Être chez Tech3 ne limite pas les ambitions de Petrucci

Danilo Petrucci rejoint le clan KTM avec l'ambition de remporter des victoires avec une deuxième marque et la certitude qu'il bénéficiera chez Tech3 d'un soutien de l'usine qui n'aura rien à envier à celui des pilotes de l'équipe officielle.

Être chez Tech3 ne limite pas les ambitions de Petrucci

Passé du rouge Ducati au orange KTM, Danilo Petrucci entre dans sa nouvelle aventure avec une volonté évidente. Lui qui a réussi à faire partie du clan des vainqueurs ces deux dernières années, mais qui semble malgré tout peiner à se défaire de son complexe d'infériorité, se dit convaincu de devoir faire ses preuves pour mériter de prolonger sa carrière, mais aussi motivé par l'opportunité d'ajouter à son palmarès une ligne pas si banale s'il parvient à se hisser sur la plus haute marche avec une deuxième marque.

Recruté en express par KTM au printemps dernier, dans la foulée de l'annonce du départ de Pol Espargaró, Petrucci ne s'embarrasse pas de la moue que font ceux qui voient dans son placement chez Tech3 le signe d'un hypothétique manque de conviction du constructeur. Lui s'en tient aux faits : d'une part, l'équipe française a obtenu la garantie d'être elle aussi une structure "factory", et d'autre part elle a bel et bien fait ses preuves la saison passée avec ses deux victoires. Le même nombre que l'ensemble du clan Ducati...

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Tu rejoins un nouveau constructeur qui a gagné trois Grands Prix l'année dernière, un de plus que Ducati. As-tu le sentiment de pouvoir attendre plus de toi-même que ces deux dernières années ?

Ces deux dernières années, j'ai pu gagner une course par an, mais je pense que j'ai été le premier à croire en KTM avec les évolutions qu'ils ont eues dès fin 2019. C'est un gros changement parce qu'après six ans il était temps pour moi de rejoindre un autre constructeur, comme KTM, surtout que j'avais vu leurs progrès durant la dernière partie de 2019. Depuis le début de 2020, la moto a été très rapide. Ils ont gagné dès la troisième course du championnat, puis encore à la dernière course.

[Rejoindre KTM] c'est une très grande opportunité pour moi − comme ça l'a de toute façon été chaque année, parce que quand on court aussi longtemps en MotoGP il n'y a pas une année clé : toutes les années sont déterminantes en MotoGP pour rester et courir au plus haut niveau. Il est clair que l'objectif est de gagner à nouveau, et ça signifie que je vais essayer de gagner avec deux constructeurs différents, ce que quelques pilotes seulement ont été capables de faire. C'est donc un objectif élevé, mais je veux le faire.

Après être passé de Pramac à l'équipe officielle Ducati, tu arrives chez Tech3, qui est une équipe satellite bénéficiant du soutien de KTM. Quels sont les avantages et les désavantages que tu y vois ?

Je ne pense pas qu'il y ait des avantages ou des désavantages. Techniquement, les quatre pilotes sont au même niveau en ce qui concerne la moto. Je suis le plus âgé des quatre − malheureusement ! − mais aussi le plus expérimenté. J'ai piloté d'autres motos en MotoGP, alors je peux transmettre une grande expérience. Je ne vois pas de grosses différences avec l'équipe KTM factory, on est nous aussi un team factory. L'année dernière, KTM a gagné deux courses avec Tech3. C'est une équipe que j'ai toujours eu envie de rejoindre, particulièrement parce que Hervé [Poncharal] a toujours été sympa avec moi. Le team est capable de gagner des courses et de se battre pour les meilleures positions au championnat. Pour moi, rejoindre KTM c'est déjà un gros objectif, et je ne vois pas clairement d'avantage ou de désavantage à être chez Tech3.

Courir chez Tech3 au lieu de l'équipe d'usine veut-il dire que la pression est moins forte ?

C'était peut-être le cas par le passé [dans les équipes satellites], mais si on a la même moto – comme c'était mon cas durant mes deux dernières années chez Pramac – ça veut dire qu'on peut se battre pour les premières places. Par exemple, l'année dernière Miguel [Oliveira] a gagné deux courses avec Tech3. La pression, je m'en fiche, parce que je sais que j'ai la moto full factory alors je sais que je dois être devant. Je n'ai pas plus ou moins de pression que les pilotes Red Bull.

Danilo Petrucci, Red Bull KTM Tech 3

Quelle a été ta première réaction quand KTM t'a dit qu'ils allaient te placer chez Tech3 ? Penses-tu par ailleurs que c'est le bon moment pour rejoindre ce constructeur ?

Quand ils me l'ont dit, je m'y attendais, parce que Miguel avait déjà beaucoup progressé fin 2019 et il aurait déjà mérité à l'époque de passer dans l'équipe officielle. Ensuite, il a démontré en 2020 qu'il était très rapide. Et c'est la même chose pour Binder. Donc quand ils m'ont dit cela, j'ai juste demandé si la direction technique était la même. Ils m'ont assuré qu'on serait tous les quatre des pilotes factory, avec le même soutien de la part du constructeur, et c'est ce qui m'intéressait. J'étais donc très content d'arriver chez KTM. […] Ensuite, ça s'est fait en une demi-journée. On est allé déjeuner, j'ai vu le département course et on a fait le contrat. D'habitude, ça prend vraiment beaucoup plus de jours. On s'est tout de suite entendu et j'en étais très content. Je pense qu'il était temps de changer de constructeur et je suis vraiment heureux d'être arrivé chez KTM.

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Quel objectif te fixes-tu pour 2021 ? La KTM a démontré qu'elle pouvait gagner des courses, alors peut-être faut-il franchir la dernière étape et viser le titre ?

On part clairement avec les meilleures intentions. Mon objectif est de gagner avec cette moto, à commencer par le fait de gagner une course, ce que j'ai réussi à faire ces deux dernières années. Ça voudrait dire beaucoup pour moi, parce que ça signifierait que j'ai gagné en MotoGP avec deux constructeurs différents et il n'y a que quelques pilotes qui y sont arrivés. C'est donc un objectif assez ambitieux.

En ce qui concerne les prévisions que l'on peut faire pour le championnat, il est clair que KTM part pour gagner, comme tous les constructeurs, mais en regardant comment s'est passé 2020, on a du mal à dire qui pourra jouer le titre : il pourrait probablement y avoir au moins 15 pilotes, qui sont ceux qui sont montés sur le podium. L'année dernière, on a été neuf à réussir à gagner. Mir, qui a gagné le titre, a remporté une seule course mais il est monté régulièrement sur le podium durant la seconde partie de la saison. Il faudra donc une grande constance. C'est de plus en plus difficile de faire la différence en MotoGP, mais il faudra clairement être régulier pendant tout le championnat et c'est mon objectif personnel.

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