Pol Espargaró ne croit pas aux "fake news" sur son remplacement

Le départ de Suzuki a soudainement renforcé les liens supposés entre Joan Mir et Honda, de quoi menacer l'avenir de Pol Espargaró avec le constructeur. Le principal concerné a toutefois démenti que son sort avait d'ores et déjà été scellé.

Pol Espargaro, Repsol Honda Team

L.B., Le Mans – Bien malgré lui, Pol Espargaró s'est retrouvé au cœur des spéculations ces derniers jours, dans un effet collatéral de la nouvelle choc du départ prochain de Suzuki. Alors que l'équipe d'Hamamatsu négociait la prolongation de ses deux pilotes, Joan Mir et Álex Rins se retrouvent tous deux sur le marché et les effets pourraient en être dévastateurs pour d'autres concurrents, soudain en danger. Le #44 est de ceux-là, son guidon ayant d'emblée été cité comme la destination du Champion du monde 2020.

Interrogé sur le sujet à la veille des premiers essais du Grand Prix de France, Pol Espargaró a réagi avec colère aux affirmations passées dans la presse. "Il y a deux façons d'appeler cela : des rumeurs ou des fake news", a-t-il déclaré. "On est dans un monde où l'on est de plus en plus entourés par des fake news. Cela a commencé avec un journaliste italien qui a dit que Honda m'aurait informé [de mon départ] après la course à Jerez, mais ce n'est pas vrai, c'est fake."

"Au final, ce que je vous dis c'est que tant que ça n'est pas officiel, je ne vais pas commenter les rumeurs. Les rumeurs sont des rumeurs et les fake news sont des fake news. Je serai ici jusqu'à Valence et quand il y aura quelque chose d'officiel, alors on en parlera mais jusqu'à présent entre les deux parties, Honda et moi-même, ça va. On va continuer à travailler ce week-end comme on le fait toujours et j'espère qu'on va pouvoir faire une bonne course."

Malgré son agacement, le pilote espagnol assure qu'il parvient à rester hermétique aux bruits de couloir. "Je m'y suis habitué pendant ma carrière sportive", a-t-il affirmé. "Je pense que ces fake news se sont multipliées au fil des années. Certains journalistes veulent être les premiers à envoyer certaines informations − normalement de fausses informations, mais ça ne les dérange pas vraiment. Ces dernières années, ça s'est de plus en plus multiplié avec les réseaux sociaux, mais au fond je me suis très souvent trouvé dans cette situation auparavant. Quand j'étais pilote satellite, je changeais ou renouvelais mon contrat chaque année, donc chaque année j'étais dans la situation dans laquelle je suis à présent, et j'ai survécu ! Alors je pense que je vais survivre encore une fois."

Bien qu'il démente avoir été informé de la fin de son union avec Honda, avec qui il dispute sa deuxième saison, Pol Espargaró ne peut ignorer que Joan Mir lui-même a cité la marque japonaise comme étant l'un des interlocuteurs de son manager. Si les premières spéculations sur le sujet, en février, avaient été fermement démenties à l'époque, cette fois le contexte est tout autre.

Lorsqu'il lui a été demandé s'il est inquiet, Espargaró a répondu : "Pas plus qu'avant. C'est comme ça. Je suis un pilote MotoGP et je veux être ici et courir en MotoGP, mais au final je suis coureur. Si je ne suis pas ici, je serai ailleurs, et sinon je deviendrai team manager, je ne sais pas !"

De lui-même, l'Espagnol de 30 ans a évoqué son parcours, se disant déjà comblé : "J'ai eu une incroyable carrière sportive. Quoi qu'il arrive, j'espère que je resterai pilote MotoGP, mais sinon j'aurais eu une formidable carrière. Je me suis battu avec les meilleurs pilotes au monde pendant de nombreuses années et je suis content de ma carrière. Mais je veux rester ici, c'est sûr. Je serais inquiet si j'avais 21 ans, pas maintenant."

Joan Mir, Team Suzuki MotoGP

Joan Mir

Soulignant néanmoins qu'il reste "quelques motos disponibles", Espargaró a précisé ne pas savoir dans quels délais il sera fixé sur son avenir. "Il est certain que ça n'est pas mon job. J'ai un manager qui fait cela et qui parle avec plusieurs équipes, y compris Honda, je pense. Tout le monde veut clarifier son avenir le plus tôt possible, mais au final il y a un timing. Il faut qu'on attende. Avec ce 'boxon' lié à Suzuki, c'est comme ça ; il faut qu'on abatte nos cartes et que je sois aussi rapide que possible en course. Pour le moment, je suis le deuxième pilote Honda, à neuf points de mon coéquipier, avec le seul podium de l'équipe. Je vais essayer de continuer à faire de mon mieux ici au Mans, je pense que ça peut être un bon week-end."

Márquez ne veut pas intervenir

De l'autre côté du stand, Marc Márquez observe la situation avec autant de recul que possible, concédant que le marché va en être bouleversé avec deux grands noms libérés de façon inattendue.

"C'est une très mauvaise nouvelle pour le championnat. Ce n'est pas bon quand un constructeur part. Plus il y a de constructeurs sur la grille, mieux c'est pour le spectacle", a observé le champion espagnol. Et de poursuivre : "Il est clair que cette décision va agiter le marché. Il y a maintenant deux grands pilotes disponibles. Suzuki c'est un grand projet, ils ont travaillé dur et ils ont beaucoup évolué. Cela signifie qu'il y a d'excellents ingénieurs et mécaniciens, et ils vont faire le tour du paddock en général pour chercher du travail."

Lui-même sous contrat avec Honda jusqu'en 2024 inclus, Márquez pourrait-il accueillir à ses côtés celui qui lui avait succédé au championnat en 2020 ? "Logiquement, Mir est un grand pilote, il est Champion du monde MotoGP, Rins est un grand pilote, et Pol est un grand pilote aussi. Mais je sais que Honda cherchera toujours à avoir la meilleure structure en général. J'ai un contrat, ça n'est pas à moi de décider qui sera mon coéquipier et je ne veux pas intervenir là-dedans."

"Honda va essayer de trouver celui qu'ils pensent être le meilleur pour avoir une équipe compétitive et atteindre l'objectif, qui est que si un pilote ne gagne pas, alors l'autre le fera. Dans n'importe quelle équipe, le rêve est d'avoir les deux pilotes devant", a conclu Marc Márquez.

Avec Germán Garcia Casanova

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