

Petrucci espère donc relancer sa saison à Misano et repartir d'Italie avec des ondes positives, comme lorsqu'il avait pris un bol d'air frais avec son succès mémorable du Mugello l'an dernier, après avoir vaillamment pris le dessus sur Márquez et Dovizioso à un moment où l'on ne l'attendait plus vraiment.

KTM, un projet "saisi sur l'instant"

L'esprit plein de questions, l'Italien ne peut pas s'empêcher de penser à sa destination de l'an prochain, l'équipe KTM Tech3, où il tiendra l'un des guidons potentiellement les plus compétitifs du plateau 2021, en remplacement de Miguel Oliveira, en partance pour l'équipe factory.

"Je savais déjà que cette équipe et cette moto étaient capables de gagner des courses. Je pense que ça a fait la différence : j'ai toujours eu confiance en ces personnes depuis le début. Je les ai vu très bien progresser à partir de la seconde moitié de l'année dernière et quand la possibilité de rejoindre ce constructeur s'est présentée en mai, je l'ai saisie sur l'instant ! Je croyais vraiment dans ce projet. Je suis vraiment content pour eux et j'ai hâte d'y aller et d'essayer [la moto]. Mais avant tout, je dois faire en sorte que cette année change de direction car je ne suis absolument pas satisfait et je ne veux pas faire ce changement [d'équipe] avec cet état d'esprit et cette humeur. Je veux arriver à la fin de l'année dans un état d'esprit vraiment positif."

Retrouver un état d'esprit positif en parvenant à se rassurer sur le fait de pouvoir dépasser les difficultés connues avec cette Ducati, d'une part, et justifier en termes de réputation sa position de pilote factory, alors que les satellites secouent fortement les choses en ce début d'année.

"Les pneus changent beaucoup les valeurs, course après course et même à différents moments d'une même journée. Quartararo a globalement une moto officielle, ou en tout cas le même modèle. Chez Pramac, ils ont la même moto que nous, les mêmes pièces et le même soutien. Et je pense que c'est le cas aussi chez KTM. Il y a beaucoup de pilotes compétitifs et je pense que c'est précisément la volonté des organisateurs, d'avoir des courses dont on ne sait jamais comment elles vont se terminer. Ça doit être super à voir de l'extérieur, même si de l'intérieur c'est un peu plus difficile. Quand on va dans une équipe satellite, l'image est moins forte que quand on va dans une équipe officielle, mais il y a moins de pression et on a un rapport presque plus familial."

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